Convertir les mots en couleurs: Sauce of Mango allie la beauté de la littérature arabe à l’art

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Publié le Lundi 27 septembre 2021

Convertir les mots en couleurs: Sauce of Mango allie la beauté de la littérature arabe à l’art

Le livre est composé d’une centaine de fables courtes écrites en arabe et de quatre-vingt-seize œuvres d’art. Saad Almotham a commencé à le rédiger en 2012. Il a commencé par publier sur Twitter ses histoires. Elles comptaient cent quarante caractères au début, puis deux cent quatre-vingts. (Fourni)
  • Les plasticiens retenus lisent les histoires et travaillent sur celles qui les attirent le plus
  • Si ce livre peut être lu par des enfants, il s’adresse avant tout à un public plus âgé. En effet, les thèmes abordés sont parfois assez sombres

DJEDDAH: Trouver la forme d’art adéquate pour illustrer une œuvre littéraire représente un véritable défi. Devant la profusion des possibilités, un écrivain saoudien a décidé de solliciter de l’aide grâce à une plate-forme artistique qui œuvre pour la diversité et l’inclusion.

Saad Almotham a donc combiné son travail littéraire avec les œuvres d’art d’un groupe de cinquante-six artistes saoudiens et arabes. Le fruit de cette collaboration est un livre qui a pour titre Sauce of Mango («Sauce à la mangue ») et qui constitue un projet artistique à part entière. Il se compose d’une centaine de fables courtes écrites en arabe et de quatre-vingt-seize œuvres d’art. M. Almotham a commencé la rédaction de ces histoires en 2012; il a commencé par les publier sur Twitter. Elles comptaient cent quarante caractères au début, puis deux cent quatre-vingts.

«Raconter une histoire en un nombre limité de mots constitue une gageure. Je devais souvent relire les histoires que j’avais l’intention de partager sur Twitter parce que je voulais qu’elles soient à la fois courtes et incisives», confie-t-il.

Après avoir publié deux cents histoires, M. Almotham a l’idée de les réunir en un recueil. Il en sélectionne cent. Son titre fait référence au personnage principal de l’une de ces courtes fables.

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«Le personnage principal a peur de vivre de nouvelles expériences et, à l’époque, je vivais moi-même une nouvelle aventure. Ainsi, c’est pour faire écho à ma propre histoire que j’ai choisi son nom: nous tentions tous deux de créer quelque chose de nouveau et de différent», explique M. Almotham.

Si ce livre peut être lu par des enfants, il s’adresse avant tout à un public plus âgé. En effet, les thèmes abordés sont parfois assez sombres.

En ce qui concerne les illustrations, l’écrivain a privilégié les éléments qui convenaient le mieux aux intrigues de ses histoires. Avec l’aide d’artistes rencontrés sur la plate-forme Fitrh Art, il est parvenu à obtenir une contribution artistique singulière et unique pour la plupart de ses œuvres littéraires.

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Fitrh Art permet de réunir des artistes arabes qui souhaitent participer à la création d’un récit.

Les plasticiens retenus lisent les histoires et travaillent sur celles qui les attirent le plus. «Je ne suis pas beaucoup intervenu auprès des artistes une fois que j’ai eu connaissance de leurs croquis initiaux. Je tenais à ce qu’ils conservent leur style habituel. Je ne souhaitais pas que cette création ressemble à une bande dessinée, mais plutôt à une œuvre d’art», déclare M. Almotham.

Hana Kanee, une femme saoudienne de 29 ans, fait partie des artistes qui ont collaboré à ce projet.

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«Je ne connaissais pas l’écrivain. J’ai remarqué cette opportunité sur Instagram, présentée comme une collection d’histoires où les animaux s’expriment au moyen de la poésie arabe. Cela m’a semblé très créatif et je me suis mise à imaginer ce qu’il était possible de faire», déclare-t-elle à Arab News.

L’artiste a jeté son dévolu sur les histoires qui lui parlaient le plus. Elle a trouvé le processus amusant, comme elle nous le confie: «Les histoires m’ont immédiatement fait rire et la manière dont l’artiste les mène est haute en couleur, ce qui convient parfaitement à mes œuvres. Cela m’a aussi rappelé mon enfance.»

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Les artistes qui apportent leur talent à l’œuvre disposent d’une vraie liberté en matière de créativité.

La finalisation du livre s’est révélée un véritable défi pour M. Almotham; par moments, il a même cru qu’il n’y parviendrait jamais. La pandémie a redoublé ses craintes. «Je suis très fier que nous ayons pu mener à bien ce projet», indique-t-il.

Une fois le livre terminé, l’écrivain a organisé, en collaboration avec la plate-forme Fitrh Art, une exposition d’art en ligne qui présentait l’œuvre ainsi que les histoires qu’elle contient.

M. Almotham travaille actuellement sur la version anglaise du livre, qu’il espère publier bientôt.

«Au cours de l’exposition, nous avons traduit les histoires de façon approximative. Elles ont rencontré un écho favorable auprès du public, ce qui m’a poussé à traduire le livre pour que les lecteurs anglophones puissent le découvrir.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".