Le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour candidat à la présidentielle

Eric Zemmour prononce un discours pour annoncer sa candidature à l'élection présidentielle de 2022 dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le 30 novembre 2021 à Paris. (Photo, AFP)
Eric Zemmour prononce un discours pour annoncer sa candidature à l'élection présidentielle de 2022 dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le 30 novembre 2021 à Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 30 novembre 2021

Le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour candidat à la présidentielle

  • «J'ai décidé de me présenter à l'élection présidentielle», a-t-il annoncé, installé devant une bibliothèque, assis derrière un micro d'époque, mimant le parallèle avec l'appel du général de Gaulle du 18 juin 1940
  • Le polémiste de 63 ans a renvoyé dos-à-dos les «bien-pensants», les «élites», les «journalistes», les «islamo-gauchistes» et les tenants de «la théorie du genre»

PARIS : Le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour a officialisé mardi sa candidature à l'élection présidentielle dans une vidéo au ton dramatique, à l'issue d'une précampagne agitée et de premiers ressacs dans les sondages.

"J'ai décidé de me présenter à l'élection présidentielle", a-t-il annoncé, installé devant une bibliothèque, assis derrière un micro d'époque, mimant le parallèle avec l'appel du général de Gaulle du 18 juin 1940.

Sur le 2e mouvement de la 7e symphonie de Beethoven, dans une vidéo entrecoupée d'images de violences en France ou d'archives historiques, l'ancien éditorialiste de CNEWS et du Figaro explique s'adresser aux Français qui "se sentent étrangers" dans leur "propre pays", "pour que nos filles ne soient pas voilées et que nos fils ne soient pas soumis".

Le polémiste de 63 ans a renvoyé dos-à-dos les "bien-pensants", les "élites", les "journalistes", les "islamo-gauchistes" et les tenants de "la théorie du genre". 

Après cette annonce tournée il y a deux semaines et qui doit être suivie d'une interview au 20H de TF1 -cette fois en direct-, il va tenir son premier meeting de campagne dimanche après-midi au Zénith de Paris. La CGT, Solidaires et des militants antifascistes ont déjà promis une manifestation pour faire "taire Zemmour", à 13h dans la capitale.

Eric Zemmour "nous a vendu qu'il était le Trump français. C'est un Trump commandé sur Wish, cette plateforme de contrefaçons qui vend des trucs qui ne fonctionnent pas, qui sont faux", a cinglé mardi sur Europe 1 Gabriel Attal.

Le porte-parole du gouvernement a dit se "poser des questions sur sa capacité à représenter notre pays" après la visite chahutée du polémiste à Marseille samedi qui s'est terminée par un échange de doigts d'honneur avec une passante. Un geste "fort inélégant", avait convenu Eric Zemmour le lendemain.

Quelques propositions du candidat Zemmour

Suppression du droit du sol, port d'un prénom "français", baisse des impôts de production, lancement de 14 nouveaux EPR, retraite à 64 ans, retour de l'uniforme à l'école ou encore sortie du commandement intégré de l'Otan: voici de premières propositions d'Éric Zemmour, candidat d'extrême droite à la présidentielle, distillées pendant sa pré-campagne.

Immigration

  • Référendum sur l'immigration
  • Suppression du droit du sol
  • Suppression du droit au regroupement familial
  • Expulsion des étrangers purgeant une peine de prison
  • "Forcer" les pays d'origine à les "reprendre". En cas de refus de ces pays: suppression des aides au développement et des visas
  • Déchéance de la nationalité des binationaux auteurs de crimes ou plusieurs délits successifs 
  • Interdiction de porter un premier prénom d'origine étrangère
  • Fin de l'automaticité du renouvellement des titres de séjours (notamment pour les chômeurs et les parents d'enfants délinquants)
  • Fin de la régularisation des clandestins 
  • Suspension de l'espace Schengen et création de garde-frontières à statut militaire pour "contrôler nos frontières nationales"

Protection sociale

  • Suppression des allocutions non contributives (RSA, APL, allocations familiales) aux étrangers qui ne paient pas d'impôt, même s'ils sont en situation régulière
  • Restreindre l'Aide médicale d'État (AME) aux soins urgents uniqueme

