Algérie: Six figures féminines qui ont marqué l’Histoire

Photographie de Djamila Bouhired (Photo, fournie).
Photographie de Djamila Bouhired (Photo, fournie).
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Publié le Vendredi 08 mars 2024

Algérie: Six figures féminines qui ont marqué l’Histoire

  • À l’occasion de la Journée de la femme, Arab News en français dresse le portrait de six Algériennes qui ont marqué les esprits: Djamila Bouhired, la Kahina, Cheikha Remitti, Assia Djebbar, Yasmine Belkaid et Baya
  • Djamila Bouhired symbolise le militantisme, Cheikha Remitti incarne le talent musical et l'émancipation féminine, Assia Djebar porte la voix littéraire des femmes algériennes, Baya Mahieddine représente le génie artistique et Yasmine Belkadi incarne l'int

LE CAIRE: Vendredi 8 mars, les femmes célèbrent leur fête universelle. L’occasion pour Arab News en français  d’explorer ou plutôt de survoler l’Histoire ancienne et contemporaine de l’Algérie en proposant un parcours jalonné de stations illuminées par des femmes exceptionnelles. Elles ont laissé, chacune dans leur domaine, une empreinte indélébile et un héritage unique pour les générations à venir.

Des milliers d’Algériennes auraient mérité d’être mises en lumière, mais parmi celles dont l’étoffe, l’envergure, le talent et le charisme sont connus et reconnus, Arab News en français en a retenu six au destin hors du commun : Djamila Bouhired, la Kahina, Cheikha Remitti, Assia Djebbar, Yasmine Belkaid et l’incontournable Baya.

La Kahina, Reine des Amazighs

Dihya, plus communément connue sous le nom de «la Kahina» («prophétesse») est une reine berbère qui a marqué son temps par sa vaillance et par sa participation active aux combats contre les conquérants musulmans venus de la péninsule Arabique. 

Fille d’un chef guerrier de la tribu des Djeraouia, la jeune femme marche dans les pas de son père et remporte plusieurs batailles contre les envahisseurs musulmans arrivés en Afrique du Nord au VIIe siècle. 

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Peinture de Émile Vernet représentant la Kahina (Photo, fournie).
 

Stratège militaire hors pair et oracle respectée de tous, la reine amazigh s’est imposée, du haut de sa forteresse dans les montagnes des Aurès, comme cheffe de guerre et de la résistance pendant plusieurs années avant de mourir vaillamment sur le champ de bataille. 

Des siècles après sa mort, Dihya est devenue un symbole de féminisme, de détermination, de résilience et de courage pour les femmes d’Afrique du nord, mais également une icône de la cause amazigh.

Cheikha Remitti, la pionnière du Raï

Avançons maintenant de plusieurs siècles. Cheikha Remitti, de son vrai nom Saadia el-Ghilizania, est un monument de la chanson raï.

Bien qu’ayant eu un début de vie difficile, l’orpheline qui errait de village en village est devenuela «mamie du raï». Elle a révolutionné la musique traditionnelle algérienne en y insufflant un vent de renouveau, en fusionnant les airs de flûtes de gasba traditionnelles à des percussions plus modernes auxquelles viennent s’ajouter des paroles perçues par certains comme «indécentes». 

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Photographie de Cheikha Remitti (Photo, Fournie). 

Considérée comme un personnage polémique, elle défend de façon systématique par le biais de ses chansons, clamant la liberté de la femme à disposer de son corps. 

Extrêmement indépendante, Remitti avait pour habitude de dire qu’elle était sa propre cheffe. Bien qu’analphabète, elle composait ses propres chansons. «Personne ne me dicte les paroles que je chante, elles représentent mon propre vécu», expliquait-elle.

Grâce à son caractère, sa voix atypique, son diadème, ses perles et ses mains agrémentées de dessins au henné, la chanteuse et musicienne a grandement contribué au rayonnement de ce genre musical sur la scène Internationale.

Djamila Bouhired, figure de la résistance 

Djamila Bouhired a été le symbole féminin absolu de la résistance algérienne lors de la lutte indépendantiste. 

En 1954, tout juste sortie de l’adolescence, la jeune algéroise rejoint le Front de libération national (FLN). Organisation au sein de laquelle elle portera la double casquette de «poseuse de bombes» et d’agent de recrutement de femmes combattantes, ces dernières étant moins susceptibles d’être appréhendées par les autorités coloniales.

Parmi les recrues, on retiendra le nom de deux autres figures de la lutte: Djamila Bouazza et Zoulikha.

Samia Lakhdari, Zohra Drif, Djamila Bouhired , Hassiba Ben Bouali
De droite à gauche Samia Lakhdari,Zohra Drif, Djamila Bouhired et Hassiba ben Bouali (Photo, fournie).
 

Djamila Bouhired représente les milliers de femmes algériennes combattantes, mais aussi celles qui ont pris part à la lutte de façon plus discrète, en cachant des armes ou encore en nourrissant les résistants.  

Elle demeure jusqu’à ce jour une référence de grâce, de dignité, symbole de l’engagement et de la détermination de la femme algérienne.

Assia Djebar, la voix des femmes algériennes 

Assia Djebar est une femme de lettres algérienne. Autrice de nombreux romans, nouvelles, poèmes, elle est considérée comme une des écrivaines les plus importantes du Maghreb. La romancière fait partie des premières écrivaines de littérature maghrébine d’expression française, une littérature qui a été pendant un temps une littérature de militantisme et a porté une idéologie indépendantiste. 

