Royaume-Uni: après la fusillade de Plymouth, de multiples questions autour du suspect

Cette enquête examinera le «raisonnement» et les «décisions» de la police locale et le respect des règles, a déclaré dans un communiqué David Ford, directeur régional de l'IOPC, la police des polices. (Photo, AFP)
Cette enquête examinera le «raisonnement» et les «décisions» de la police locale et le respect des règles, a déclaré dans un communiqué David Ford, directeur régional de l'IOPC, la police des polices. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 14 août 2021

Royaume-Uni: après la fusillade de Plymouth, de multiples questions autour du suspect

  • Le jeune homme est suspecté d'avoir tué jeudi soir à Plymouth, avec une arme décrite par des témoins comme étant un fusil à pompe, sa mère âgée de 51 ans avant de sortir dans la rue et de tuer quatre autres personnes
  • Il s'agit de la fusillade la plus meurtrière depuis 2010 au Royaume-Uni, où les tueries de masse restent rares

PLYMOUTH : Un suspect à la personnalité trouble et une arme et un port d'arme restitués tout récemment: les questions se multiplient vendredi autour de la fusillade qui a fait cinq morts jeudi dans le sud-ouest de l'Angleterre, dont une fillette de trois ans et la mère de l'auteur présumé, qui s'est suicidé.

Les enquêteurs ont exclu pour l'instant toute motivation terroriste dans cette fusillade, la plus meurtrière au Royaume-Uni en plus de 10 ans et se penchent sur le profil psychologique de Jake Davison, dont les messages relevés par la presse britannique sur les réseaux sociaux révèlent des tendances dépressives.

La police des polices britannique a quant à elle ouvert une enquête pour déterminer dans quelles conditions le suspect a pu récupérer au début du mois dernier arme et port d'arme qui lui avaient été retirés par la police locale en décembre 2020 après une accusation d'agression en septembre 2020.

Cette enquête examinera le "raisonnement" et les "décisions" de la police locale et le respect des règles, a déclaré dans un communiqué David Ford, directeur régional de l'IOPC, la police des polices.

Elle devra également établir si la police du Devon et des Cornouailles disposait d'informations concernant la santé mentale de Jake Davison et si, le cas échéant, si elles ont été considérées de manière "appropriée".

Il n'a pas encore été établi si l'arme restituée est celle qui a été utilisée lors de la fusillade.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le jeune homme est suspecté d'avoir tué jeudi soir à Plymouth, avec une arme décrite par des témoins comme étant un fusil à pompe, sa mère âgée de 51 ans avant de sortir dans la rue et de tuer quatre autres personnes.

Il a ensuite retourné l'arme contre lui et s'est donné la mort avant que la police, arrivée sur les lieux six minutes après avoir été appelée, n'ait pu intervenir, a précisé le chef de la police du Devon et des Cornouailles, Shaun Sawyer, lors d'une conférence de presse.

"Nous n'envisageons pas la piste terroriste ou de lien avec un groupe d'extrême droite", a-t-il précisé.

Parmi les personnes tuées figure une fillette de trois ans et son père de 43 ans. Deux blessés légers sont soignés à l'hôpital.

Evoquant des faits "effroyables", le Premier ministre Boris Johnson a adressé ses pensées aux victimes et à leurs familles et salué le travail de la police et des services d'urgence.

Interrogé sur la misogynie de messages publiés par le suspect, le chef du gouvernement déclaré qu'il s'agirait d'un point qui fera "sans aucun doute" partie des investigations.

Il s'agit de la fusillade la plus meurtrière depuis 2010 au Royaume-Uni, où les tueries de masse restent rares. Les policiers y sont rarement armés et le pays a adopté une législation sur le port d'armes parmi les plus strictes au monde à la suite de la fusillade de Dunblane en Écosse en 1996, lorsque seize écoliers avaient été tués en quelques minutes.

"Plus aucune volonté"

Appelés à 18H11 locales (17H11 GMT) par des riverains alertés par les coups de feu, les forces de l'ordre et les services de secours s'étaient déployés en masse dans cette zone résidentielle de Plymouth, ville d'environ 262 000 habitants située dans le comté paisible du Devon et abritant la plus grande base navale d'Europe occidentale.

Sur un compte Youtube sous le nom Professor Waffle, supprimé dans la matinée, on voit le jeune homme se plaindre de ses difficultés à rencontrer des femmes et à perdre du poids, se décrire comme "gros" et "vierge" et faire de la musculation.

"Je n'ai plus aucune volonté de faire quoi que ce soit", dit-il dans la dernière vidéo postée, regrettant d'être "toujours dans la même maison, la même situation, la même position". 

Avec ce compte, il a "aimé" des vidéos sur les armes à feu et suivait une chaîne sur la mouvance misogyne "Incel" (abréviation d'involontairement célibataire), à l'origine de violences aux États-Unis.

Sur les télévisions britanniques, la ministre de l'Intérieur Priti Patel a assuré que des "leçons" seraient tirées de la fusillade, "surtout s'il y a des facteurs clés comme l'activité en ligne et (...) l'arme à feu elle-même", qualifiant d'"extrêmement importante" la question de l'"incitation à l'extrémisme en ligne".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.