Economie

  • Baisse des impôts de production 
  • Progressivité plus importante de l'impôt sur les sociétés
  • Création d'un haut commissariat à la simplification administrative, directement rattaché au président de la République
  • Suppression des droits de succession sur les transmissions des entreprises familiales
  • Augmentation de l'âge de départ à la retraite à 64 ans
  • Favoriser les entreprises françaises dans la commande publique
  • Environ 3% du PIB alloué à la recherche et au développement à horizon 2027
  • Pas de rétablissement de l'ISF et exonération de la résidence principale dans le calcul de l'IFI
  • Pas d'augmentation du Smic
  • Programme de construction de 14 nouveaux EPR à horizon 2050

 

«Brutalité»

Stanislas Rigault, qui anime "Génération Z", le mouvement de jeunesse du candidat, a reconnu sur BFMTV un moment "compliqué" à Marseille mais "ne pense pas que la dynamique va s'essouffler, on a un Zénith qui sera rempli". 

Condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, Eric Zemmour se déclare au moment où les sondages se tassent autour de 14 à 15% d'intentions de vote au premier tour, derrière le président sortant Emmanuel Macron (25%) et la candidate du RN Marine Le Pen (entre 19 et 20%). 

Et dans une période agitée pour son camp, où certains critiquent un déficit d'organisation ou l'omniprésence de sa conseillère Sarah Knafo.

En se déclarant mardi, il parasite le processus d'investiture en cours chez les LR qui départagent de mercredi à samedi leurs cinq prétendants, après un dernier débat mardi soir, et l'entrée au Panthéon de Joséphine Baker.

Il embarrasse également sa rivale d'extrême droite Marine Le Pen (RN), qui a déploré mardi sur Sud Radio qu'il "disperse des voix utiles au redressement du pays". "Il n'apporte rien", a-t-elle dit, en critiquant notamment la "brutalité" de ses mesures sur l'immigration ou sa vision des femmes. 

Pour Sébastien Chenu (RN), sur BFMTV, "cette annonce est faite pour essayer de colmater les brèches, au moment où il enclenche une descente de son propre fait".  

 

Quelques propositions du candidat Zemmour

Commerce

  • Blocage des accords de libre-échange signés par l'UE
  • "Patri-score" pour signaler les "produits plus ou moins français" 
  • Oeuvrer à la mise en place d'une taxe carbone aux frontières européennes 

 Défense, diplomatie

  • Sortie du commandement intégré de l'Otan
  • Augmentation "massive" du budget de l'armée 
  • "Indépendance vis-à-vis des Etats-Unis" (lutter contre l'extra-territorialité du droit américain), "tout en étant méfiant avec la Chine" pour être "une puissance d’équilibre"
  • Levée des sanctions contre la Russie

Education

  • Retour de l'uniforme à l'école
  • Rétablissement des classes de niveaux
  • Interdiction de l'écriture inclusive
  • Suppression du collège unique avec mise en place en parallèle de la filière générale, de filières professionnelles en alternance dès 14 ans
  • Suppression des allocations familiales aux parents qui ne "sanctionnent pas leur enfant" perturbateur

Sécurité routière

  • Suppression du permis à point
  • Retour de la limitation de vitesse à 90km/h sur les routes nationales

Droit

  •  "Modifier" l'Etat de droit
  • Réforme constitutionnelle pour que le droit national (les lois votées après les Traités européens) prime sur le droit européen  
  • "S'affranchir" de la Cour européenne des droits de l'homme

Financement

Les partisans de Zemmour se targuent d'avoir déjà pesé sur les thématiques de la campagne, particulièrement sur la lutte contre l'immigration, le sujet numéro 1 du polémiste, associé à ses critiques de l'islam, une "civilisation" qu'il juge "incompatible avec les principes de la France".

Adepte de la théorie complotiste du "grand remplacement" de la population européenne par des immigrés non européens, sa mesure la plus controversée vise à interdire de porter un premier prénom d'origine étrangère.

Les polémiques se sont multipliées durant sa pré-campagne. Notamment quand Eric Zemmour a pointé un fusil vers des journalistes durant la visite d'un salon sur la sécurité ou s'est rendu devant le Bataclan, le jour de commémoration des attentats du 13-Novembre, pour accuser l'ancien président François Hollande de n'avoir "pas protégé les Français". 

Ou quand il affirme, contre l'avis des historiens, que Pétain aurait "sauvé des juifs de France" pendant la Seconde Guerre mondiale.