La particularité de la plume de Djebar est d’avoir dressé à travers son oeuvre des portraits majoritairement féminins. Ainsi, les thèmes traités par cette dernière sont principalement centrés sur la condition de la femme dans la société maghrébine dans les périodes pré et postcoloniales. 

C’est l’une des premières voix féminines à avoir conté l’Algérie. Son oeuvre vise à inscrire la femme dans cette lutte pour l’indépendance, que ça soit dans le roman L’Amour, La Fantasia, dont la trame se déroule en 1830, à l’arrivée de la France en Algérie ou dans Les Alouettes naïves, qui se déroule en pleine guerre d’Algérie.

L'écrivaine avait comme mission de donner, par ses écrits, une voix aux femmes de son pays de naissance.

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L'écrivaine algérienne Assia Djebar lors d'une conférence au Salon du livre de Francfort, le 8 octobre 2004 (Photo, AFP).

En 1954, dans un contexte de tension entre l’Algérie et la France, elle est la première Algérienne à intégrer l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres en France.

Deux ans plus tard, elle se joint au mouvement de grève de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (Ugema) et refuse de passer ses examens. Cette décision lui vaudra d’être exclue de l'école. Le Général de Gaulle interviendra en faveur de celle qu’il qualifie de «petit génie littéraire», et demandera sa réintégration dans l’École en 1959.  

En 2005, elle est élue à l'Académie française et devient la première écrivaine nord-africaine à en être membre.

Yasmine Belkaid, la femme de sciences

S’il est actuellement une femme qui marque l’histoire des femmes et pas uniquement d’Algérie, c’est bien Yasmine Belkaid.

Éminente scientifique, elle a assumé la direction de l'Institut Pasteur en janvier 2024, succédant au professeur Stewart Cole. Cette nomination historique fait d'elle la 17ᵉ directrice de l'Institut et seulement la deuxième femme à occuper ce poste en cent trente-cinq ans.

Née à Alger et formée à l’université des sciences et de la technologie Houari-Boumédiène (USTHB) de Bab Ezzouar, la femme de 56 ans a obtenu un doctorat en immunologie à l'Institut Pasteur. 

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La scientifique Yasmine Belkaid (Photo, Institut Pasteur).

Sa carrière exceptionnelle aux États-Unis, notamment au National Institute of Health (NIH) et à l’Insitut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAD), a été marquée par des contributions majeures dans le domaine de l'immunité, de l’infection et de la nutrition,récompensées par des distinctions prestigieuses. Elle a publié plus de 220 articles dans des revues renommées.

L'Institut Pasteur, mondialement reconnu, place de grandes attentes sur Yasmine Belkaid, qui a déclaré aspirer à faire de l'Institut «l'un des principaux centres de recherche en sciences du vivant, démontrant ainsi son engagement envers l'avancement de la recherche et de la formation».

Baya, cheffe de file de l’art moderne algérien 

Baya Mahieddine a contribué de manière significative à la scène artistique, et son héritage artistique perdure, témoignant de son empreinte indélébile dans le domaine de l'art en Algérie et au-delà.

Baya Mahieddine (1931-1998) est une artiste algérienne née à Bordj el-Kiffan, près d'Alger. 

Elle est surtout connue sous le nom de «Baya». Son talent artistique a été découvert à l'adolescence par le peintre français André Breton, qui fut impressionné par ses créations.

Son histoire commence à la Galerie Maeght à Paris: la jeune fille âgée de 16 ans en 1947, originaire d'Algérie et qualifiée de «jeune indigène musulmane», expose ses créations devant un public parisien qui n’en revient pas.

Parmi les spectateurs figurent la femme du président Vincent Auriol, accompagnée de personnalités artistiques éminentes de l'époque comme Albert Camus, Jean Dubuffet, et même Pablo Picasso.

Cette exposition parisienne a marqué le début de sa reconnaissance internationale. Elle a continué à exposer ses oeuvres dans diverses galeries à travers le monde. Baya a principalement travaillé dans les domaines de la peinture et de la sculpture.

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Une des œuvres les plus connues de Baya, Dame à l’oiseau, circa 1975 (Photo, Baya). 

Ses œuvres sont caractérisées par un style unique qui fusionne des éléments de l'art moderne occidental avec des influences de l'art traditionnel algérien.

Ses compositions colorées et poétiques continuent à captiver autant le public que les critiques d'art. La particularité de son art réside dans sa capacité à incorporer des thèmes de la culture algérienne tout en explorant des formes artistiques novatrices.

En explorant l'histoire de l'Algérie à travers ses monuments et ceux en devenir, nous découvrons un patrimoine diversifié et inspirant qui résonne au-delà des frontières, particulièrement pour les femmes maghrébines. 

Djamila Bouhired symbolise la résistance et le militantisme, Cheikha Remitti incarne le talent musical et l'émancipation féminine, Assia Djebar porte la voix littéraire des femmes algériennes, Baya Mahieddine représente le génie artistique, tandis que Yasmine Belkadi incarne l'intellect. 

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Baya, à 16 ans, au moment de ses débuts (Photo, Arik Nepo).

Ces portraits, aussi différents soient-ils, forment une mosaïque reflétant l'essence de la femme nord-africaine. À toutes celles qui se sentent un jour égarées, que ces femmes servent de repères et d’inspiration pour rappeler le potentiel qui sommeille en chacune.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.