Tempête sur l'une des icônes architecturales d'Istanbul

Une femme prend un selfie alors que la neige tombe près de la mosquée Süleymaniye, à Istanbul, le 23 janvier 2022. (Photo, AFP)
Une femme prend un selfie alors que la neige tombe près de la mosquée Süleymaniye, à Istanbul, le 23 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 18 février 2022

Tempête sur l'une des icônes architecturales d'Istanbul

  • La grande mosquée de Süleymaniye a été bâtie en 1550-57 par Sinan, star de l'architecture ottomane dans la péninsule historiqu
  • Classée au patrimoine mondial de l'Unesco, la mosquée, qui a subi tremblement de terre et incendies, représente l'Age d'or de l'Empire sous la férule de Soliman le Magnifique

ISTANBUL : Les minarets tendus vers le ciel de la mosquée de Süleymaniye coiffent le Bosphore et la Corne d'Or depuis le XVIe siècle. Que cette icône d'Istanbul soit aujourd'hui menacée par un chantier provoque une tempête dans la mégapole turque.

La construction d'un cube de béton, propriété d'une fondation religieuse, au pied du site est la dernière atteinte en date à la silhouette de la ville, livrée aux appétits des promoteurs malgré son glorieux passé.

"Un tel manque de respect... il n'y a aucune limite", s'étrangle Esin Koymen, directrice de la Chambre des a rchitectes d'Istanbul, contactée par l'AFP.

"Beaucoup reconnaissent que cette nouvelle construction altère la silhouette d'Istanbul. Mais c'est assez rageant de voir perdurer la désinvolture pour un site aussi emblématique", ajoute-t-elle. "Ca doit cesser".

La grande mosquée de Süleymaniye a été bâtie en 1550-57 par Sinan, star de l'architecture ottomane dans la péninsule historique.

Classée au patrimoine mondial de l'Unesco, la mosquée, qui a subi tremblement de terre et incendies, représente l'Age d'or de l'Empire sous la férule de Soliman le Magnifique.

Ce n'est pas la première fois que la "skyline" d'Istanbul est chamboulée par l'apparition de tours qui gâchent ses vues de cartes postales.

Les défenseurs du patrimoine se sont souvent mobilisés en vain, comme lors de la construction en 2013 des trois gratte-ciels du quartier de Zeytinburnu, qui s'est poursuivie malgré une décision de justice et l'opposition du président Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre.

«L'âme de Süleymaniye»

Avec la mosquée de Süleymaniye, la controverse a pris une tournure politique la semaine dernière quand la municipalité d'Istanbul --d'opposition-- a scellé l'accès au chantier qu'elle juge contraire au plan d'occupation des sols.

"Nous ne ferons aucune concession pour préserver le capital historique et spirituel d'Istanbul", a tweeté le maire Ekrem Imamoglu.

La Fondation pour la propagation de la connaissance, propriétaire du bâtiment décrié et dont le conseil d'administration est présidé par Bilal Erdogan, le fils du président, assure que la construction de son dortoir n'est "pas illégale".

Mais elle a fait marche arrière et arrêté les travaux face au tollé, même dans les milieux conservateurs.

"Nous ne prendrons part à aucune activité susceptible de porter atteinte à l'âme de Süleymaniye", a affirmé la semaine dernière à la presse le directeur de la fondation Nurettin Alan.

"Süleymaniye c'est notre âme, nous ferons tout pour la protéger", a-t-il indiqué, accusant la mairie d'Istanbul de vouloir politiser l'affaire.

Yusuf Kaplan, éditorialiste du quotidien pro-gouvernemental Yeni Safak, a appelé début février à protéger "l'âme de Süleymaniye".

"Nous sommes le seul pays au monde qui détruit ses villes", a-t-il écrit en qualifiant de "révolution" le débat en cours et appelant à "nettoyer" les abords de la mosquée.

La culture, pas la politique

Selon le directeur du patrimoine culturel de la municipalité d'Istanbul Mahir Polat, le dortoir de la fondation dépassait de six mètres le projet initialement approuvé.

Il avait déjà sonné l'alarme en 2020 sur les travaux de restauration --à coups de marteau-- de la tour byzantine de Galata, bâtie au XIIIe siècle.

"Comparez les photos de 2016 et celles de 2022. Quiconque regarde le Bosphore depuis les dômes de Süleymaniye voit bien que (ce bâtiment) n'était pas là", indique-t-il à l'AFP.

Verrouiller le chantier n'avait, selon lui, "rien" à voir avec la politique ou l'idéologie.

"Lisez ce qui a été écrit sur Istanbul par les voyageurs du passé comme par les auteurs contemporains, tous la décrivent comme la ville des dômes. Et c'est exactement ce front-là qui est menacé aujourd'hui".

M. Polat fait encore valoir que le bâtiment de la fondation n'est pas la seule menace pesant sur le site, dénonçant les nombreuses bâtisses construites dans les années 1970-80.

La municipalité, explique-t-il, a établi qu'il ne restait plus que 50 des 525 bâtiments historiques originaux qui entouraient la mosquée de Süleymaniye.

"Nous allons sauver Süleymaniye", a-t-il lancé.

Esin Koymen regrette que les affaires culturelles prennent un tour politique. "Quand vous protégez le passé, si c'est une mosquée, vous êtes pro-gouvernement".

"Mais si c'est un site byzantin, vous êtes d'opposition", poursuit-elle. "Cette polarisation ignore les principes universels de la protection du patrimoine".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".