Jusque dans la couverture de son dernier ouvrage, "La France n'a pas dit son dernier mot", Eric Zemmour fait de l'ancien président américain Donald Trump une source d'inspiration, même s'il ne bénéficie pas du soutien d'un grand parti.

La constitution d'un réseau sur le terrain sera d'ailleurs l'un de ses nombreux défis, ne serait-ce que pour obtenir les 500 parrainages d'élus nécessaires à une candidature à la présidentielle. Son camp assure s'appuyer sur 250 à 300 promesses de parrainages.

Il lui faudra aussi récolter des dons pour sa campagne, alors qu'il a déjà perdu le soutien du financier Charles Gave, qui lui a prêté 300.000 euros.

Le polémiste est en outre accusé d'agressions sexuelles selon plusieurs témoignages de femmes recueillis par Mediapart. Mais aucune plainte n'a été annoncée contre lui.

 

"On n'est pas couché", le "laboratoire" d'où Zemmour se serait échappé

 

 

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"J'ai eu Zemmour dans mon laboratoire presque cinq ans et j'ai l'impression de l'avoir laissé échapper" a déclaré Laurent Ruquier en octobre. (Photo, AFP)

"On n'est pas couché" a-t-il été un tremplin pour Eric Zemmour ? Laurent Ruquier, qui a accueilli le polémiste d'extrême droite cinq ans dans son émission télévisée, s'en inquiète, mais la réalité est plus complexe, nuance un expert.

Début octobre, Laurent Ruquier, animateur aux convictions assumées à gauche, fait son mea culpa sur France 2: "J'ai eu Zemmour dans mon laboratoire presque cinq ans et j'ai l'impression de l'avoir laissé échapper".

Entre 2006 et 2011, dans le talk show du samedi soir de France 2, sur le service public, Eric Zemmour affiche un ton provocateur, une parole résolument de droite, aux côtés d'un homme de gauche, Michel Polac, puis Eric Naulleau.

Le succès est au rendez-vous: 1 636 000 personnes regardent en moyenne la première saison de l'émission produite par Catherine Barma (2006-2007), soit 26,8% de part d'audience. Un pourcentage qui se tassera légèrement ensuite: 24,1%, 22,3%, 22,8% et 22,6% pour la dernière saison du polémiste.

"Quand Ruquier le recrute, on est dans un contexte très particulier après le référendum européen de 2005, où le +non+ l'avait emporté en France", explique à l'AFP Alexis Lévrier, historien du journalisme. "Or la voix du +non+, le souverainisme, n'existait quasiment pas dans les médias. Zemmour était l'une des seules figures médiatiques à porter ce combat-là".

Dans son livre "La France n'a pas dit son dernier mot" paru en septembre", M. Zemmour écrit: "Je tenais un discours aux antipodes de ceux qu'avaient ressassés depuis des années les grands éditorialistes que j'avais écoutés et observés dès mon adolescence", "je défendais la patrie, l'ordre, le mérite, la hiérarchie, l'excellence, l'assimilation". 

Le polémiste ne disposait pas pour autant d'une tribune ouverte, comme plus tard sur CNews: ses propos étaient contrebalancés par ceux d'un chroniqueur de gauche. Laurent Ruquier n'hésitait pas à le recadrer.

Eric Zemmour s'en "prenait aux invités, des auteurs et des autrices, essentiellement quand il estimait qu'ils n'avaient pas de talent" et "sa misogynie y transparaissait", estime Alexis Lévrier. 

Comme le veut son rôle de chroniqueur cinglant, Eric Zemmour, avec Eric Naulleau, malmène copieusement les invités: il qualifie en 2009 Francis Lalanne de "chanteur un peu bébête" et dit en 2011 à l'actrice et chanteuse Claire Keim, à propos de son nouvel album, "avoir l'impression d'avoir entendu ça un million de fois depuis mes 15 ans". 

Après sa condamnation en février 2011 pour provocation à la haine raciale pour des propos tenus en mars 2010 sur "les Noirs et les Arabes" sur France ô, ses employeurs, dont France 2, ne le sanctionnent pas, jugeant que les regrets qu'il exprime sont suffisants.

Mais trois mois plus tard, Laurent Ruquier décide de renouveler l'équipe des chroniqueurs: il annonce le remplacement du duo par les journalistes Audrey Pulvar et Natacha Polony, disant "vouloir apporter un souffle nouveau". 


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.