Biden essaie de récolter les fruits de sa grande loi sur les infrastructures

Le nouveau plan d'infrastructure de l'administration Biden de 1,2 billion de dollars fournit 66 milliards de dollars à Amtrak, la plus grande aide fédérale à Amtrak depuis que le Congrès a créé le système ferroviaire national il y a un demi-siècle. (AFP)
Le nouveau plan d'infrastructure de l'administration Biden de 1,2 billion de dollars fournit 66 milliards de dollars à Amtrak, la plus grande aide fédérale à Amtrak depuis que le Congrès a créé le système ferroviaire national il y a un demi-siècle. (AFP)
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Publié le Mercredi 10 novembre 2021

Biden essaie de récolter les fruits de sa grande loi sur les infrastructures

  • Le président américain a choisi Baltimore, ville portuaire à moins d'une heure de route de Washington, pour expliquer pourquoi et comment les Etats-Unis vont dépenser 1.200 milliards de dollars dans les infrastructures.
  • L'enjeu, pour le président démocrate, est que cet énorme programme commence à produire des effets, au moins politiques, avant les élections législatives de mi-mandat, dans un an.

WASHINGTON: Joe Biden va sur le terrain mercredi pour vanter sa grande loi sur les infrastructures, péniblement votée il y a quelques jours, et dont il lui reste à récolter les fruits sur le plan politique à l'heure où sa cote de confiance s'enfonce.

Le président américain a choisi Baltimore, ville portuaire à moins d'une heure de route de Washington, pour expliquer pourquoi et comment les Etats-Unis vont dépenser 1.200 milliards de dollars dans les infrastructures.

Lundi soir, dans un entretien à la télévision locale de Cincinnati (Ohio, nord-est), le démocrate a assuré que c'était "une question de semaines" avant que les effets de ce grand plan d'investissements, voté au forceps vendredi à la Chambre des représentants, ne se fassent sentir. 

Il avait parlé, samedi, de "deux à trois mois" avant que ne débutent les chantiers dans les réseaux internet, mais aussi les routes, les ponts, les canalisations d'eau potable, les bornes pour voitures électriques...

L'enjeu, pour le président démocrate, est que cet énorme programme commence à produire des effets, au moins politiques, avant les élections législatives de mi-mandat, dans un an.

Ce scrutin, traditionnellement compliqué pour le pouvoir en place, pourrait bien coûter aux démocrates leur mince majorité parlementaire. 

Dans l'intervalle, tous les ministres de Joe Biden montent au front, et le président tâche de mobiliser les élus locaux de son parti pour assurer le service après-vente de ces gigantesques dépenses, populaires dans le principe mais dont les détails restent obscurs pour le grand public, surtout après des semaines de négociations parlementaires compliquées.

Une autre bataille s'annonce d'ailleurs au Congrès sur le deuxième volet de réformes économiques et sociales voulues par Joe Biden, moins concrètes et peut-être encore plus difficiles à expliquer: 1.750 milliards de dollars destinés à baisser le coût de la garde d'enfants, de l'éducation pré-scolaire et de la santé pour la classe moyenne.

«Raconter une histoire»

Après Baltimore, le président «continuera à en faire plus» sur le terrain, a assuré mardi la porte-parole adjointe de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre.

Joe Biden a certainement en tête l'expérience de Barack Obama, dont il a été le vice-président. 

Ce dernier avait lancé un plan de relance en 2009, de près de 800 milliards de dollars, avec des résultats économiquement contrastés et politiquement désastreux - l'opposition républicaine avait enregistré une forte poussée aux élections de mi-mandat suivantes.

Barack Obama avait estimé par la suite que son erreur avait été d'oublier que, au-delà des décisions, le président doit aussi «raconter aux Américains une histoire qui leur donne un sentiment d'unité, un objectif, de l'optimisme.»

Ce que s'astreint donc à faire Joe Biden, qui est d'ailleurs entouré à la Maison Blanche d'anciens hauts responsables de l'administration Obama.

Le président des Etats-Unis s'est dit samedi convaincu que «dans 50 ans, les gens regarderont en arrière et se diront +Voilà le moment (...) où l'Amérique a décidé de gagner la compétition du XXIème siècle+», face à la Chine et au changement climatique. 

Dans l'immédiat, c'est une autre affaire. Les Américains sont surtout préoccupés par une flambée des prix de l'essence, par des problèmes d'approvisionnement et par une pandémie qui n'est toujours pas surmontée.

Mardi, la cote de confiance de Joe Biden était à 42,8% selon le site FiveThirtyEight, qui fait la synthèse de divers sondages. Au même stade de leurs mandats, seuls deux présidents dans l'histoire récente des Etats-Unis ont réalisé de plus mauvais scores, selon la même source: Gerald Ford, à 38,4% en novembre 1974, et Donald Trump, à 37,9% en novembre 2017.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.