Les talibans « paraissent avoir un avantage stratégique » en Afghanistan, estime le Pentagone

Le chef d'état major américain, le général Mark Milley, lors de sa conférence de presse mercredi. (Photo, AFP)
Le chef d'état major américain, le général Mark Milley, lors de sa conférence de presse mercredi. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 22 juillet 2021

Les talibans « paraissent avoir un avantage stratégique » en Afghanistan, estime le Pentagone

  • Lloyd Austin a indiqué que des unités avaient été positionnées au Qatar pour continuer à lutter contre les jihadistes après le départ des troupes US
  • Quelques 100000 Afghans ayant assisté l'armée US attendent être évacués. Ils rejoindront les 70000 auxiliaires qui ont déjà immigré aux USA depuis 2008

WASHINGTON : Les talibans "paraissent avoir un avantage stratégique" aujourd'hui en Afghanistan, même si leur victoire est loin d'être assurée, a estimé mercredi le chef d'état major américain, le général Mark Milley.

Les talibans contrôlent "environ la moitié" des districts mais aucune des grandes villes du pays, et l'armée afghane se regroupe dans les grandes villes pour protéger la population, a souligné le général Milley au cours d'une conférence de presse.

"Une victoire militaire automatique des talibans n'est pas courue d'avance", a-t-il ajouté.

Selon le chef d'état-major, les talibans contrôlent 212 des quelque 400 districts afghans et encerclent 17 des 34 capitales provinciales.

L'armée afghane, forte de 300 000 hommes entraînés et équipés par les Occidentaux "a les moyens" de défendre le pays, a-t-il noté, soulignant que tout dépendait maintenant de "la détermination et du leadership du peuple Afghan, des forces afghanes et du gouvernement afghan".

Le ministre de la Défense, Lloyd Austin, a souligné pour sa part que les Etats-Unis avaient remis vendredi à l'armée afghane trois hélicoptères de combat "Blackhawk" et que d'autres équipements suivraient.

"Nous restons engagés à aider l'armée afghane et le gouvernement afghan à l'avenir", a-t-il assuré.

Rappelant que l'objectif des Etats-Unis reste d'éviter une résurgence d'Al-Qaïda, M. Austin a indiqué que des unités avaient été positionnées au Qatar pour continuer à lutter contre les jihadistes en Afghanistan après le départ des troupes étrangères.

Le retrait américain est achevé à 95% avec l'évacuation de matériel d'un volume équivalent aux cargaisons de 984 avions C-17, a rappelé le général Milley, précisant que 9 000 militaires et civils américains avaient quitté l'Afghanistan.

A la mi-janvier 2021, le Pentagone avait annoncé que les effectifs militaires américains en Afghanistan étaient désormais réduits à 2 500 hommes, mais l'armée américaine emploie aussi bon nombre d'auxiliaires civils, notamment pour l'intendance.

"Un petit contingent principalement de personnel militaire, mais avec aussi des civils et des sous-contractants, ainsi que des diplomates, reste en Afghanistan pour assurer la sécurité et renforcer notre présence diplomatique à Kaboul", a-t-il ajouté.

Interprètes afghans

Par ailleurs, un premier groupe d'auxiliaires afghans de l'armée américaine qui cherchent à quitter le pays par peur de représailles des talibans arrivera dès la semaine prochaine aux Etats-Unis, a indiqué à la presse la responsable du département d'Etat chargée de ce dossier, Tracey Jacobson.

Ces quelque 700 interprètes et autres auxiliaires ainsi que leur famille immédiate, soit environ 2 500 personnes, sont ceux dont le dossier d'immigration est le plus avancé.

Ils doivent être hébergés à Fort Lee, une base de l'armée de terre située à quelque 200 km au sud de Washington, pendant que leur dossier sera vérifié par le département à la sécurité intérieure (DHS), soit quelques jours, avait indiqué lundi le Pentagone.

Un autre contingent de 4 000 auxiliaires et leurs famille, soit quelque 20 000 personnes a reçu le feu vert de l'ambassade de Kaboul pour leur visa d'immigrant, a indiqué Mme Jacobson.

Ils doivent maintenant se soumettre à des contrôles de sécurité approfondis, une procédure qui peut durer plusieurs mois et pour assurer leur sécurité après le départ des forces américaines, ils seront envoyés dans des pays tiers pendant que leur dossier est à l'étude, a-t-elle ajouté, sans nommer les pays concernés.

Au total, 20 000 Afghans ayant assisté l'armée américaine, notamment comme interprètes, ont à ce stade demandé à être évacués par les Etats-Unis avec leur famille immédiate, ce qui pourrait représenter jusqu'à 100 000 personnes.

Ils rejoindront les quelque 70 000 auxiliaires de l'armée américaine qui ont déjà immigré aux Etats-Unis depuis 2008.

Les Etats-Unis négocient avec plusieurs pays de la région pour l'accueil temporaire de ces candidats à l'immigration aux Etats-Unis, comme le Koweit ou le Qatar.

Les talibans ont annoncé mercredi qu'ils ne se battraient que s'ils étaient attaqués durant l'Aïd el Adha, la fête musulmane du Sacrifice, sans pour autant annoncer de cessez-le-feu formel.

Les insurgés mènent depuis mai une offensive tous azimuts contre les forces afghanes, à la faveur des opérations de retrait définitif des forces internationales d'Afghanistan, prévu pour s'achever fin août.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.