Proclamation éclair d'un nouveau jour férié: des Américains pris de vitesse par le «Juneteenth»

Le président Joe Biden se préparant à signer la loi Juneteenth National Independence Day Act dans la East Room de la Maison Blanche le 17 juin 2021 à Washington, DC. (Photo, AFP)
Le président Joe Biden se préparant à signer la loi Juneteenth National Independence Day Act dans la East Room de la Maison Blanche le 17 juin 2021 à Washington, DC. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 19 juin 2021

Proclamation éclair d'un nouveau jour férié: des Américains pris de vitesse par le «Juneteenth»

  • L'entrée en vigueur immédiate de «Juneteenth» n'a en revanche pas laissé le temps à Wall Street de s'adapter. Et la cloche a bien retenti vendredi matin
  • Contraction des mots «juin» et «19» en anglais, cette date marque le jour où les derniers esclaves au Texas apprenaient, le 19 juin 1865, qu'ils étaient libres

WASHINGTON : Fermeture des écoles et des tribunaux à Washington, portes closes dans des ambassades américaines, la proclamation d'un nouveau jour férié fédéral aux Etats-Unis pour commémorer l'émancipation des derniers esclaves s'est faite avec une rapidité tellement rare qu'elle a pris certains Américains de court vendredi.

"Est-ce que les banques et la poste sont fermées?", "Les bureaux et écoles de l'Etat seront peut-être ouverts, mais la plupart fermés": les journaux à travers ce vaste pays reflétaient une certaine confusion après la première création d'un jour férié national depuis près de quarante ans.

A minuit moins huit, jeudi soir, les parents d'une crèche dans le Maryland, près de Washington, ont reçu le message leur annonçant officiellement que la garderie serait fermée. "Passez un excellent week-end!". 

Plus tôt en fin d'après-midi, les écoles publiques de la capitale fédérale avaient aussi annoncé qu'elles seraient toutes fermées.

A travers le pays, de l'Oregon au Missouri, les tribunaux fédéraux présentaient portes closes, sauf pour certains services d'urgence. 

Les autorités sanitaires américaines, elles, ont reporté une réunion prévue pour se pencher sur les effets secondaires de certains vaccins contre le Covid-19.

Et avec un calendrier déjà fortement compliqué par la pandémie, certaines ambassades américaines ont aussi fermé leurs portes, en promettant de reporter les rendez-vous consulaires brusquement annulés. 

L'entrée en vigueur immédiate de "Juneteenth" n'a en revanche pas laissé le temps à Wall Street de s'adapter. Et la cloche a bien retenti vendredi matin. 

«Un jour meilleur»

Contraction des mots "juin" et "19" en anglais, cette date marque le jour où les derniers esclaves au Texas apprenaient, le 19 juin 1865, qu'ils étaient libres. 

"Juneteenth symbolise à la fois la longue et difficile nuit de l'esclavage et de la soumission, et la promesse d'un jour meilleur", a déclaré le président américain Joe Biden jeudi, en proclamant ce nouveau jour férié aux côtés de sa vice-présidente Kamala Harris.

Une cérémonie marquée par l'émotion, et fruit d'une succession de décisions prises avec une vitesse, et un consensus, rarissimes dans un Washington politique d'ordinaire marqué par les lenteurs et les divisions.

Mardi, un sénateur républicain qui s'opposait à la création de ce jour férié depuis un an, pour des motifs financiers, lève ses objections. Peu après, le texte est adopté à l'unanimité.

Dès le lendemain, la proclamation est approuvée à une majorité écrasante à la Chambre des représentants. 

Dans la foulée, la Maison Blanche annonce que Joe Biden le promulguera jeudi. 

Le scepticisme règne alors aux Etats-Unis: le 19 juin tombant un samedi, ce jour chômé devrait, selon les règles, être déplacé au vendredi mais comment aller aussi vite? Ce sera sûrement pour l'année prochaine. 

La direction des ressources humaines des centaines de milliers d'employés fédéraux l'annonce finalement dès jeudi: les employés du gouvernement fédéral jugés non-essentiels auront droit à un jour chômé le lendemain.  

Trump: «rendu célèbre»

Pour beaucoup d'Américains, cette date était encore inconnue l'an dernier.

Mais après la vague historique de colère contre le racisme provoquée par la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc le 25 mai 2020 à Minneapolis, la fête de "Juneteenth" a acquis une nouvelle renommée.

Alors président, Donald Trump avait dû décaler un meeting de campagne prévu à cette date. Face à la controverse, il avait déclaré: "J'ai fait quelque chose de bien: j'ai rendu Juneteenth très célèbre." 

Célèbre pour ses fanfaronnades, le magnat de l'immobilier touchait en fait un vrai sujet. Hors du Texas et d'autres Etats du Sud, qui la commémorait déjà, peu étaient les Américains blancs qui connaissaient cette date. 

Un an plus tard, les choses ont bien changé, avec des événements organisés à travers les Etats-Unis comme sur la chaîne ABC, avec en invité spécial le premier président noir Barack Obama pour une émission intitulée: "Juneteenth: ensemble nous triomphons". 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.