Au festival de Vesoul, le cri de désespoir des réalisateurs afghans

Le musicien d'origine afghane Homayoun Sakhi se prépare pour le concert-bénéfice "Songs of Hope" pour l'Afghanistan à Londres, le 22 janvier 2022. (Photo, AFP)
Le musicien d'origine afghane Homayoun Sakhi se prépare pour le concert-bénéfice "Songs of Hope" pour l'Afghanistan à Londres, le 22 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 05 février 2022

Au festival de Vesoul, le cri de désespoir des réalisateurs afghans

  • Plusieurs réalisateurs afghans en exil ont appelé vendredi à maintenir et amplifier l'aide à leurs compatriotes, six mois après la prise du pouvoir par les talibans à Kaboul
  • Sur le parvis du cinéma Majestic, qui héberge le festival, l'artiste Soraya Akhlaqi écrit "Non aux Talibans" en lettres de sang au cours d'une performance dédiées aux femmes

VESOUL, France : "Nous avons besoin d'aide". Invités du Festival des cinémas d'Asie (FICA) de Vesoul, dans l'est de la France, plusieurs réalisateurs afghans en exil ont appelé vendredi à maintenir et amplifier l'aide à leurs compatriotes, six mois après la prise du pouvoir par les talibans à Kaboul.

"Je reçois encore et toujours des appels au secours. Malheureusement, après les promesses d'évacuation, on a oublié. Ces gens ont été oubliés, c'est le silence absolu", déplore le réalisateur multiprimé Atiq Rahimi, réfugié en France depuis près de quarante ans, mais qui a toujours conservé ses liens avec sa terre natale.

Avec son homologue afghan Siddiq Barmak et le cinéaste iranien Mohsen Makhmalbaf, il est à l'origine d'un appel diffusé l'été dernier pour venir en aide à la population afghane, et particulièrement aux artistes et aux intellectuels, parmi les plus menacés.

"Sur les marchés, il y a des mères qui vendent leurs enfants à cause de la faim, parce qu'elles n'ont rien pour les nourrir", témoigne Mohsen Makhmalbaf, regard sombre derrière ses fines lunettes. "Il y a des artistes qui changent de logement tous les jours pour se cacher, qui ne peuvent plus travailler. C'est la voix du pays qui disparaît".

Réalisateur d'une dizaine de films sur l'Afghanistan, il est venu présenter "Kandahar", un long métrage de 2001 distingué à Cannes, qui évoque la détresse de la population après la première prise du pouvoir par les Talibans, en 1996.

"J'ai fait ce film il y a 20 ans. On pourrait croire qu'il parle du passé, mais pas du tout : il parle du présent et du futur de l'Afghanistan, parce que le pays retourne en arrière", s'alarme-t-il.

Mohsen Makhmalbaf évoque une liste de 800 personnalités en danger, adressée en juillet aux autorités françaises.

"Il y en a 302 qui ont été évacuées, dont 254 vers la France, et je suis reconnaissant pour cela envers le président Macron", explique le cinéaste qui vit désormais au Royaume-Uni. Mais il s'inquiète pour le sort des autres. "Nous avons encore besoin d'aide", insiste-t-il.

Visa compliqué

Sur le parvis du cinéma Majestic, qui héberge le festival, l'artiste Soraya Akhlaqi écrit "Non aux Talibans" en lettres de sang au cours d'une performance dédiées aux femmes.

"Les talibans dénient aux Afghanes les droits les plus élémentaires, elles ne peuvent plus apparaître en public, travailler ou se déplacer sans un accompagnateur masculin", raconte la réalisatrice. "Je vous demande de ne jamais reconnaître ce régime comme légitime", exhorte-t-elle.

Sa présence au festival est une victoire pour les organisateurs.

"Les démarches m'ont pris plus de temps pour faire venir deux Afghans que pour faire venir l'ensemble des 58 autres invités", explique Martine Thérouanne, la directrice du Fica.

"Mais ce n'est pas lié à l'Afghanistan: ces deux artistes résident désormais en Iran. C'est l'ambassade de France qui, longtemps, n'a pas voulu leur délivrer de visa, de peur qu'ils restent dans l'hexagone", déplore-t-elle, dénonçant le "double discours" de Paris sur l'accueil de réfugiés Afghans.

Le public, lui, apprécie la programmation foisonnante du festival, ses 84 films proposés sur une semaine, et ce focus sur la société afghane.

"Il y a une semaine, je travaillais avec un Afghan, et du coup, j'étais curieux de venir ici", témoigne Anthony Fellman, 36 ans, intérimaire à l'usine Peugeot de Vesoul.

"Ces films, ça éclaire ma lanterne sur ce qui a pu arriver à mon collègue", explique-t-il en sortant de la projection de "Osama", un film de Siddiq Barmak, qui évoque le destin d'une afghane de 12 ans que sa mère habille en garçon afin qu'elle puisse travailler.

"Ce festival, c'est un moyen formidable pour mieux comprendre le monde et mieux comprendre les gens", conclut-il.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".