Musique: Youssoupha, vers l'infini et au-delà

Youssoupha met son rap en orbite dans son dernier album, pour faire le point sur son parcours et ce qui restera dans le regard de ses enfants (Photo, AFP).
Youssoupha met son rap en orbite dans son dernier album, pour faire le point sur son parcours et ce qui restera dans le regard de ses enfants (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 07 avril 2022

Musique: Youssoupha, vers l'infini et au-delà

  • Le RN accuse alors le rappeur d'avoir proféré dans un ancien titre des menaces de mort envers Eric Zemmour
  • Attaqué en justice en 2009 par ce dernier pour injures et diffamation, Youssoupha a gagné en appel en 2012

PARIS: Son fils est vêtu en cosmonaute sur la pochette: Youssoupha met son rap en orbite dans son dernier album, pour faire le point sur son parcours et ce qui restera dans le regard de ses enfants. 

"Neptune terminus: origines", prévu vendredi, n'est pas une banale réédition de "Neptune terminus" sorti l'an dernier. On y trouve dix titres inédits lancés d'Abidjan (Côte d'Ivoire). C'est le lieu de résidence depuis quelques années de ce rappeur de la région parisienne, arrivé gamin en France depuis Kinshasa (RDC). Ce changement de décor lui a permis "de déplacer les points de vue", comme il l'explique lors d'une rencontre à Paris avec l'AFP.

Dans le morceau "Meilleur", il rend ainsi hommage à sa mère, classique chez les rappeurs, et à son épouse, la mère de ses enfants, chose rare. 

"L'épouse, et mère de nos enfants, thème peu abordé, permet de se remettre en cause, de prendre de la hauteur, de faire l'état des lieux, parler de gens qui m'ont rendu meilleur", développe cette figure du rap conscient (opposé au gangsta-rap).

Le "regard de mes enfants est devenu important, le temps qui passe agit", ajoute le quadragénaire. "Ceux qui disent: +Moi, je n'ai jamais changé+, je trouve ça hyper-triste. Moi, je veux évoluer, mettre de la nuance".

Alors qu'il s'interroge sur le bien qu'il a pu répandre autour de lui, on lui rapporte les propos de MC Solaar à l'AFP l'année dernière: "Quand je ne faisais rien, il y a quelqu'un qui me surmotivait, qui m'envoyait des messages pour me faire revenir à la musique, c'était Youssoupha". Sans oublier que MC Solaar veut collaborer avec lui.

«Maman, j'ai réussi»

"MC Solaar, c'est un phare pour moi. A ce niveau de validation, on est dans le +maman, j'ai réussi+, souffle Youssoupha. Il a inspiré ma manière d'écrire, je lui dois de l'argent en fait (rires)". 

Comme son illustre aîné, le "lyriciste bantou", un de ses surnoms, pose un regard à 360° sur l'industrie musicale. Son titre d'ouverture s'appelle "Amapiano", nom de ce son électro aux synthés planants parti des townships d'Afrique du Sud pour se retrouver sur les platines des DJs à Paris, Londres ou Manhattan.  

"On vit un moment clé pour la diffusion de la musique venue d'Afrique, décortique-t-il. C'est dû à la globalisation à travers le digital, mais surtout à la façon dont la musique africaine s'est décomplexée". "L'Afrique anglophone est plus avancée, pas dans les propositions musicales, mais dans l'approche, ça casse beaucoup de murs, ça va inspirer le reste du continent", prédit-il. 

Il pose le même regard analytique sur ce qui se passe en France, où il revient régulièrement. Y compris les polémiques qui l'ont concerné. Comme quand le Rassemblement national (RN) dénonce sa chanson pour l'équipe de France de football avant le dernier Euro. 

«Ce monsieur est une grosse blague»

"Je l'ai vécu en décalage. Tu es à Abidjan, avec tes enfants, tu développes tes projets et tu reçois sur ton téléphone des images de gens hyper-sérieux avec des cravates qui disent dans les matinales: +La nation est en péril+...".

"Ensuite, ça m'a inquiété: +C'est vraiment le genre de débat que les gens méritent en France ? Il n'y a rien de plus grave ?+ Je ne savais pas que j'étais aussi important".  

Le RN accuse alors le rappeur d'avoir proféré dans un ancien titre des menaces de mort envers Eric Zemmour. Attaqué en justice en 2009 par ce dernier pour injures et diffamation, Youssoupha, qui l'avait traité de "con" et appelait à le faire "taire", a gagné en appel en 2012. 

"A l'époque, je prenais ce monsieur (Zemmour, désormais candidat à la présidentielle) pour une grosse blague. Je ne comprenais pas les gens qui disaient: +Il ne dit pas que des conneries+. C'est faux, lui, c'est fumeux, zéro créativité, de la vieille idéologie recuite. La blague dure beaucoup trop longtemps maintenant", conclut l'artiste.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".