Un adversaire de Merkel prend la tête d'une CDU en crise

Le nouveau président élu du Parti chrétien-démocrate allemand (CDU), Friedrich Merz, lors de l'enregistrement d'une interview télévisée à Berlin, en Allemagne, le 17 décembre 2021. (Michael Sohn / Pool / AFP)
Le nouveau président élu du Parti chrétien-démocrate allemand (CDU), Friedrich Merz, lors de l'enregistrement d'une interview télévisée à Berlin, en Allemagne, le 17 décembre 2021. (Michael Sohn / Pool / AFP)
Short Url
Publié le Samedi 18 décembre 2021

Un adversaire de Merkel prend la tête d'une CDU en crise

  • Ce député de 66 ans s'est adjugé 62,1% des suffrages des membres de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) face aux deux autres candidats
  • Tenant d'un retour à une ligne conservatrice traditionnelle, après les années de centrisme d'Angela Merkel, il va devoir redresser un parti en crise profonde

BERLIN : Friedrich Merz attendait son heure depuis deux décennies. Désigné vendredi pour prendre la tête des conservateurs allemands de la CDU, il tient sa revanche sur sa grande rivale Angela Merkel mais il va devoir redresser un parti laminé par son échec cuisant aux législatives.

Ce député de 66 ans s'est adjugé 62,1% des suffrages des membres de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) face aux deux autres candidats, un proche de Mme Merkel, Helge Braun (12,1%), et Norbert Röttgen (25,8%).

Tenant d'un retour à une ligne conservatrice traditionnelle, après les années de centrisme d'Angela Merkel, il va devoir redresser un parti en crise profonde depuis son échec retentissant aux élections législatives du 26 septembre où il a essuyé le plus faible score de son histoire (18,9%).

Après 16 ans à diriger l'Allemagne, la CDU a entamé une cure d'opposition pour les quatre prochaines années face au gouvernement formé par les sociaux-démocrates, les écologistes et le parti libéral.

Cette piètre performance électorale a d'ailleurs poussé le dirigeant sortant et candidat malheureux à la chancellerie Armin Laschet à remettre son mandat en jeu, moins d'un an après avoir pris la tête de la CDU.

A peine désigné, Friedrich Merz a d'ailleurs reconnu que la CDU était dans un "état d'urgence" depuis trois ans. "Il ne faut pas que cela se renouvelle", a-t-il ajouté.

Appelés pour la première fois à élire directement leur dirigeant, près de 250.000 membres de la CDU --sur un total de 400.000 -- ont participé à ce vote. L'élection proprement dite de Friedrich Merz n'aura lieu que les 21 et 22 janvier lors d'un congrès.

 

Sans avoir attaqué frontalement l'ex-chancelière, Friedrich Merz ne fait pas mystère de sa volonté de rompre avec les années Merkel dont l'ombre planera encore longtemps sur la CDU.

- «Livres d'Histoire» -

"La CDU doit, qu'elle le veuille ou pas, sortir de l'ombre d'Angela Merkel", affirmait-il en début d'année dans le Spiegel, reléguant les "mérites" de la dirigeante "aux livres d'Histoire".

Son inimité avec la dirigeante remonte au début des années 2000 quand la CDU réglait l'héritage encombrant laissé par Helmut Kohl.  

En 2002, installée à la présidence de la CDU, Angela Merkel s'arroge le poste stratégique de la présidence du groupe parlementaire que Friedrich Merz occupait depuis deux ans. Et le renvoie au rang humiliant de feudataire.

En 2009, il se retire complètement de la vie politique mais ne lui pardonnera jamais.

Il se reconvertit alors dans la finance. Avocat au sein d'un grand cabinet d'affaires à Düsseldorf, il accumule les millions et les postes d'influence dans de grandes entreprises allemandes.

Propriétaire de deux avions --dont un qu'il pilote lui-même-- il renonce l'an dernier à ses fonctions au sein de Blackrock, l'un des plus gros gestionnaires d'actifs au monde, à la réputation sulfureuse.

- «Millionnaire» -

Il essuie les sarcasmes quand, tout en admettant être "millionnaire", il se définit comme appartenant "à la classe moyenne élevée".

Coup de théâtre en 2018. Affaiblie, Angela Merkel annonce son retrait de la tête de la CDU. Moins de 24 heures plus tard, à la surprise générale, Friedrich Merz annonce son intention de lui succéder.

Il échoue finalement face à Annegret Kramp-Karrenbauer mais quand la "dauphine" de Mme Merkel jette prématurément l'éponge en février 2020, Merz se lance à nouveau dans la bataille. Qu'il perd encore une fois, cette fois-ci face à Armin Laschet, pourtant peu populaire dans le parti.

Depuis, il s'emploie à gommer son image d'homme du passé animé uniquement par une soif de revanche.

Ancien élu au Parlement de Bruxelles et Strasbourg (1989-1994), il se présente de longue date comme un Européen convaincu, adepte des propositions de réforme de l'UE d'Emmanuel Macron. 

Sur le plan économique, ses positions sont jugées libérales, même s'il a rejeté par le passé l'étiquette de néolibéralisme qu'on lui attribue.

Friedrich Merz entend aussi faire revenir dans le giron de la CDU les électeurs partis à l'extrême-droite. Il est d'ailleurs un contempteur de la politique d'ouverture des frontières aux migrants en 2015.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.