Tigré: les rebelles entrent dans la capitale régionale, l'Ethiopie décrète un cessez-le-feu

Un homme qui a été blessé dans la ville de Togoga lors d'une frappe aérienne meurtrière sur un marché, reçoit des soins médicaux dans le hall d'entrée de l'hôpital Ayder à Mekele, le 24 juin 2021. (Photo, AFP)
Un homme qui a été blessé dans la ville de Togoga lors d'une frappe aérienne meurtrière sur un marché, reçoit des soins médicaux dans le hall d'entrée de l'hôpital Ayder à Mekele, le 24 juin 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 29 juin 2021

Tigré: les rebelles entrent dans la capitale régionale, l'Ethiopie décrète un cessez-le-feu

  • Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a jugé ces événements «extrêmement préoccupants»
  • Le Tigré, région la plus septentrionale de l'Éthiopie et frontalière de l'Érythrée, est en proie depuis près de huit mois à un conflit destructeur

MEKELE: Les forces loyales aux anciennes autorités dissidentes du Tigré sont entrées lundi dans Mekele, la capitale de cette région du nord de l'Éthiopie où le gouvernement a ordonné un cessez-le-feu après presque huit mois de combat, marquant un tournant dans ce conflit.

Le gouvernement fédéral a décrété un "cessez-le-feu unilatéral" afin notamment de permettre le bon déroulement des cultures par la population et la distribution d'aide humanitaire, selon un communiqué relayé par des médias d'État en début de soirée.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a jugé ces événements "extrêmement préoccupants". "Ils démontrent, une fois de plus, qu'il n'y a pas de solution militaire à la crise", a-t-il déclaré, disant avoir "bon espoir qu'une cessation effective des hostilités aura lieu".

Mekele avait été prise par l'armée fédérale le 28 novembre, trois semaines après le lancement par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed d'une offensive pour renverser les autorités locales dissidentes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) qui a longtemps dominé la vie politique éthiopienne.

Cette opération de "maintien de l'ordre" avait été décidée après que les forces pro-TPLF eurent attaqué des bases militaires, avait justifié Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019 pour la réconciliation avec l'Érythrée.

Malgré la victoire proclamée après la chute de Mekele, les combats n'ont jamais cessé entre les forces pro-TPLF – qui se font appeler Forces de défense du Tigré (TDF) – et l'armée fédérale éthiopienne, épaulée par des troupes des autorités régionales voisines de l'Amhara et l'armée de l'Érythrée, pays frontalier du Tigré.

Les TDF ont lancé une offensive la semaine dernière, au moment où se tenait dans une grande partie du reste du pays des élections nationales très attendues dont les résultats n'ont pas encore été annoncés.

Musique et feux d'artifice

Lundi, ces rebelles "ont pris le contrôle de la ville, je les ai vus moi-même, ils sont entrés", a déclaré un membre de l'administration régionale intérimaire, mise en place par Addis Abeba après la destitution des autorités du TPLF.

Leur entrée a déclenché des scènes de liesse, des soldats tirant en l'air en signe de célébration, des habitants sortant dans la rue en brandissant le drapeau tigréen.

"La ville est en fête, tout le monde est dehors à danser", a confirmé le membre de l'administration intérimaire.

"Tout le monde est excité, il y a de la musique dans les rues. Tout le monde a sorti ses drapeaux et la musique joue. Je ne sais pas comment ils les ont eus, mais tout le monde a un feu d'artifice", a détaillé un habitant.

Face à l'avancée rebelle, les fonctionnaires de l'administration intérimaire régionale ont quitté la ville lundi, selon le membre de l'administration.

Des témoins ont rapporté que des soldats et des policiers fédéraux fuyaient également Mekele, certains pillant des banques et réquisitionnant des véhicules de particuliers.

Exactions et famine

Un responsable de l'ONU a déclaré que les soldats avaient démantelé les équipements satellites de plusieurs agences de l'ONU à Mekele, tentant visiblement réduire au maximum les communications.

"Cet acte viole les privilèges et l'immunité de l'ONU ainsi que les règles du droit international humanitaire sur le respect des biens de l'aide humanitaire. Je condamne cette action dans les termes les plus forts", a tweeté Henrietta Fore, directrice exécutive de l'Unicef.

Le Tigré, région la plus septentrionale de l'Éthiopie et frontalière de l'Érythrée, est en proie depuis près de huit mois à un conflit destructeur.

Annoncée comme brève, l'opération militaire lancée par M. Abiy s'est transformée en conflit de longue durée, marqué par de nombreux récits d'exactions sur les civils (massacres, viols, déplacements de population, etc) qui ont suscité l'indignation de la communauté internationale.

Une frappe aérienne de l'armée éthiopienne a touché le 22 juin un marché fréquenté de Togoga, à une trentaine de kilomètres de Mekele, faisant au moins 64 morts et 180 blessés.

L'armée éthiopienne a affirmé avoir visé dans cette "opération" des forces pro-TPLF habillées en civil, jugeant "inacceptable" d'affirmer que des civils étaient ciblés.

Les près de huit mois de combats ont placé au moins 350 000 personnes en situation de famine dans la région, selon l'ONU, ce que conteste le gouvernement éthiopien.

Etats-Unis, Irlande et Royaume-Uni demandent une réunion d'urgence du Conseil de sécurité

Les États-Unis, l'Irlande et le Royaume-Uni ont demandé une réunion d'urgence publique du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Tigré.

Cette réunion pourrait se tenir vendredi. Il revient à la France, présidente en exercice du Conseil de sécurité en juillet, de fixer sa date et son heure précises. 

Depuis le déclenchement du conflit en novembre, les Occidentaux n'ont jamais réussi à tenir une session publique sur le Tigré, les Africains, la Chine, la Russie ainsi que d'autres membres du Conseil jugeant que la crise est une affaire interne à l'Éthiopie.

Ces pays pourraient demander un vote de procédure sur le bien-fondé de la réunion juste avant celle-ci. Dans ce cas, le droit de veto des pays membres ne s'applique pas mais il faudra neuf voix sur 15 aux pays souhaitant la réunion publique pour s'assurer qu'elle se tiendra.

La dernière session du Conseil de sécurité sur le Tigré remonte au 15 juin et s'était déroulée à huis clos comme les précédentes depuis novembre. La Chine s'était alors opposée, selon des diplomates, à l'adoption d'une déclaration commune du Conseil portant sur le risque d'une extension de la famine en Éthiopie, nié par ce pays.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.