Une cinquantaine de migrants morts au large de l'Afrique sur la route de l'Europe

Cette capture d'image extraite d'une vidéo de l'AFP montre un homme marchant sur une plage, à Barra, le 5 décembre 2019, après qu'au moins 62 personnes sont décédées le 4 décembre 2019 lorsque leur navire de fortune a chaviré au large des côtes mauritaniennes, dont 52 migrants originaires de Mauritanie. Gambie. (Photo, AFP)
Cette capture d'image extraite d'une vidéo de l'AFP montre un homme marchant sur une plage, à Barra, le 5 décembre 2019, après qu'au moins 62 personnes sont décédées le 4 décembre 2019 lorsque leur navire de fortune a chaviré au large des côtes mauritaniennes, dont 52 migrants originaires de Mauritanie. Gambie. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 17 août 2021

Une cinquantaine de migrants morts au large de l'Afrique sur la route de l'Europe

  • Le groupe était constitué de 43 hommes et 11 femmes, maliens, sénégalais, ivoiriens, mauritaniens et guinéens
  • C'est un trajet très dangereux: l'OIM a dénombré 376 morts ou disparus sur ce trajet depuis le début de l'année, contre 306 sur la même période en 2020

NOUAKCHOTT:  Quarante-sept migrants ouest-africains sont probablement morts en mer, alors qu'ils tentaient de gagner l'Europe à bord d'une embarcation qui a dérivé pendant deux semaines avant d'être récupérée au large de la Mauritanie avec sept rescapés, ont indiqué mardi les gardes-côtes et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Il s'agit d'un nouveau drame sur la route migratoire de l'Atlantique, empruntée chaque année par des milliers d'Africains fuyant la pauvreté ou la guerre pour l'Europe via l'archipel espagnol des Canaries, malgré la dangerosité du voyage entrepris à bord de modestes bateaux ou pirogues mises à disposition par des passeurs clandestins monnayant le voyage. Plus de 370 personnes ont déjà trouvé la mort sur ce trajet depuis le début de l'année, selon l'OIM.

Les gardes-côtes mauritaniens ont repéré lundi midi le bateau dérivant, avec six hommes et une femme, au large de Nouadhibou, dans le Nord de la Mauritanie, près de la frontière avec le Sahara occidental, a dit un de leurs responsables. Ils faisaient partie d'un groupe initial de 54 personnes originaires de différents pays d'Afrique de l'Ouest.

"Les autres sont tous morts de faim et de soif après avoir épuisé leurs provisions", a-t-il déclaré sous le couvert de l'anonymat, conformément à une pratique généralisée sur les questions de sécurité en Mauritanie.

Le groupe était constitué de 43 hommes et 11 femmes, maliens, sénégalais, ivoiriens, mauritaniens et guinéens, a dit l'OIM. Parmi eux figuraient deux enfants de moins de trois ans et une adolescente, tous trois disparus.

L'embarcation est partie "selon toute vraisemblance" de la région de Laâyoune le 3 août à destination des Canaries, mais a connu une avarie de moteur, a rapporté un responsable de l'OIM en Mauritanie, Nicolas Hochart, joint au téléphone par l'AFP. Un autre responsable de l'OIM a situé leur départ à Tan-Tan, environ 300 km plus au nord, au Maroc, en face de l'archipel des Canaries.

"Le voyage, si tout se passe bien, ça prend quelques jours au maximum (...). A partir du moment où le moteur a flanché, ils se sont retrouvés sans réserve" d'eau et de nourriture, a souligné M. Hochart.

- Un drame inquantifiable -

Les décédés sont communément jetés à la mer par les survivants.

Les survivants, une Ivoirienne, trois Sénégalais, deux Maliens et un Guinéen, ont reçu le secours et les soins de l'OIM et de la Croix-Rouge française. Quatre ont été hospitalisés dans un état critique, selon l'OIM.

Cet itinéraire passant par l'Atlantique et la côte occidentale de l'Afrique jusqu'aux Canaries, porte d'entrée de l'Europe, est avec la Méditerranée l'une des voies privilégiées empruntées chaque année par des migrants africains poussés par la pauvreté, les guerres, les persécutions ou l'espoir d'une vie meilleure.

C'est un trajet très dangereux: l'OIM a dénombré 376 morts ou disparus sur ce trajet depuis le début de l'année, contre 306 sur la même période en 2020. Le nombre réel est probablement bien plus élevé, compte tenu de la difficulté à recenser les naufrages et le nombre de passagers à bord de chaque bateau.

L'ONG Caminando Fronteras, pour sa part, chiffrait en juillet à près de 2.100 le nombre de migrants morts, principalement des Africains de l'Ouest, au cours du premier semestre en essayant de rejoindre l'Espagne, dont 90% sur la route des Canaries.

Les arrivées de migrants aux Canaries ont bondi depuis fin 2019, principalement en raison de l'augmentation des patrouilles en Méditerranée.

L'OIM Espagne estime que cette poussée migratoire peut avoir été aggravée par la pandémie de Covid-19 et l'impact qu'elle a eu sur les conditions de vie en Afrique, ainsi que par le fait que les passeurs auraient réactivé la route Atlantique l'an dernier.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.