En campagne, Biden lâche ses coups contre la droite «extrême» ralliée à Trump

Le président Joe Biden (à gauche) parle pendant que l'assistante du président et présidente du Conseil des conseillers économiques Cecilia Rouse (à droite) écoute lors d'un événement dans la salle Roosevelt de la Maison Blanche le 4 mai 2022 à Washington, DC. (AFP)
Le président Joe Biden (à gauche) parle pendant que l'assistante du président et présidente du Conseil des conseillers économiques Cecilia Rouse (à droite) écoute lors d'un événement dans la salle Roosevelt de la Maison Blanche le 4 mai 2022 à Washington, DC. (AFP)
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Publié le Jeudi 05 mai 2022

En campagne, Biden lâche ses coups contre la droite «extrême» ralliée à Trump

  • Mercredi, à l'occasion d'un discours sur l'économie, le président démocrate Joe Biden a lancé une attaque, inhabituelle, contre les projets des républicains et plus particulièrement contre ce qu'il a appelé le «mouvement MAGA»
  • Au travers de cet acronyme, qu'il a répété plusieurs fois, Joe Biden vise évidemment l'ancien président Donald Trump et son slogan «Make America Great Again» (rendre à l'Amérique sa grandeur)

WASHINGTON : Les discours rassembleurs, la main tendue à l'opposition, c'est du passé: Joe Biden, qui veut essayer de sauver son précaire contrôle du Congrès lors d'élections cet automne, lâche désormais ses coups contre la droite "extrême" acquise aux idées de Donald Trump.

Mercredi, à l'occasion d'un discours sur l'économie, le président démocrate a lancé une attaque, inhabituelle, contre les projets des républicains et plus particulièrement contre ce qu'il a appelé le "mouvement MAGA".

"Ce mouvement MAGA est vraiment l'organisation politique la plus extrême de l'histoire américaine, de l'histoire américaine récente", a-t-il lâché.

Au travers de cet acronyme, qu'il a répété plusieurs fois, Joe Biden vise évidemment l'ancien président Donald Trump et son slogan "Make America Great Again" (rendre à l'Amérique sa grandeur).

Le président avait commencé son mandat avec la volonté de tourner la page Trump, en prônant le rassemblement, en assumant d'être "ennuyeux" avec de grands projets de réformes, en vantant le redressement économique et les succès de la lutte contre le Covid-19.

Trump en épouvantail

A quelques mois des élections législatives de mi-mandat, historiquement difficiles pour le parti du président, Joe Biden, très impopulaire à cause d'une inflation galopante, a changé de cap.

Il n'est plus question de faire oublier Donald Trump, mais au contraire de l'agiter comme un épouvantail, sans le nommer directement. Les démocrates veulent aussi investir un terrain qu'ils ont semblé éviter jusqu'ici: les "culture wars", ces débats de société qui agitent l'Amérique depuis des décennies, mais qui se sont envenimés ces dernières années au point de diviser le pays en deux camps irréconciliables. 

En jeu: le genre, la sexualité, l'éducation des enfants, la religion, les armes à feu, les questions raciales et la lecture de l'histoire américaine -- en particulier quand il s'agit d'esclavage et de ségrégation. 

L'un des sujets les plus brûlants, c'est bien sûr l'avortement, objet d'une révélation explosive lundi. Selon le site Politico, la Cour suprême américaine s'apprête à dynamiter le droit constitutionnel à l'IVG qu'elle avait établi en 1973. 

Joe Biden, ce catholique fervent, s'est fait le premier défenseur du droit à l'avortement. Et surtout, il accuse les républicains, décidés à interdire l'IVG dans de nombreux Etats qu'ils contrôlent, de vouloir mener d'autres attaques contre les acquis de société, que ce soit la contraception ou le mariage pour tous.

"Que se passera-t-il si un Etat dit que les enfants LGBTQ+ ne peuvent plus aller dans les mêmes salles de classe que les autres enfants?", a-t-il ainsi demandé mercredi.

«Tout-Puissant»

Le démocrate a ressorti récemment l'une de ses expressions préférées: "Ne me comparez pas au Tout-Puissant, mais à son alternative."

En clair, Joe Biden, impuissant à convaincre les Américains de ses succès, entend peindre sous les couleurs les plus sinistres le camp d'en face.

"Vous allez l'entendre dire ce mantra beaucoup plus souvent" a assuré mercredi sa porte-parole Jen Psaki.

Reste à savoir dans quelle mesure Donald Trump va imprimer sa marque sur la campagne des républicains pour les élections de mi-mandat.

Le tonitruant milliardaire a commenté avec une retenue inhabituelle le revirement annoncé de jurisprudence de la Cour suprême concernant le droit à l'avortement.

Dans une interview avec le site internet de la chaîne conservatrice Fox, l'ancien président n'a pas ouvertement applaudi la haute juridiction, qui porte son empreinte puisqu'il y a nommé pas moins de trois juges sur neuf.

Estimant que la question du droit à l'IVG devait être laissée aux Etats, il a déclaré, à propos de l'avortement: "Je pense que j'ai des soutiens des deux côtés." Selon tous les sondages, la majorité des Américains ne souhaitent pas revenir sur le droit à l'avortement tel qu'il existe.

Une nouvelle venue mardi de l'Ohio -- Etat industriel du Midwest où Joe Biden se rend d'ailleurs vendredi -- est venue confirmer son influence persistante sur le parti.

Son poulain, J. D. Vance, y a remporté une primaire républicaine disputée et essayera de ravir le siège du sénateur actuel, un démocrate.

"Il faut absolument que je remercie le 45ème président des Etats-Unis", a lancé mardi le candidat, qui dans le passé avait violemment critiqué le milliardaire républicain, avant de lui faire allégeance.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.