L'amertume des militaires américains face au chaos à Kaboul

L'attaché de presse du département américain de la Défense, John Kirby, prend la parole lors d'un point de presse au Pentagone le 16 août 2021 à Arlington, en Virginie. AFP
L'attaché de presse du département américain de la Défense, John Kirby, prend la parole lors d'un point de presse au Pentagone le 16 août 2021 à Arlington, en Virginie. AFP
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Publié le Mardi 17 août 2021

L'amertume des militaires américains face au chaos à Kaboul

  • Des vidéos ont montré des scènes de totale anarchie, comme ces centaines de personnes courant près d'un avion de transport militaire américain qui roule pour aller décoller, pendant que certains tentent follement de s'accrocher à ses flancs ou ses roues
  • Certains reprochent au département d'Etat d'avoir attendu plus de deux mois pour lancer le processus de délivrance des visas d'immigration aux Afghans craignant pour leur vie

WASHINGTON : L'humeur était sombre lundi dans les couloirs du Pentagone, où les militaires américains assistaient, impuissants, aux scènes de chaos à l'aéroport de Kaboul, critiquant en privé la lenteur de l'administration de Joe Biden à évacuer les alliés afghans des Etats-Unis, qui craignent la vengeance des talibans.


Certains reprochent au département d'Etat, qui a la seule autorité d'accorder des visas aux anciens interprètes et autres auxiliaires de l'armée américaine et leur familles, d'avoir attendu plus de deux mois pour lancer le processus de délivrance des visas d'immigration aux Afghans craignant pour leur vie.


Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des scènes de totale anarchie, comme ces centaines de personnes courant près d'un avion de transport militaire américain qui roule pour aller se mettre en position de décollage, pendant que certains tentent follement de s'accrocher à ses flancs ou à ses roues.


"Ça faisait des mois qu'on les prévenait" que c'était urgent, s'exclame un responsable militaire sous couvert de l'anonymat.


"Je ne suis pas en colère, je suis frustré", souffle un autre officier. "Le processus (de retrait) aurait pu être mené d'une façon tellement différente!"


Alors que Joe Biden a décidé dès la mi-avril que tous les soldats américains devaient avoir quitté l'Afghanistan avant le 11 septembre, le ministère américain des Affaires étrangères a attendu des mois avant de mettre sur pied une structure ad hoc pour s'occuper des alliés des Etats-Unis.


"Quand cette administration a identifié que la situation sécuritaire évoluait rapidement, nous avons lancé il y a plusieurs semaines de cela l'opération Allied Refuge", s'est défendu lundi lors d'un point presse le porte-parole du département d'Etat Ned Price, qui a qualifié l'opération d'"effort américain gargantuesque, non seulement pour traiter, statuer, et accorder les visas à ces Immigrants Spéciaux mais aussi pour les amener aux Etats-Unis avec une opération massive d'évacuation par les airs".


Moins critique à l'égard de l'administration, un autre responsable du Pentagone interrogé par l'AFP a souligné que les diplomates avaient essayé d'accélérer le processus de délivrance des visas d'immigration, mais il a noté que ce processus administratif était trop long et compliqué vu les circonstances. 


L'administration Biden partait du principe que l'ambassade américaine à Kaboul resterait ouverte et que le gouvernement afghan garderait le contrôle du pays pendant des mois après le retrait américain, a-t-il rappelé.

«Profondément affectés»

Dès l'annonce de M. Biden, le Pentagone a fait savoir qu'il effectuait des préparatifs pour une évacuation en masse, mais à la mi-juin, le gouvernement ne jugeait toujours pas nécessaire une évacuation et privilégiait l'octroi de visas spéciaux, un processus qui peut prendre jusqu'à deux ans.


Et ce n'est que fin juin que la Maison Blanche a évoqué la possibilité d'évacuer les interprètes afghans avant la fin du retrait militaire des forces étrangères, et demandé l'aide du Pentagone.


Une "cellule de crise pour l'Afghanistan" a alors été mise sur pied pour organiser l'accueil sur des bases américaines de réfugiés afghans en attendant la délivrance de leur visa d'immigration.


Interrogé lundi au cours d'un point de presse sur le délai de près de trois mois entre l'annonce de M. Biden et la création de cette cellule de crise, son directeur Garry Reid a souligné que le Pentagone ne pouvait agir qu'en "soutien au département d'Etat".


"La cellule de crise a été créée en juillet, mais dès le printemps, le ministre (de la défense Lloyd Austin) évoquait les interprètes, les traducteurs et les obligations sacrées que nous avons envers eux", a souligné le porte-parole du Pentagone, John Kirby.


"Personne ici au Pentagone n'est heureux de voir les images que nous avons vues ces dernières 48 heures", a ajouté M. Kirby. 


"Beaucoup d'entre nous ont passé du temps en Afghanistan ces dernières années et nous sommes profondément affectés par les évènements actuels", a renchéri au cours du même point presse le général Hank Taylor, responsable de la logistique à l'état-major américain. 


"Mais ce sur quoi nous voulons nous focaliser, c'est l'évacuation la plus sûre possible des Américains et des Afghans", a-t-il ajouté.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.