Ashli Babbitt, fanatique ultra-conservatrice ou martyre du Capitole?

cette photo d'archives prise le 25 juillet 2021, un manifestant de droite tient une pancarte à propos d'Ashli ​​Babbitt alors qu'il participait à un rassemblement politique à New York. (Photo, AFP)
cette photo d'archives prise le 25 juillet 2021, un manifestant de droite tient une pancarte à propos d'Ashli ​​Babbitt alors qu'il participait à un rassemblement politique à New York. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 03 janvier 2022

Ashli Babbitt, fanatique ultra-conservatrice ou martyre du Capitole?

  • "La moitié du pays l'aime et l'autre moitié la déteste", a résumé sa propre mère
  • Ashli Babbitt se trouvait au premier rang de la foule en colère qui se pressait ce jour-là aux portes de l'hémicycle où des élus s'étaient barricadés, protégés par une poignée de policiers

LOS ANGELES : Militante extrémiste et conspirationniste pour les uns, martyre patriote pour les autres: Ashli Babbitt, abattue par un policier lors de l'invasion du Capitole le 6 janvier 2021, symbolise à elle seule la profonde ligne de fracture politique qui divise les Etats-Unis. 

"La moitié du pays l'aime et l'autre moitié la déteste", a résumé sa propre mère.

Pour de nombreux experts, le parcours de cette ancienne combattante, morte avec autour du cou un drapeau à l'effigie de Donald Trump mais qui avait par le passé voté pour Barack Obama, illustre en outre la radicalisation de nombreux partisans du milliardaire conservateur ces dernières années.

Le 6 janvier 2021, des milliers de fans de M. Trump, encore président en exercice, s'étaient rassemblés aux abords de la Maison Blanche pour écouter leur idole.

Puis plusieurs centaines d'entre eux, hurlant comme ce dernier à la fraude lors de la présidentielle de novembre, avaient forcé l'entrée du Capitole pendant que les parlementaires certifiaient la victoire du démocrate Joe Biden.

Ashli Babbitt se trouvait au premier rang de la foule en colère qui se pressait ce jour-là aux portes de l'hémicycle où des élus s'étaient barricadés, protégés par une poignée de policiers. 

Sur des images filmées par un des intrus avec son téléphone, on peut voir cette femme de 35 ans tenter de passer par une vitre brisée dans la porte. "Allez! Allez!", encourage-t-elle ceux qui la hissent avant de passer la tête dans l'ouverture. C'est à ce moment précis qu'un policier chargé de la sécurité du Capitole ouvrira le feu, la touchant mortellement à l'épaule.

Les médias américains n'ont eu de cesse depuis lors de chercher à comprendre comment Ashli Babbit, engagée dans l'armée de l'air à l'âge de 17 ans pour défendre son pays, a pu en arriver à prendre d'assaut ce haut lieu de la démocratie américaine.

Casquette rouge et QAnon

Mme Babbitt est née en 1985 dans une famille modeste du sud de la Californie, dans la banlieue de San Diego, où l'on ne se mêlait pas spécialement de politique selon l'un de ses quatre frères cadets, Roger Witthoeft.

Elle était retournée s'établir près de sa ville natale, non loin de la frontière mexicaine, après avoir définitivement quitté les rangs de l'armée en 2016. Elle avait repris avec son époux une petite société spécialisée dans l'entretien des piscines, qui connaissait des difficultés financières.

Ashli Babbitt avait voté pour Barack Obama mais ses vues politiques avaient pris récemment une tout autre tournure, comme en témoignait la pancarte fixée sur la porte de son entreprise.

En pleine épidémie de Covid-19, on pouvait y lire: "zone autonome sans masque, mieux connue sous le nom d'Amérique", un rejet du masque caractéristique des partisans de Donald Trump, traditionnellement rétifs à toute ingérence des autorités dans leur vie privée.

En 2018, dans des vidéos qu'elle diffusait sur les réseaux sociaux, Ashli Babbitt enrageait littéralement contre les sans-abris et les migrants sans-papiers, fustigeant les élus démocrates qui "refusent d'admettre qu'on a besoin d'un mur" à la frontière mexicaine.

Pour son frère Roger, Ashli était juste "une Californienne normale". "Ce qui l'énervait, ce sont les choses qui nous énervent tous", a-t-il dit à la presse.

Groupie de Trump, la jeune femme ne se contentait plus durant les derniers mois de sa vie d'arborer l'emblématique casquette rouge "Make America Great Again" et d'assister à des meetings. Sur Twitter, où elle se présentait comme "libertarienne", elle relayait aussi frénétiquement des théories conspirationnistes diffusées par le mouvement QAnon, dénonçant par exemple des élites démocrates prétendument pédophiles et satanistes.

La veille de l'invasion du Capitole, Ashli Babbitt avait écrit: "Rien ne nous arrêtera (...) la tempête est là et elle descend sur (Washington) DC dans moins de 24 heures... Des ténèbres vers la lumière!" Cette image est couramment utilisée par les adeptes de QANon pour désigner la lutte du bien contre le mal.

Il n'en fallait pas plus pour qu'Ashli Babbitt soit qualifiée par certains ultra-conservateurs de "combattante de la liberté" tombée au champ d'honneur, une tentative d'en faire une sorte de Jeanne d'Arc du 6 janvier.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.