Etats-Unis: 13 morts, dont sept enfants, dans l'incendie d'un immeuble à Philadelphie

Les pompiers et la police travaillent sur les lieux d'un incendie meurtrier le 5 janvier 2022, dans le quartier populaire des musées de Fairmount à Philadelphie. (Photo, AFP)
Les pompiers et la police travaillent sur les lieux d'un incendie meurtrier le 5 janvier 2022, dans le quartier populaire des musées de Fairmount à Philadelphie. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 06 janvier 2022

Etats-Unis: 13 morts, dont sept enfants, dans l'incendie d'un immeuble à Philadelphie

  • Le tragique incendie a eu lieu dans le quartier central et résidentiel de Fairmont, où se trouvent les grands musées de Philadelphie, dans un petit immeuble appartenant à la ville
  • Les pompiers et la mairie ont annoncé qu'une enquête était en cours pour déterminer les conditions dans lesquelles l'incendie a démarré

PHILADELPHIE: Jacuita Purifoy a perdu trois soeurs et sept neveux et nièces: l'incendie qui a touché mercredi à l'aube un petit immeuble de logements sociaux a laissé un quartier du centre de Philadelphie sous le choc, avec un lourd bilan de 13 morts dont sept enfants. 

"Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi dire (...) Mes soeurs, mes neveux et mes nièces sont partis, ils ne reviendront jamais", soupire, bouleversée, Jacuita, 37 ans, qui a retrouvé l'une de ses autres soeurs, Qaadira, drapée dans une couverture rouge et blanche de l'Armée du salut. 

Les proches de victimes sont réunis devant une école, tout près de l'immeuble de trois étages en brique, typique de certaines villes américaines, où les flammes n'ont laissé aucune chance aux treize disparus. La tragédie a eu lieu dans le quartier central et résidentiel de Fairmont, près des grands musées de Philadelphie. 

"Ils comptaient pour nous. Ils étaient censés continuer à vivre et mourir quand ils seraient vieux, et pas de quelque chose qui aurait pu être évité. Si seulement...", continue Jacuita, cheveux courts teints en orange, piercings au sourcil et sur la langue. Elle console sa soeur, en larmes. 

Les dix proches qu'elle a perdus sont âgés de 1 à 33 ans. Mais elle s'inquiète aussi pour un autre enfant de la famille, 5 ans, qui a lui été hospitalisé. "Il ne sait pas ce qui se passe. Il veut sa mère, son père, ses soeurs, ses cousins, tous ceux avec qui il a vécu depuis cinq ans et dont il ne sait pas qu'ils sont morts", ajoute Jacuita. 

Feu intense 

"C'est sans aucun doute l'un des jours les plus tragiques de l'histoire de notre ville", a déclaré le maire de Philadelphie, Jim Kenney. Un pompier, Craig Murphy, a parlé d'un "bilan terrible", évoquant "l'un des pires incendies" pour lui en 35 ans d'exercice. 

Les pompiers sont arrivés sur les lieux à 06H40 (11H40 GMT) et ont dû affronter "un feu intense provenant du deuxième étage d'une maison" qui en compte trois. "Il a fallu 50 minutes pour maîtriser le feu", ont-ils précisé. 

L'immeuble, propriété de la ville, est affilié aux logements sociaux fédéraux. 

"Selon mes paroissiens, les gens qui y vivent sont plutôt des gens qui ont besoin d'aide", a déclaré à l'AFP le prêtre d'une église catholique ukrainienne toute proche, Ruslan Borovyi. "C'est une grande tragédie, nous allons organiser une prière ce soir et nous allons voir comment nous pouvons les aider", a-t-il ajouté. 

Enquête 

Le bâtiment se trouve au milieu d'une rangée de petites maisons, le long d'un bloc aux façades en brique. Plusieurs fenêtres y sont totalement noircies, ainsi qu'une partie du toit. 

Les pompiers ont annoncé l'ouverture d'une enquête qui devra déterminer comment le feu a pris, pourquoi il s'est propagé si rapidement et quelles étaient les issues de secours. Selon Craig Murphy, "il y avait quatre détecteurs de fumée mais aucun ne fonctionnait". Il a ajouté qu'un "très grand nombre de personnes" habitaient dans seulement deux logements, en assurant que huit personnes avaient réussi à s'échapper des flammes et deux autres avaient été hospitalisées. 

"Nous ne pouvons pas porter de jugement sur le nombre de personnes qui habitaient dans cet immeuble", a ajouté le maire, en suggérant que, "peut être, il y avait des membres de ces familles qui avaient besoin d'être à l'abri". 

De son côté, l'agence du logement de Philadelphie a assuré que l'immeuble avait été inspecté en mai 2021 et qu'à l'époque, tous les détecteurs fonctionnaient. 

Le bilan est l'un des plus meurtriers pour Philadelphie, grande ville de Pennsylvanie et la sixième plus peuplée des Etats-Unis (environ 1,5 million d'habitants). En 2008, sept immigrés étaient mort après l'explosion d'un chauffage au kérosène, dans un petit immeuble en brique. 

En décembre 2017, un incendie dans le quartier du Bronx, à New York, avait tué 12 personnes dont quatre enfants, le plus grave en 25 ans dans la ville. Il avait été provoqué par un enfant de trois ans et demi qui jouait avec une cuisinière à gaz. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.