Origine du Covid: la Chine renvoie l'OMS dans les cordes

Cette photo prise le 5 août 2021 montre un membre du personnel soumis à un test d'acide nucléique pour le coronavirus Covid-19 dans le gymnase d'une entreprise à Wuhan, dans la province centrale du Hubei en Chine. (STR/AFP)
Cette photo prise le 5 août 2021 montre un membre du personnel soumis à un test d'acide nucléique pour le coronavirus Covid-19 dans le gymnase d'une entreprise à Wuhan, dans la province centrale du Hubei en Chine. (STR/AFP)
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Publié le Vendredi 13 août 2021

Origine du Covid: la Chine renvoie l'OMS dans les cordes

  • Pékin a adressé vendredi une fin de non-recevoir à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui l'appelait à une meilleure collaboration sur l'origine du Covid
  • L’hypothèse d’une fuite d'un laboratoire chinois est fermement combattue par Pékin, qui ne veut pas apparaître comme responsable de la pandémie

PÉKIN, Chine : Ni nouvelle enquête en Chine, ni données supplémentaires, ni "politisation": Pékin a adressé vendredi une fin de non-recevoir à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui l'appelait à une meilleure collaboration sur l'origine du Covid.

Les premiers malades du coronavirus ont été identifiés fin 2019 dans la ville chinoise de Wuhan (centre). Le virus s'est depuis répandu sur la planète, faisant plus de 4 millions de morts à ce jour.

Les scientifiques peinent à retracer son origine. Transmission depuis un animal? Fuite d'un laboratoire chinois? Cette dernière hypothèse est fermement combattue par Pékin, qui ne veut pas apparaître comme responsable de la pandémie.

Une équipe d'experts internationaux envoyés par l'OMS s'était rendue à Wuhan en janvier 2021 pour une étude "de première phase" sur l'origine du virus. Ils avaient rédigé un rapport conjoint en collaboration avec des spécialistes chinois.

L'étude estimait que le passage du coronavirus de la chauve-souris à l'homme via un animal intermédiaire était le scénario le plus probable. Les experts jugeaient alors "extrêmement improbable" que le virus provienne d'un laboratoire.

Défendue par Washington dans un contexte de rivalité politique avec Pékin, cette dernière hypothèse a toutefois été relancée ces derniers mois par l'OMS, qui a demandé jeudi à tous les pays, notamment à la Chine, de publier "toutes les données sur le virus".

"Afin de pouvoir examiner +l'hypothèse du laboratoire+, il est important d'avoir accès à toutes les données brutes", a souligné l'organisation, pour qui "l'accès aux données ne devrait en aucun cas être un enjeu politique".

- "Vie privée" -

Pékin a répliqué vendredi en réitérant sa position: le rapport Chine-OMS a déjà évacué la théorie d'une fuite d'un laboratoire de Wuhan et les demandes de données supplémentaires ont des arrières-pensées politiques.

"Nous sommes opposés à la politisation de la recherche des origines (...) et à l'abandon du rapport conjoint. Nous soutenons une recherche basée sur la science", a indiqué Ma Zhaoxu, un vice-ministre des Affaires étrangères.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, il a rejeté les nouvelles demandes de l'OMS.

"Les conclusions et recommandations du rapport conjoint ont été reconnues par la communauté internationale et la communauté scientifique", a souligné le responsable.

"Les recherches futures doivent, et ne peuvent être poursuivies que sur la base de ce rapport. Il ne s'agit pas de tout recommencer à zéro."

Concernant les données brutes réclamées par l'OMS, notamment sur les premiers malades à Wuhan, la Chine s'est de nouveau retranchée derrière le secret médical.

"Nous souhaitons uniquement protéger la vie privée des patients", a assuré vendredi devant la presse Liang Wannian, chef de la délégation de scientifiques chinois qui a collaboré au rapport Chine-OMS.

"Sans leur consentement, aucun expert étranger n'a le droit de photographier ni de copier les données originales."

- Déclarations choc -

Longtemps balayée d'un revers de la main par nombre d'experts, l'hypothèse de la fuite d'un laboratoire est relancée depuis quelques mois.

Elle l'est encore plus après les nouvelles déclarations choc de Peter Embarek, le chef danois de la délégation d'experts internationaux ayant visité Wuhan en janvier 2021.

Dans un documentaire diffusé jeudi par la télévision publique danoise TV2, le scientifique s'est montré pour la première fois très critique envers Pékin.

"Jusqu'à 48 heures avant la fin de la mission, nous n'étions toujours pas d'accord pour évoquer la 'thèse du laboratoire' dans le rapport", raconte M. Embarek.

A la suite de ces échanges, la délégation de l'OMS obtient finalement la permission de visiter deux laboratoires où s'effectuent des recherches autour des chauve-souris, explique-t-il.

"Nous avons pu parler et poser les questions que nous voulions poser, mais nous n'avons pas eu l'occasion de consulter la moindre documentation", a regretté Peter Embarek.

"Un employé (d'un laboratoire) infecté sur le terrain en prélevant des échantillons relève de l'une des hypothèses probables. C'est là que le virus passe directement de la chauve-souris à l'homme."

Il a ajouté qu'aucune des chauve-souris ne vit à l'état sauvage dans la région de Wuhan.

Les seules personnes susceptibles d'avoir approché les chauves-souris soupçonnées d'avoir hébergé le virus à l'origine du Sars-Cov-2 sont, selon lui, des employés des laboratoires de la ville.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.