Vers des élections anticipées au Canada le 20 septembre

Le chef conservateur nouvellement Erin O'Toole lors de son discours triomphal à la suite de son élection à la direction du Parti conservateur de Canada 2020 à Ottawa le 24 août 2020. (Sean Kilpatrick/ Pool/AFP)
Le chef conservateur nouvellement Erin O'Toole lors de son discours triomphal à la suite de son élection à la direction du Parti conservateur de Canada 2020 à Ottawa le 24 août 2020. (Sean Kilpatrick/ Pool/AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 13 août 2021

Vers des élections anticipées au Canada le 20 septembre

  • Reconduit au pouvoir en octobre 2019 pour son deuxième mandat, Justin Trudeau, qui dirige le parti libéral, est depuis à la tête d'un gouvernement minoritaire, l'obligeant à composer pour faire voter les réformes
  • Pour l'instant les sondages sont plutôt favorables aux libéraux qui récoltent 37% des intentions de vote contre 28% pour les conservateurs et 20% pour le Nouveau parti démocratique (NPD)

OTTAWA, Canada : Au pouvoir depuis 2015, le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'apprête à donner le coup d'envoi d'une élection anticipée pour un scrutin le 20 septembre, malgré la menace d'une quatrième vague de coronavirus.

Celui qui briguera un troisième mandat devrait se rendre dimanche dans le bureau de la gouverneure générale Mary Simon pour lui demander de dissoudre les Communes, la chambre basse du Parlement, ont rapporté des médias locaux dont CBC et CTV.

Cette procédure formelle marquerait le début officiel d'une campagne électorale annoncée depuis déjà plusieurs semaines. Selon les médias locaux, elle devrait durer 36 jours et les Canadiens auraient donc rendez-vous aux urnes le 20 septembre. Deux ans plus tôt que prévu.

Reconduit au pouvoir en octobre 2019 pour son deuxième mandat, Justin Trudeau, qui dirige le parti libéral, est depuis à la tête d'un gouvernement minoritaire, l'obligeant à composer pour faire voter les réformes. 

Au Canada, les gouvernements minoritaires ont une espérance de vie estimée par les experts entre 18 et 24 mois, en moyenne.

Et pour l'instant les sondages sont plutôt favorables aux libéraux qui récoltent 37% des intentions de vote contre 28% pour les conservateurs et 20% pour le Nouveau parti démocratique (NPD), selon un sondage Abacus Data paru jeudi.

"La question du scrutin sera de savoir si les libéraux conservent leur posture minoritaire ou si on leur redonne les rênes du pouvoir à Ottawa sans condition avec un gouvernement majoritaire", analyse auprès de l'AFP Stéphanie Chouinard, professeure de science politique au Collège militaire royal du Canada.

Pour être à la tête d'un gouvernement majoritaire, le parti de Justin Trudeau, qui compte 155 députés élus, devra obtenir au moins 170 des 338 sièges que compte la Chambre des communes.

   - Objectif majorité -

Tous les partis d'opposition ont dénoncé cette décision d'anticiper le scrutin en pleine pandémie.

Sur Twitter, le chef des conservateurs Erin O'Toole a dénoncé les manoeuvres de Justin Trudeau qui "planifie une élection au milieu d'une pandémie parce qu'il est concentré sur la politique".

"Il est temps que nous ayons un Premier ministre qui planifie une reprise économique centrée sur les Canadiens", a-t-il ajouté.

Autre rival de M. Trudeau, Jagmeet Singh, le chef du NPD (gauche), a déploré la tenue d'un scrutin cet été.

"Pendant que Justin Trudeau veut agir comme si (la pandémie) était terminée, ce n'est pas terminé et les gens sont toujours inquiets", a-t-il déclaré jeudi.

Comme d'autres pays, le Canada voit depuis quelques temps les cas de Covid remonter dans plusieurs provinces en raison du variant Delta, plus contagieux. Mais le pays peut aussi se targuer de l'une des meilleures couvertures vaccinales au monde - 71% des 38 millions de Canadiens ont reçu une première dose et 62% sont complètement vaccinés.

L'élection en pleine crise sanitaire "pourrait jouer des tours aux libéraux si jamais la fameuse quatrième vague de Covid se matérialisait", a expliqué à l'AFP Daniel Béland, professeur de science politique à l'université McGill.

"Je pense qu'il y a un risque associé à ça, mais c'est un risque calculé", a-t-il rappelé, soulignant que des provinces ont tenu des élections pendant la pandémie et que les Premiers ministres ont été maintenus au pouvoir.

L'administratrice en chef de la santé publique canadienne a rappelé jeudi que les mesures sanitaires seraient primordiales en campagne électorale.

"J'encourage tous ceux et celles qui voudront participer à des rassemblements à se protéger au maximum, ce qui comprend la vaccination", a affirmé Theresa Tam, lors d'une conférence de presse.

Les libéraux comptent 155 sièges contre 119 pour les conservateurs. De leur côté, le Bloc québécois et le NPD en ont respectivement 32 et 24. A cela s'ajoutent deux députés verts, cinq indépendants et un siège vacant.

Selon un sondage, 38% des Canadiens sont favorables à une élection alors que 17% y sont opposés.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.