Cinéma fantastique: «Familles, je vous hante !»

Membres du jury de la 29e édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer, (LtoR) posent lors d'un photocall à Gérardmer, dans l'est de la France, le 27 janvier 2022. (Photo, AFP)
Membres du jury de la 29e édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer, (LtoR) posent lors d'un photocall à Gérardmer, dans l'est de la France, le 27 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 30 janvier 2022

Cinéma fantastique: «Familles, je vous hante !»

  • Le film met en scène quatre petits norvégiens qui se découvrent des pouvoirs de télépathie et de télékinésie
  • A l'abri du regard des adultes, leurs jeux menacent de tourner au massacre

GERARDMER, France : Des enfants aux pouvoirs surnaturels, une grand-mère qui hante sa petite-fille, une mère possédée: parce qu'elles parlent à tous, les histoires d'enfance et de famille restent une formidable source pour le cinéma fantastique, célébré au Festival de Gérardmer en France.

Sensation parmi les dix films de la compétition qui s'achève dimanche, "The Innocents" le prouve avec une plongée angoissante dans le monde magique, mais cruel, de l'enfance.

Le film met en scène quatre petits norvégiens qui se découvrent des pouvoirs de télépathie et de télékinésie. A l'abri du regard des adultes, leurs jeux menacent de tourner au massacre.

"Je voulais entrer dans ce monde fermé de l'enfance pour vraiment essayer de voir le monde comme les enfants, et que les spectateurs retrouvent leurs propres souvenirs", explique à l'AFP le réalisateur norvégien Eskil Vogt, l'une des étoiles montantes du cinéma d'auteur nordique. Il est aussi le compatriote et scénariste de Joachim Trier.

Au-delà de l'épouvante, le film célèbre ces "espaces libres où les enfants sont tout seuls, où ils peuvent expérimenter, transgresser, et qui existent de moins en moins", ajoute-t-il.

A l'autre extrémité de la pyramide des âges, c'est avec une grand-mère que le roi espagnol de l'horreur Paco Plaza, auteur des films à succès "(Rec)" fait frémir dans "La Abuela".

Pas de journaliste en immersion dans un immeuble hanté, comme dans la série qui l'a fait connaître, mais une histoire presque intimiste, celle d'une dame âgée et grabataire (l'ancien mannequin brésilien Vera Valdez) et de sa petite-fille (Almudena Amor), hantée par la peur de vieillir.

Possession

Cette jeune mannequin doit quitter en catastrophe les défilés de mode parisiens où elle commençait à percer pour se rendre au chevet de sa grand-mère, dans un sombre appartement madrilène au parquet qui grince et aux portes qui claquent.

Face à cette aïeule rendue mutique par la maladie, et aux événements surnaturels qui semblent l'entourer, la jeune femme va rapidement perdre pied, dans une atmosphère en partie inspirée par le "Rosemary's Baby" de Roman Polanski.

"Je voulais exprimer cette peur de ne pas reconnaître" un membre de sa famille qui vieillit, dit à l'AFP Paco Plaza. Une angoisse née après avoir vu sa propre tante frappée par la maladie d'Alzheimer: "On voit la personne, mais dans ses yeux on voit qu'elle n'est plus là. C'est comme une possession, dont le démon serait la vieillesse", poursuit-il.

"Le genre horrifique est la façon la plus efficace pour exprimer (...) des choses qu'on a dans la tête", ajoute Paco Plaza. "Montrer que nous avons tous beaucoup de gens à l'intérieur de nous, nos parents, nos grands-parents. On ne fait qu'ajouter des couches à la famille".

Des questions d'héritage dont se nourrit également "Samhain", qui met en scène une jeune Irlandaise, Char, harcelée au lycée, vivant en compagnie de sa mère Angela, rongée par la dépression.

Dans une banlieue de Dublin en plein préparatifs d'Halloween ("Samhain" en est le nom celte), le comportement d'Angela devient de plus en plus mystérieux et violent...

Pouvoirs maléfiques empruntés au folklore celtique, dans lequel la réalisatrice Kate Dolan a grandi, ou fruit de l'imagination torturée d'une adolescente confrontée à la dépression de sa mère ? Le film ne tranche pas.

"Dans ma famille, il y a des histoires de maladie mentale. Et ça reste pour toujours une partie de soi, même quand on veut s'en échapper", confie la réalisatrice, dont c'est le premier long-métrage, à l'AFP. "Le film essaye de dire aussi qu'il faut l'accepter, s'y confronter et qu'alors on peut survivre".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".