Grèce: face à un marché du travail sinistré, des ONG offrent un avenir aux migrants

Fondé en 2016 - peu de temps après l'arrivée en Europe de plus d'un million de réfugiés - l'organisation nommée d'après l'épopée d'Homère aide ces exilés à trouver un emploi dans la Grèce d'après la crise, où le chômage est toujours à 13%. (Photo/AFP)
Fondé en 2016 - peu de temps après l'arrivée en Europe de plus d'un million de réfugiés - l'organisation nommée d'après l'épopée d'Homère aide ces exilés à trouver un emploi dans la Grèce d'après la crise, où le chômage est toujours à 13%. (Photo/AFP)
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Publié le Samedi 27 novembre 2021

Grèce: face à un marché du travail sinistré, des ONG offrent un avenir aux migrants

  • Dans la zone industrielle de Rentis près du Pirée, Odyssea a déjà aidé 2 500 bénéficiaires, et quelque 3 000 autres cherchent à s'y inscrire
  • Si plus de 6 000 réfugiés en Grèce ont suivi les cours de six mois d'Helios, des dizaines de milliers de demandeurs d'asile n'y ont pas droit

RENTIS : Penché sur un tréteau avec une dizaine d'autres élèves, Fazle Rabbi, un demandeur d'asile bangladais, apprend à fabriquer un câble réseau, espérant ainsi améliorer ses chances de trouver un travail en Grèce.

"Si j'ai des bonnes notes dans cette école, je pense que j'obtiendrai (un emploi) en tant que technicien en informatique", déclare ce jeune de 18 ans, une pince à la main.

Fazle Rabbi fait partie des dizaines de personnes vulnérables qui suivent des formations professionnelles dispensées par l'organisation à but non lucratif Odyssea.

Dans une salle de classe à l'étage, un autre groupe apprend à utiliser le logiciel d'une machine sculptant le bois.

Dans la zone industrielle de Rentis près du Pirée, Odyssea a déjà aidé 2 500 bénéficiaires, et quelque 3 000 autres cherchent à s'y inscrire.

Odyssea se concentre sur "les personnes qui estiment ne pas avoir les mêmes chances de s'intégrer dans la société, qui se sentent discriminées", explique Thodoris Kostoulas, ingénieur en mécanique et responsable de programme au sein de l'ONG.

Fondée en 2016 - peu de temps après l'arrivée en Europe de plus d'un million de réfugiés - l'organisation nommée d'après l'épopée d'Homère aide ces exilés à trouver un emploi dans la Grèce d'après la crise, où le chômage est toujours à 13%, 28% pour les moins de 25 ans.

Elle aide les migrants qui ne sont pas éligibles aux programmes d'intégration supervisés par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« Pas du tout facile »

Yannick Carlos Wafo, un Camerounais de 27 ans, n'a pas obtenu le statut de réfugié et n'a donc pas été admis au programme de soutien de l'OIM, Helios.

"L'intégration en Grèce n'est pas du tout facile", explique Wafo, qui a finalement suivi un cours d'électricien à Odyssea et est actuellement employé comme plombier.

Si plus de 6 000 réfugiés en Grèce ont suivi les cours de six mois d'Helios, des dizaines de milliers de demandeurs d'asile n'y ont pas droit.

Stella Nanou, porte-parole du Haut-Commissariat pour les Réfugiés en Grèce (HCR), soutient qu'Helios peut "combler des lacunes cruciales" pour les réfugiés. "Cependant, les besoins sont grands et des programmes ou des projets spécifiques d'intégration doivent être complétés par une stratégie nationale globale plus large", dit-elle à l'AFP.

Des restes de canots

Une initiative similaire à Odyssea est menée par ANKAA, ONG grecque créée en 2017 et enregistrée au Luxembourg.

Dans ses locaux du quartier populaire Kypseli, le groupe a aidé jusqu'à présent un millier de migrants, constate la responsable de projet, Dora Bakatselou.

"Nous sommes une organisation qui répond aux vrais besoins", dit-elle en estimant que "l'Etat grec a du mal à mettre en place des programmes d'intégration".

ANKAA possède également une boutique en ligne vendant des masques contre le coronavirus en coton biologique, des sacs à dos, des pochettes et d'autres articles fabriqués à partir des restes de canots pneumatiques ayant servi aux migrants pour arriver jusqu'à Chios et Lesbos.

En plus des formations et de l'aide à la recherche d'emploi, l'ONG propose des cours d'anglais et de grec, et met à disposition une bibliothèque.

A Odyssea, des cours de cuisine en ligne et de barman sont également proposés, tandis que d'autres équipements sur place permettent de se former à l'impression 3D ou à la plomberie.

De nombreux candidats cherchent du travail dans les réseaux sociaux, l'informatique et le secteur hôtelier.

"Plus de 70% de nos bénéficiaires conservent leur emploi", note Jai Mexis, fondateur et PDG d'Odyssea, assis parmi des meubles en bois sculptés. "Et en plus, ils évoluent au sein des entreprises", ajoute-t-il.

"Chaque employeur sait qu'il y a certains emplois que les Grecs ne feront pas... Ils doivent donc trouver des alternatives, et nous sommes l'un des meilleurs choix pour eux", renchérit Thodoris Kostoulas.

D'après un sondage réalisé par l'institut Focus Bari et l'ONG HumanRights360, près de 62% des entreprises qui embauchent des migrants disent avoir fait ce choix en raison du manque de main d'oeuvre grecque.

"Il y a de la place pour l'intégration professionnelle des migrants et des réfugiés sur le marché du travail grec, car ils ne sont pas, en grande partie, en concurrence sur les mêmes emplois que la population grecque", commente Thodoris Bogeas en charge de l'intégration pour HumanRights360.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.