Deux morts dans l'attaque d'un pétrolier au large d'Oman, Israël accuse l'Iran

Des pétroliers traversent le détroit d'Ormuz. /Photo d'archives/Reuters
Des pétroliers traversent le détroit d'Ormuz. /Photo d'archives/Reuters
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Publié le Dimanche 01 août 2021

Deux morts dans l'attaque d'un pétrolier au large d'Oman, Israël accuse l'Iran

  • L'attaque d'un pétrolier en mer d'Oman a fait deux morts au sein de l'équipage, a annoncé vendredi son armateur Zodiac Maritime, détenu par un milliardaire israélien, l'Etat hébreu accusant son ennemi juré, l'Iran, d'être à l'origine de l'incident
  • «L'Iran sème la violence et la destruction dans tous les coins de la région», a dénoncé un responsable du gouvernement israélien, ajoutant que, «voulant cibler Israël», Téhéran s'était «incriminé en tuant des civils étrangers»

JERUSALEM : L'attaque d'un pétrolier en mer d'Oman a fait deux morts au sein de l'équipage, a annoncé vendredi son armateur Zodiac Maritime, détenu par un milliardaire israélien, l'Etat hébreu accusant son ennemi juré, l'Iran, d'être à l'origine de l'incident.

"L'Iran sème la violence et la destruction dans tous les coins de la région", a dénoncé un responsable du gouvernement israélien dans un communiqué, ajoutant que, "voulant cibler Israël", Téhéran s'était "incriminé en tuant des civils étrangers".  "L'Iran n'est pas seulement le problème d'Israël, c'est un problème mondial, et son comportement met en danger la liberté de navigation et de commercer dans le monde", a-t-il ajouté.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid a ordonné aux diplomates de son pays de faire pression pour une action de l'ONU contre le « terrorisme iranien ».

"J'ai demandé aux ambassades à Washington, à Londres et à l'ONU de travailler avec leurs interlocuteurs au sein du gouvernement et les délégations concernées au siège de l'ONU à New York", a-t-il ajouté.

"L’Iran n’est pas seulement un problème israélien, mais un exportateur de terrorisme, de destruction et d’instabilité qui nous font tous du mal."

Lapid a déclaré qu'il s'était également entretenu avec le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, soulignant "la nécessité de réagir sévèrement à l'attaque du navire dans laquelle un citoyen britannique a été tué".

L'armée américaine a déclaré que les premières indications "indiquaient clairement" une frappe de drones sur Mercer Street. Plusieurs drones iraniens sans pilote semblent avoir mené l'attaque, s'écrasant sur des quartiers d'habitation sous le centre de commandement du navire.

Plus tôt, la télévision d'État iranienne avait déclaré que la frappe du drone était une représaille à « une récente attaque israélienne » contre des cibles iraniennes dans un aéroport du centre de la Syrie.

Des experts en sécurité ont aussi évoqué l'hypothèse d'une origine iranienne dans cette attaque, qui a eu lieu dans une zone stratégique où des bateaux israéliens ont déjà été visés. L'armée américaine a déclaré dans un communiqué que des forces de la marine américaine, répondant à un appel de détresse, étaient venues en aide à l'équipage et avaient pu voir des preuves d'une attaque. Les premières constatations "indiquent clairement" une attaque de type drone, poursuit l'armée, précisant que des bâtiments de l'US Navy escortaient le pétrolier, avec du personnel américain à bord.

Plus tôt vendredi, Zodiac Maritime, société internationale dont le siège est situé à Londres, avait annoncé sur Twitter "la mort de deux membres de l'équipage: un ressortissant roumain et un ressortissant britannique" lors d'un incident à bord du M/T Mercer Street. Celui-ci navigue désormais "sous contrôle de son équipage vers un lieu sûr, avec une escorte navale américaine", a ajouté plus tard la firme qui appartient à l'homme d'affaires et milliardaire israélien Eyal Ofer.

Aux Etats-Unis, allié d'Israël et ennemi de l'Iran, l'administration de Joe Biden est restée prudente. "Nous surveillons la situation de près", s'est contentée de dire une porte-parole du département d'Etat, Jalina Porter. "Nous coopérons avec nos partenaires étrangers pour établir les faits."

«Incident de sécurité»

Selon le site des opérations maritimes UKMTO, un organisme de lutte contre la piraterie qui dépend de la marine britannique, l'attaque a été signalée jeudi à 18H00 GMT, alors qu'elle était en cours, à environ 152 miles nautiques (280 kilomètres) des côtes d'Oman.

Un responsable du centre de sécurité maritime d'Oman a indiqué vendredi que le centre avait reçu des informations sur un "incident hors des eaux territoriales" du sultanat et envoyé un navire ainsi que des avions militaires pour survoler la zone. Le ressortissant britannique décédé dans l'attaque travaillait pour la société de sécurité Ambrey, qui a confirmé via son porte-parole la mort "tragique" de son employé dans un "incident de sécurité".

Un porte-parole du ministère britannique de la Défense a indiqué que ses quartiers généraux dans la région menaient actuellement des investigations. Au moment de l'incident, le pétrolier naviguait sans cargaison de Dar es Salaam en Tanzanie à Fujaïrah, ville côtière des Emirats arabes unis, selon l'armateur, qui exploite ce navire japonais.

La mer d'Oman est située entre l'Iran et Oman, à la sortie du stratégique détroit d'Ormuz par lequel transite une grande partie du pétrole mondial et où opère une coalition dirigée par les Etats-Unis.

La navigation dans la zone était la cible de fréquents actes de piraterie il y a une décennie, mais les incidents ont nettement diminué ces dernières années après l'intensification des patrouilles menées par les forces maritimes de plusieurs pays.

«Escalade significative»

Des analystes ont rapproché l'attaque d'incidents antérieurs. Deux navires exploités par la société israélienne Ray Shipping avaient ainsi été attaqués plus tôt cette année. Meir Javedanfar, un expert en sécurité à l'université israélienne IDC Herzliya, a estimé que l'Iran était "très probablement" derrière cette attaque.

Selon lui, les Iraniens "se sentent désavantagés quand il s'agit de répondre à des attaques ayant eu lieu en Iran et associées à Israël", dont l'explosion du 11 avril au complexe nucléaire de Natanz, imputée par Téhéran à l'Etat hébreu. "L'attaque du MT Mercer Street est maintenant considérée comme la cinquième attaque contre un navire connecté à Israël", ont relevé les analystes de Dryad Global, société spécialisée dans la sécurité maritime basée à Londres, évoquant de nouvelles "représailles dans la guerre de l'ombre que se livrent les deux puissances" ennemies.

En Iran, la chaîne en arabe de la télévision d'Etat a cité des "sources informées dans la région" qui affirment que l'attaque était une réponse à une "récente attaque israélienne" en Syrie, sans donner plus de détails. La mort de deux membres de l'équipage représente cependant "une escalade significative des événements", a jugé Dryad Global, informant ses clients que le risque pour les navires commerciaux associés à Israël et à l'Iran dans la voie navigable du Golfe était désormais "accru".


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.