«Pour réussir son intégration dans la société québécoise, apprendre le français est très important»

La vue sur le centre-ville de Montréal, le 3 octobre 2021. (Photo, AFP)
La vue sur le centre-ville de Montréal, le 3 octobre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 21 mars 2022

«Pour réussir son intégration dans la société québécoise, apprendre le français est très important»

La vue sur le centre-ville de Montréal, le 3 octobre 2021. (Photo, AFP)
  • Avec l’omniprésence de la culture anglophone, les craintes pour l’avenir de la langue française au Québec sont de plus en plus fortes
  • Un projet de loi prévoit d’obliger les fonctionnaires québécois à s'adresser exclusivement en français à tous les immigrants dès leur arrivée dans la Belle Province

MONTRÉAL: Au Québec, les jeunes utilisent deux langues au quotidien, le français et l’anglais. Mais jusqu’à quand? En raison de l'omniprésence de la culture anglophone, les craintes pour l’avenir de la langue française deviennent de plus en plus importantes.  

Le français parlé aujourd'hui dans la «Belle Province» est issu d'un mélange de français classique, importé en Amérique du Nord par les colons français au XVIe siècle, et d'influences anglo-américaines et amérindiennes. Ce dernier reflète à la fois l’ouverture des Québécois  au monde et leur profond attachement à leurs racines.  

Quelques mots et expressions pour parler québécois

  • un char – une voiture  
  • frette – très froid (moins 20°C et au-dessous)  
  • le magasinage – le shopping  
  • avoir de l'eau dans la cave - avoir le feu au plancher  
  • avoir son voyage - être à bout de nerfs  
  • ne pas lâcher la patate - tenir bon 

À l’occasion de la Journée internationale de la francophonie, Arab news en français, est allé à la rencontre de Clara et de Céline. Elles ont toutes les deux un point commun: la langue française, qu'elles apprécient particulièrement. 

Partie de Gérone, une ville située dans le nord-est de l'Espagne, en Catalogne, Clara est arrivée à Montréal depuis presque deux ans. Celle qui exerçait le métier d’avocate dans son pays natal a pris la décision d’apprendre le français. 

Grâce aux cours de français proposés par le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI), Clara a progressé à la vitesse grand V, ses efforts lui permettent déjà de s’exprimer aisément dans la langue de Molière. Nous avons pu d’ailleurs le constater lors de notre entrevue. 

«Ces cours sont indispensables pour pouvoir m’intégrer», dit-elle, «malgré une hausse de bilinguisme à Montréal, le français est nécessaire pour que je puisse communiquer dans les différentes régions du Québec. J’aime la langue française et apprendre une nouvelle langue est un enrichissement!», s’exclame-t-elle.  

(Photo fournie) 
Clara est arrivée à Montréal depuis presque deux ans. Celle qui exerçait le métier d’avocate dans son pays natal a pris la décision d’apprendre le français. (Photo fournie)

 

Immigrants selon la connaissance du français et de l'anglais, Québec, 2017- 2019

Année 

Français seulement 

 

Français et anglais 

 

Anglais seulement 

 

Ni français ni anglais 

 

2017 

23.3 

26.5 

27 

20.8 

2018 

22.7 

25.1 

28.8 

20 

2019 

24.7 

24.3 

29.1 

20.3 

(Source: Ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration) 

De son côté, Céline Atieh, coordonnatrice de la francisation au Centre social d'aide aux immigrants (CSAI) à Montréal, affirme que «pour réussir son intégration dans la société québécoise, apprendre le français est très important».  

D’ailleurs, les migrants qui ne maîtrisent pas la langue française font face à de nombreux défis  «pour trouver du travail ou inscrire leurs enfants à l’école, ou même pour des activités simples comme faire des achats à l’épicerie, se rendre à une visite médicale», assure-t-elle.  

Le CSAI, en collaboration avec le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, offre des cours de français à temps partiel, ainsi que des ateliers de conversation et d’écriture aux personnes immigrantes, réfugiés et demandeurs d'asile. 

 

Pour éviter la lente disparition du peuple francophone au Québec, le Premier ministre du Québec, François Legault, a plaidé l’urgence de renforcer la place du français au travail, dans l’éducation et dans l’administration de l’État. 

Déposé il y a quelques mois à l’Assemblée nationale, le projet de loi 96 (réforme de la loi 101) obligera les fonctionnaires québécois à s'adresser exclusivement en français à tous les immigrants dès leur arrivée au Québec, y compris les réfugiés et les demandeurs d’asile. 

Loi 101

Cette loi est le résultat de la Charte de la langue française (loi 101) adoptée par l'Assemblée nationale du Québec en 1977, qui a pour but d'assurer la qualité et le rayonnement de la langue française. Cette loi fait du français la langue de l'État, de l'enseignement, du commerce, des affaires. Elle est aussi considérée comme la langue normale et habituelle du travail. 

L’objectif n’est pas d’obliger les nouveaux arrivants à suivre des cours de français, mais de faire en sorte qu’ils se sentent, eux-mêmes, contraints d’apprendre le français, qu’ils en voient la nécessité dans leur vie de tous les jours, un constat que font nombre d’entre eux... 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".