Le Pakistan fier de son pionnier des greffes de cœurs de porc sur des humains

Des étudiants marchent à l'entrée de l'Université des sciences de la santé de Dow, où le chirurgien d'origine pakistanaise Muhammad Mansoor Mohiuddin a étudié dans les années 1980, à Karachi, le 13 janvier 2022. (Photo, AFP)
Des étudiants marchent à l'entrée de l'Université des sciences de la santé de Dow, où le chirurgien d'origine pakistanaise Muhammad Mansoor Mohiuddin a étudié dans les années 1980, à Karachi, le 13 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 22 janvier 2022

Le Pakistan fier de son pionnier des greffes de cœurs de porc sur des humains

  • Muhammad Mansoor Mohiuddin, né à Karachi, la grande mégalopole du sud du Pakistan, est le directeur du programme de xénogreffe cardiaque à l'université du Maryland aux Etats-Unis
  • Une équipe de cette université a implanté le 8 janvier un cœur porcin sur un patient âgé de 57 ans, David Bennett, qui avait été déclaré inéligible pour recevoir un organe humain

KARACHI : Les amis et anciens camarades d'école d'un chirurgien pakistanais, dont l'équipe a réussi la première greffe au monde d'un cœur de porc génétiquement modifié sur un humain, assurent avoir toujours su qu'il était destiné à de grandes choses.

Muhammad Mansoor Mohiuddin, né à Karachi, la grande mégalopole du sud du Pakistan, est le directeur du programme de xénogreffe cardiaque à l'université du Maryland aux Etats-Unis.

Une équipe de cette université a implanté le 8 janvier un cœur porcin sur un patient âgé de 57 ans, David Bennett, qui avait été déclaré inéligible pour recevoir un organe humain.

Cette opération a permis de montrer pour la première fois qu'un cœur d'animal pouvait continuer à fonctionner à l'intérieur d'un humain sans rejet immédiat. D'autres xénogreffes - d'un animal à un humain - avaient été tentées par le passé, mais les patients étaient immédiatement décédés.

La transplantation a été présentée comme une avancée marquante, mais la technique devra encore faire ses preuves pour représenter une alternative aux greffes humaines.

Les amis et anciens collègues de M. Mohiuddin au Pakistan se rappellent d'un étudiant émérite, passionné de médecine.

"Il s'intéressait à tout, était toujours là, toujours disponible et toujours prêt pour faire de la chirurgie", se remémore Muneer Amanullah, qui a étudié avec lui au Dow Medical College de Karachi dans les années 80.

Le vice-président de cette institution, Muhammad Saeed Qureshi, raconte la fierté ressentie par tout le campus à l'annonce de sa récente prouesse.

"Il y avait de l'euphorie que cela ait été réussi par un diplômé de cette université", déclare-t-il à l'AFP.

M. Mohiuddin a veillé à partager cette gloire soudaine avec les 50 membres de son équipe à l'école médicale de l'université du Maryland.

"Ce sont tous des experts dans leur domaine respectif", explique-t-il à l'AFP. "Ce sont les meilleurs chirurgiens, les meilleurs médecins, les meilleurs anesthésistes et ainsi de suite."

Controverse religieuse

Le procédé suscite beaucoup d'espoir, même s'il faudra attendre plusieurs mois pour s'assurer que le cœur de porc, lequel avait été génétiquement modifié pour ne plus produire un type de sucre qui provoque un rejet immédiat de l'organe par l'homme, est bien accepté par le patient.

Près de 110 000 Américains sont actuellement sur liste d'attente pour une greffe d'organe et plus de 6 000 personnes qui auraient besoin d'une greffe meurent chaque année dans le pays.

Si elles ne sont pas nouvelles, les premières expérimentations remontant au 17e siècle, les xénogreffes pourraient aider à pallier le manque de donneurs.

"Nous travaillons sur ce modèle depuis 18 ans", souligne M. Mohiuddin. "Ces 18 années ont été parsemées de phases de frustrations, mais aussi d'avancées, et au final nous y sommes parvenus".

La méthode n'est cependant pas sans causer controverse auprès de certains tenants de la foi islamique, celle de M. Mohiuddin, notamment dans son pays natal, au Pakistan.

"De mon point de vue, ce n'est pas autorisé pour un musulman", a estimé Javed Ahmad Ghamidi, un théologien pakistanais renommé et progressiste, en évoquant la transplantation dans un blog vidéo.

Les porcs sont considérés comme impurs par les musulmans et les juifs.

Mais un autre érudit islamiste pakistanais, le chiite Allama Hasan Zafar Naqvi, est en désaccord. "Il n'y a pas d'interdiction dans le cadre de la charia", la loi islamique, affirme-t-il à l'AFP, parlant de cette greffe comme d'un "miracle médical".

"En religion, aucun acte n'est supérieur à celui consistant à sauver une vie humaine", juge également M. Mohiuddin.

A Karachi, ses anciens camarades d'école le destinent maintenant aux plus hautes reconnaissances.

"Toute l'équipe est en course pour ça, pour le prix Nobel", prédit M. Qureshi.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.