A Auschwitz, une «Marche des Vivants» à l'ombre de la guerre en Ukraine

Viera de Vinnytsia en Ukraine pose avec le drapeau de son pays en marge des commémorations en l'honneur des victimes de l'Holocauste près de la porte principale de l'ancien camp d'Auschwitz-Birkenau. (Wojtek Radwanski/AFP)
Viera de Vinnytsia en Ukraine pose avec le drapeau de son pays en marge des commémorations en l'honneur des victimes de l'Holocauste près de la porte principale de l'ancien camp d'Auschwitz-Birkenau. (Wojtek Radwanski/AFP)
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Publié le Vendredi 29 avril 2022

A Auschwitz, une «Marche des Vivants» à l'ombre de la guerre en Ukraine

  • «Ce qui s'est passé il y a des années (l'Holocauste) et que nous voulions oublier, cela a lieu aujourd'hui en Ukraine», estime une Ukrainienne qui a fui sa ville
  • «On n'est pas juifs mais on est venu ici pour rendre hommage aux victimes de l'Holocauste», explique une trentenaire, «on ne voudrait pas que l'Histoire se répète avec la nation ukrainienne»

OSWIECIM, Pologne : Sur le site de l'ancien camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau, où elle participe jeudi à une marche commémorant les victimes de l'Holocauste, Olga, une réfugiée ukrainienne en Pologne, craint que l'Histoire se répète aujourd'hui.

Devant le tristement célèbre portail «Arbeit macht frei» («Le travail rend libre», ndlr), elle a attendu, avec trois mille autres personnes venues de plusieurs pays, principalement d'Israël, le son de la shofar, corne traditionnelle, qui a donné le signal de départ de la «Marche des Vivants», première depuis le Covid.

Longue de trois kilomètres, cette marche relie le camp d'Auschwitz à celui de Birkenau, le principal site d'extermination.

Entre 1940 et le début de 1945, l'Allemagne nazie avait exterminé à Auschwitz-Birkenau environ 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs de différents pays européens.

Ce camp où quelque 80.000 Polonais non-juifs, 25.000 Roms et 20.000 soldats soviétiques ont également trouvé la mort, a été libéré par l'Armée Rouge en janvier 1945.

«Ce qui s'est passé il y a des années (l'Holocauste) et que nous voulions oublier, cela a lieu aujourd'hui en Ukraine», estime Olga, une trentaine d'années, qui a trouvé refuge, avec une douzaine de personnes ayant fui la ville de Vinnitsa dans l'ouest de l'Ukraine, dans la ville d'Oswiecim, près d'Auschwitz.

- les leçons de l'Holocauste -

Anna, une autre réfugiée, est venue à la marche avec son fils Mischa, quatre ans, qui brandit fièrement un grand drapeau ukrainien bleu et jaune.

«On n'est pas juif mais on est venu ici pour rendre hommage aux victimes de l'Holocauste», explique-t-elle, «on ne voudrait pas que l'Histoire se répète avec la nation ukrainienne».

Pour Agnes Kaposi, 89 ans, une des huit survivants de l'Holocauste participant à la marche, la guerre en Ukraine est quelque chose de «profondément triste». 

«Cela me ramène des souvenirs que je ne pensais même pas avoir», déclare-t-elle à l'AFP.

«Quand je lis ce qui arrive à ces gens, je me rappelle soudain des choses qui me sont arrivées à moi et aux personnes que j'aimais et c'est terrible».

«Je trouve cela désespérément triste que le monde n'ait pas retenu les leçons de l'Holocauste», ajoute-t-elle.

- Non à la haine -

Cette année, le président polonais Andrzej Duda a parcouru le chemin entre Auschwitz et Birkenau au début de la marche.

«Bien que cette marche soit toujours accompagnée de recueillement et de deuil, elle n'en est pas moins un événement de la vie, c'est un événement de la victoire de la vie», a-t-il déclaré en rendant hommage aux victimes de l'Holocauste lors d'un discours à Birkenau.

«Nous sommes ici pour montrer que chaque nation a un droit sacré à la vie, à cultiver ses traditions, à se développer», a-t-il souligné.

«Nous crions haut et fort: non à la haine, non à l'antisémitisme, non au sentiment anti-ukrainien, non au sentiment anti-polonais, non à la haine», a-t-il lancé.

Galit Hamam, 20 ans, place sur les rails qui menaient vers les chambres à gaz de Birkenau un petit panneau en bois avec plusieurs noms inscrits dessus pour commémorer la mort des membres de sa famille dans l'Holocauste. 

«Je pense que nous devons tous nous en souvenir et faire savoir aux gens ce qui s'est passé ici, ce qui s'est passé là bas», en Ukraine.

Originaire de Leeds au Royaume-Uni, elle accompagne lors de la marche son grand-père, Arek Hersh, survivant d'Auschwitz.

Pour lui, on ne peut pas comparer ce qui se passe en Ukraine à l'Holocauste.

«Rien ne peut être comparé aux camps de concentration, rien», lance-t-il.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.