Rap : la vertigineuse ascension de Ninho

Le musicien français Ninho pose lors d'une séance photo à Paris le 18 novembre 2021. JOEL SAGET / AFP
Le musicien français Ninho pose lors d'une séance photo à Paris le 18 novembre 2021. JOEL SAGET / AFP
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Publié le Dimanche 28 novembre 2021

Rap : la vertigineuse ascension de Ninho

  • «Jefe» («chef» en espagnol), le troisième album de Ninho qui sort le 3 décembre, est une invitation à un voyage
  • Dans des titres comme «RER D» ou «Vérité», il parle de sa vie dans un grand ensemble en banlieue parisienne, et «loue le charme du ghetto»

PARIS : A tout juste 25 ans, Ninho s'est imposé comme un pilier du rap français, aux côtés de Jul et PNL. Une ascension vertigineuse pour cet artiste réservé, qui cultive le mystère, mais est bien décidé à rester le leader incontesté de cette scène, comme il le raconte dans son nouvel opus.

"Jefe" ("chef" en espagnol), son troisième album qui sort le 3 décembre, est une invitation à un voyage. Un voyage pour tenter de percer la "success story" de cette météorite du rap, totalement inconnue il y a cinq ans.

"On ne connaît pas la vie d'un gars qui arrive en haut, qui arrive à concrétiser son plan. On ne connaît pas le début, la base, les fondations. On regarde souvent la maison mais jamais les fondations", dit-il dans un entretien à l'AFP.

Les fondations, ce sont ces années de galère avant de percer ou sa vie dans un grand ensemble en banlieue parisienne, qu'il raconte dans des titres comme "RER D" ou "Vérité" et où il loue "le charme du ghetto".

Pas seulement l'histoire d'un transfuge, "Jefe" - 15 titres dont aucune collaboration - est aussi un manifeste. Celui d'un jeune homme qui a commencé le rap à 12 ans "par passion" et qui est aujourd'hui l'une des ses plus grosses têtes d'affiche.

- Discret et mystérieux -

Pour autant, "N.I" assure tenter de "garder la tête froide et la tête sur les épaules". "La célébrité tout ça, c'est pas important. Pour moi, le plus important c'est de continuer de créer".

Créer et se tenir à l'écart du "clash", si courant dans le monde du rap. Avec son visage poupin, sa voix claire, et sa timidité qu'il peine à dissimuler, le rappeur, très discret dans les médias, n'a eu de cesse de cultiver le mystère.

Sur la forme, "Jefe" reprend les codes des ses précédents opus: savant mélange entre des titres rocailleux et purement rappés et d'autres plus dansants et chantés, comme "Aicha", clin d’œil à la chanson de Khaled, chanteur de raï algérien.

Rumba, tonalités proches du raï ou de la pop ... Ces mélanges, alors peu présents dans le rap il y a quelques années, lui ont permis de s'imposer sur une scène hyper concurrentielle. Et de rafler au passage un public féminin, jusque là délaissé par ce milieu.

Né à Longjumeau (Essonne, sud de Paris) de parents originaires du Congo Kinshasa, William Nzobazola, de son vrai nom, a la musique dans les veines: son père Serge Kiambukuta est un chanteur de rumba congolaise.

- 2 milliards de vues -

Mais voila, William, lui, ne s'intéresse qu'au rap, qu'il pratique à l'insu de ses parents. Progressivement, William va laisser place à Ninho, surnom que "les grands de la cité donnaient aux petits, les +niños+" (enfants), explique-t-il.

En 2014 sort sa première mixtape (compilations de chansons, ndlr) : "Ils sont pas au courant", référence à peine voilée à ses parents. Mais les premières années sont difficiles et le succès se fait attendre. "C'était compliqué au début mais formateur parce que j'ai appris à travailler vite, écrire vite, enregistrer et mixer vite", dit-il.

Le succès arrive en 2016 avec sa mixtape "M.I.L.S" ("Maintenant ils le savent", ndlr). Un an plus tard, son premier album "Comme prévu", fait de lui une star du rap.

L'année 2018 est une année faste. Il enchaîne les collaborations avec des poids lourds du rap tels que Rim'K ou SCH. Tous s'arrachent le "bambino", promis à un avenir éclatant.

Prolifique, il sort en 2019 "Destin", qui fait de lui l'artiste français le plus écouté sur les plateformes de streaming devant le Marseillais Jul ou les deux frères de PNL. En juillet dernier, sa chaîne Youtube dépasse la barre des deux milliards de vue.

"Jefe" pourra-t-il faire mieux que "Destin" ? "On verra", répond l'artiste. "Si ça marche tant mieux, si ça marche pas, tant pis, on proposera un autre projet". En attendant la réponse des charts, une tournée dans toute la France est déjà prévue pour 2022. Le "niño" du rap a bien grandi.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".