Arrestations, rassemblements interdits: la Thaïlande durcit le ton face aux pro-démocratie

Peu de temps après l'entrée en vigueur du décret d'urgence, jeudi à 4 heures du matin (21h00 GMT), la police antiémeute a fait évacuer des manifestants qui campaient encore sur le site. (AFP).
Peu de temps après l'entrée en vigueur du décret d'urgence, jeudi à 4 heures du matin (21h00 GMT), la police antiémeute a fait évacuer des manifestants qui campaient encore sur le site. (AFP).
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Publié le Jeudi 15 octobre 2020

Arrestations, rassemblements interdits: la Thaïlande durcit le ton face aux pro-démocratie

  • Les autorités ont promulgué un décret d'urgence qui interdit "les rassemblements de cinq personnes et plus" ainsi que "les messages en ligne qui pourraient nuire à la sécurité nationale", a indiqué Sunsern Kaewkumnerd, porte-parole du gouvernement
  • Le décret d'urgence "vise à entraver le mouvement démocratique et à permettre (aux dirigeants) de garder le pouvoir", a déploré "Rung" sur sa page Facebook peu avant son interpellation

BANGKOK : Arrestations des leaders de la contestation, proscription des rassemblements politiques de cinq personnes et plus, interdiction de messages en ligne: le gouvernement thaïlandais a durci le ton jeudi face au mouvement de contestation qui défile depuis plusieurs mois pour demander plus de démocratie.

Les autorités ont promulgué un décret d'urgence qui interdit "les rassemblements de cinq personnes et plus" ainsi que "les messages en ligne qui pourraient nuire à la sécurité nationale", a indiqué Sunsern Kaewkumnerd, l'un des porte-paroles du gouvernement thaïlandais.

Les autorités ont justifié la promulgation du texte en évoquant des manifestations "contraires à la Constitution" et en dénonçant l'obstruction d'un cortège royal mercredi, en marque d'un rassemblement qui a réuni plusieurs milliers de personnes à Bangkok pour réclamer la destitution du Premier ministre Prayut Chan-O-Cha. 

Peu de temps après l'entrée en vigueur du décret d'urgence, jeudi à 4 heures du matin (21h00 GMT), la police antiémeute a fait évacuer des manifestants qui campaient encore sur le site. 

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La police entre en scène. (AFP).

La plupart des contestataires avaient déjà quitté les lieux, mais une vingtaine de personnes ont été arrêtées, selon le porte-parole adjoint de la police, le colonel Kissana Phathanacharoen. 

Parmi elles, Parit Chivarak dit "Penguin" et Anon Numpa, deux des leaders du mouvement, a précisé une source gouvernementale. D'autres têtes d'affiche de la contestation, dont Panusaya Sithijirawattanakul, dit "Rung", ont été interpellées, d'après des images diffusées en ligne par les activistes.

Appel à une nouvelle manifestation

Le décret d'urgence "vise à entraver le mouvement démocratique et à permettre (aux dirigeants) de garder le pouvoir", a déploré "Rung" sur sa page Facebook peu avant son interpellation.

Bravant l'interdiction de rassemblement, l'étudiante de 21 ans a appelé à une nouvelle manifestation jeudi à 16h00 (09h00 GMT) dans le centre de la capitale.

La répression des autorités, qui intervient du jour au lendemain après des semaines de contestation, est "un revers pour les manifestants", relève Thitinan Pongsudhirak, politologue de l'université Chulalongkorn de Bangkok.  Cela va contribuer à "accentuer encore les griefs de la jeunesse dans la rue et risque d'accroître les tensions".

Le mouvement pro-démocratie dans la rue depuis l'été demande le départ du Premier ministre, le général Prayut Chan-O-Cha, au pouvoir depuis le coup d'Etat de 2014 et légitimé par des élections controversées l'année dernière. 

Il réclame aussi une modification de la Constitution, mise en place en 2017 sous la junte et très favorable à l'armée.

Certains militants vont plus loin, exigeant une réforme en profondeur de la richissime et puissante royauté, un sujet tabou il y a encore peu dans le royaume.

Ils demandent la non-ingérence du monarque dans les affaires politiques, l'abrogation de la draconienne loi sur le lèse-majesté et le retour des biens de la Couronne dans le giron de l'Etat, des revendications jugées inacceptables par le gouvernement.

Défi inédit à la royauté

Mercredi, une voiture avec à son bord la reine Suthida, qui ne pouvait éviter le parcours de la manifestation, a été arrêtée quelques instants et des dizaines de manifestants pro-démocratie ont levé trois doigts devant son véhicule. 

La veille, d'autres activistes avaient fait au passage du roi Maha Vajiralongkorn ce même salut, inspiré par le film "Hunger Games", des gestes inédits de défi à l'autorité royale.

Maha Vajiralongkorn est une personnalité controversée qui a renforcé les pouvoirs de la monarchie, prenant notamment directement le contrôle de la fortune royale.

Ses très fréquents séjours en Europe, même en pleine pandémie de coronavirus, ont soulevé des interrogations alors que l'économie du pays, tributaire du tourisme, est en pleine récession.

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Un manifestant tente de faire barrages aux policiers anti-émeute. (AFP). 

Mercredi, plus de 10.000 manifestants pro-démocratie ont marché vers la Maison du gouvernement pour marquer le 47e anniversaire du soulèvement étudiant de 1973.

Plusieurs centaines de partisans pro-royalistes venus saluer le cortège royal s'étaient massés le long du parcours, ravivant les craintes de troubles dans un pays habitué des violences politiques et qui a connu 19 coups d'Etat ou tentatives depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932.

Malgré de brèves échauffourées, les deux camps ont toutefois maintenu leurs distances.

Depuis le début de la contestation, plusieurs dizaines de militants avaient déjà été arrêtés. La plupart ont été accusés de "sédition" et libérés sous caution.

D'autres actions en justice sont prévues contre ceux "qui ont fait obstruction au cortège royal mercredi", ont fait savoir les autorités.

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.