Avec les dialectes hijazi et najdi, Alexa d’Amazon devient hyperlocale en Arabie saoudite

Le système peut obtenir les scores de football et mettre à jour les heures de prière, ou encore éteindre vos lumières à la maison. Il compte plus de 100 000 fonctionnalités. (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 22 décembre 2021

Avec les dialectes hijazi et najdi, Alexa d’Amazon devient hyperlocale en Arabie saoudite

  • Alexa connaît des poèmes, des énigmes et des proverbes saoudiens et elle en apprend toujours plus
  • Amazon est de plus en plus actif dans la région MENA depuis mars 2017, lorsqu’il a acquis la principale plate-forme régionale de commerce électronique Souq.com

RIYAD: Selon Amazon, les nouvelles versions en dialecte saoudien de ses enceintes intelligentes Alexa et Echo vont au-delà du local: elles sont hyperlocales.

L’enceinte, qui se synchronise avec l’assistant virtuel Alexa du géant du commerce électronique, communique désormais non seulement en arabe saoudien générique, mais aussi dans le dialecte hijazi de Djeddah, le dialecte najdi de Riyad et le dialecte khaliji de Dammam et du Golfe oriental.

Le produit a commencé à être commercialisé le 14 décembre.

«Cela va au-delà de la localisation», déclare à Arab News Raf Fatani, directeur général régional des appareils et services d’Amazon. «Il s’agit plutôt d’hyperlocalisation.»

Il a fallu deux ans à Amazon pour réaliser cette adaptation, une tâche qui se poursuivra à mesure que le produit sera perfectionné.

«Nous avons plus d’une centaine d’équipes à travers le monde qui se consacrent à ce projet. Elles ont travaillé sur tout, du produit physique à l’emballage, en passant par la mise en conformité», précise Fatani.

«Amazon a accès à des linguistes de classe mondiale, à des innovateurs en intelligence artificielle, à des ingénieurs distingués et à des architectes de contenu local.»

L’arabe vient s’ajouter à la liste de huit langues qu’Alexa comprend: anglais, français, portugais, hindi, allemand, italien, espagnol et japonais.

Une grande partie de ce dernier développement de services linguistiques a été réalisée en Arabie saoudite.

«On ne peut pas construire un produit local à partir de Tombouctou», ajoute Fatani. «Il faut être proche du client pour bien comprendre les nuances culturelles.»

 

Fonctionnalités clés

Le département des services vocaux Alexa d’Amazon dispose d’une équipe basée à Riyad qui aide les entreprises tierces à fournir aux utilisateurs d’Echo un accès facile à des chaînes comme MBC et Fatafeat, à des services de streaming musical comme Anghami, ou à des événements comme Riyadh Season.

Le système peut obtenir les scores de football et mettre à jour les heures de prière, ou encore éteindre vos lumières à la maison. Il compte plus de 100 000 fonctionnalités.

«Nos architectes de solutions collaborent avec les fournisseurs de services locaux pour développer les compétences d’Alexa dans les dialectes saoudiens», mentionne Fatani.

Amazon rivalise avec Nest de Google et Siri d’Apple sur le marché mondial des enceintes intelligentes.

 

Echo

L’enceinte Echo est sortie en 2014 et la société a expédié 100 millions d’unités dans le monde jusqu’en 2019. Mais ce chiffre est passé à plus de 50 millions de ventes en 2020, selon le cabinet d’études de marché Business of Apps, coïncidant avec les mesures de confinement causées par la pandémie de Covid-19.

À la fin du deuxième trimestre de l’année dernière, Amazon détenait 42% du marché des enceintes intelligentes, contre 37% pour Google et 21% pour Apple, selon la société de recherche technologique Omdia.

Lorsque Fatani et son équipe ont mis au point la version saoudienne d’Echo et d’Alexa, la question suivante lui a souvent été posée: «Pour qui développez-vous ce produit ?»

«Pour ma mère, qui ne parle pas très bien anglais, qui est âgée et qui n’est pas très calée en technologie. Si nous créons quelque chose de facile pour elle, alors ce sera accessible à tous», répondait-il.

La société a expliqué qu’au fur et à mesure que les clients utiliseront la version locale d’Alexa, qui porte le nom de l’ancienne bibliothèque égyptienne d’Alexandrie, l’appareil basé sur l’IA approfondira sa connaissance des cultures et des normes saoudiennes.

«Vous pouvez avoir une conversation et vous ne savez pas vraiment à quelle réponse vous attendre. La personnalité d’Alexa continue de me surprendre. Elle connaît des poèmes, des énigmes et des proverbes saoudiens et elle en apprend toujours plus», affirme Fatani.

Les enceintes intelligentes ont fait les gros titres en 2019 lorsqu’il a été révélé que les géants de la technologie qui les fabriquent utilisent des ordinateurs ainsi que des milliers de personnes dans le monde pour écouter les conversations que les clients ont avec leurs appareils. Cela permet d’ajouter à la compréhension de l’ordinateur du langage conversationnel.

Cette révélation a suscité des inquiétudes quant au respect de la vie privée, les entreprises technologiques ayant dû fournir aux clients des informations sur la manière de désactiver les micros de leurs enceintes.

Fatani note que les questions de confidentialité autour des produits restent une préoccupation majeure chez Amazon.

«Lorsque vous désactivez le micro d’Echo, vous coupez en fait l’alimentation électrique de l’appareil», ajoute-t-il.

«Il ne peut donc littéralement pas fonctionner. Echo a été conçu en tenant compte du respect de la vie privée; il ne s’agit pas d’une fonction supplémentaire. Comme pour les humains, la confiance dans la technologie est difficile à gagner et facile à perdre. Si nous n’accordons pas la plus grande importance à la vie privée des utilisateurs, nous n’aurons pas de clients.»

 

Le commerce électronique saoudien

Fatani a convaincu la direction générale d’Amazon de se concentrer sur l’Arabie saoudite en soulignant qu’il y avait des milliers d’utilisateurs d’Echo dans le Royaume avant même que l’appareil ne soit disponible en arabe.

Il aurait également souligné que le secteur du commerce électronique en pleine croissance en Arabie saoudite valait plus de 7 milliards de dollars (1 dollar = 0,86 euro) en 2020, selon la société d’analyse de marché ecommerceDB.

Cependant, Amazon est de plus en plus actif dans la région MENA depuis mars 2017, lorsqu’il a acquis la principale plate-forme régionale de commerce électronique Souq.com dans le cadre d’une transaction d’une valeur de 580 millions de dollars.

Fatani estime que les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à créer une «économie intelligente» fondée sur la connaissance, incitent encore plus Amazon à se concentrer sur le Royaume.

«Le pays dispose d’une connexion Internet forte et stable, qui est la plus rapide au monde, d’un taux de pénétration élevé de la téléphonie mobile et d’une population jeune», indique Fatani.

«C’était donc une évidence. Pourquoi l’Arabie Saoudite? Plutôt, pourquoi pas l’Arabie Saoudite? C'est le bon endroit et le bon moment pour être ici.»

Que réserve l’avenir pour Echo et Alexa en Arabie Saoudite et dans le monde entier?

«L’avenir de la technologie de commande vocale ne sera probablement pas centré sur l’appareil lui-même», poursuit Fatani.

«Il s’agira davantage de l’IA derrière l’appareil, qui se fondra simplement dans le décor et vous aidera dans vos activités quotidiennes afin que vous gériez mieux votre temps et passiez plus de temps avec vos proches, sans avoir à vous soucier d’un équipement.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".