Paris : les bouquinistes des quais de Seine veulent surmonter la crise

Photo prise le 13 juillet 2019 montrant un tableau représentant Notre-Dame de Paris avant qu'il ne soit gravement endommagé par un énorme incendie en avril dernier et l'original Notre-Dame de Paris en cours de reconstruction en arrière-plan. (Photo, AFP)
Photo prise le 13 juillet 2019 montrant un tableau représentant Notre-Dame de Paris avant qu'il ne soit gravement endommagé par un énorme incendie en avril dernier et l'original Notre-Dame de Paris en cours de reconstruction en arrière-plan. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 19 janvier 2022

Paris : les bouquinistes des quais de Seine veulent surmonter la crise

  • En ce mois de janvier, les quais et leurs bouquinistes font grise mine et ce n'est pas qu'une question de saison ni de météo
  • Face au Louvre, seules deux boîtes sont ouvertes quai de Conti, aucune rive droite

PARIS : Des gravures authentiques, un dictionnaire français-malgache, de vieilles éditions introuvables… Les curieux du monde entier chinent sur les étals des bouquinistes des quais de Seine depuis des siècles. Mais la crise sanitaire menace cette institution parisienne.

"On a un cadre de travail extraordinaire", se réjouit encore, après trente années passées sur le quai de Conti, Jérôme Callais, le président de l'association culturelle des bouquinistes de Paris.

Comme lui, ils sont encore 220 à dénicher des livres anciens pour les proposer à leurs clients. "Bouquiniste, c'est souvent notre dernier métier", poursuit M. Callais, "on en a fait d'autres avant, mais lorsque l'on commence, on ne peut plus s'arrêter".

Un constat partagé par Jean-Pierre Mathias, 74 ans, installé face à la statue de Condorcet depuis trente ans: "mes boîtes ont cent ans, elles s'ouvrent toujours, elles me permettent de rester en bonne santé et un bouquiniste ne s'arrête que lorsqu'il ne peut plus les ouvrir".

Même délibérément optimiste, le vendeur ne cache pas que la profession traverse une crise: "certains de mes collègues n'ouvrent plus beaucoup, un peu démissionnaires face à la conjoncture actuelle".

Spécialisé dans la psychologie, il avait pris l'habitude d'accueillir de nombreux étudiants. "Il n'y a plus de librairie de psycho à Paris, j'occupe le créneau". "Ils sont un petit peu moins nombreux, quand même", concède-t-il, "entre le télétravail et le budget restreint, c'est plus difficile pour eux aussi".

En ce mois de janvier, les quais et leurs bouquinistes font grise mine et ce n'est pas qu'une question de saison ni de météo.

Face au Louvre, seules deux boîtes sont ouvertes quai de Conti, aucune rive droite. Fragilisés successivement par les grandes manifestations sociales des "gilets jaunes" et leurs débordements puis par la pandémie de Covid-19 qui les a contraints à fermer pendant les deux premiers confinements, les bouquinistes souffrent.

"On fait beaucoup de figuration, il faut s'accrocher pour ouvrir" alors que les touristes se font rares à Paris, assure Jérôme Calais. "Un quart seulement de notre clientèle vient d'Île-de-France" (région parisienne).

«Unique au monde»

En ce mois de janvier, 18 emplacements sont vacants sur les quais. La mairie de Paris a ouvert un appel à candidatures jusqu'au 18 février.

"Nous recherchons des spécialistes du livre pour faire perdurer la plus grande librairie à ciel ouvert du monde", explique Olivia Polski, l'adjointe à la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, en charge notamment du commerce.

Pour l'heure seules "25 candidatures" ont été recensées par la mairie lorsqu'une soixantaine étaient déposées les années précédentes pour autant de boîtes vacantes. "Mais il reste encore un mois", rassure aussitôt Mme Polski.

Pour redonner un coup de fouet à leur activité, les bouquinistes ont déposé, avec le soutien de la Ville de Paris, leur candidature pour obtenir leur inscription au patrimoine immatériel mondial de l'Unesco.

"Nous sommes un symbole majeur de Paris, unique au monde, depuis 450 ans que nous occupons le terrain", plaide Jérôme Callais. 

Malgré le froid, les rares boîtes ouvertes attirent curieux et amateurs comme Jean-Michel Manassero, un retraité qui flâne devant celle de Jean-Pierre Mathias.

"On essaye de se rencontrer, d'échanger, de discuter, c'est agréable", confie ce passionné de livres, qui admet se fournir parfois sur internet. "Ici, c'est différent, on est attiré par un livre étrange, particulier. Ils ont tous une histoire, quelque fois ils sont annotés par les personnes qui les ont lus précédemment". 

Lui aussi a constaté la baisse d'activité des bouquinistes. "C'est de plus en plus rare de les voir ouverts", déplore Jean-Michel Manassero.

"Ce serait bien regrettable qu'ils disparaissent, dit-il, parce qu'ils font partie de la vie parisienne, c'est une animation agréable et typique des quais". Et utile. Tout sourire, il repart aujourd'hui avec un ouvrage improbable à la couverture abîmée: "Comment on devient médium".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".