Le yacht d'un oligarque russe saisi aux îles Fidji à la demande des Etats-Unis

Intervention à la demande du ministère américain de la Justice afin de saisir le yacht Amadea amarré à Lautoka, aux Fidji le 5 mai 2022 montre (Photo, AFP).
Intervention à la demande du ministère américain de la Justice afin de saisir le yacht Amadea amarré à Lautoka, aux Fidji le 5 mai 2022 montre (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 06 mai 2022

Le yacht d'un oligarque russe saisi aux îles Fidji à la demande des Etats-Unis

  • Le navire Amadea, estimé à 325 millions de dollars, appartient, selon Washington, à l'homme d'affaires et député Suleiman Kerimov
  • Selon Washington, M. Kerimov a fait fortune grâce à ses participations dans de grandes entreprises énergétiques et financières russes

SUVA: Les autorités des îles Fidji ont saisi, à la demande des Etats-Unis, un superyacht soupçonné d'appartenir à un oligarque russe visé par des sanctions liées à la guerre en Ukraine, a annoncé jeudi le ministère américain de la Justice.

Le navire Amadea, estimé à 325 millions de dollars, appartient, selon Washington, à l'homme d'affaires et député Suleiman Kerimov, visé par des sanctions européennes et américaines.

Selon Washington, M. Kerimov a fait fortune grâce à ses participations dans de grandes entreprises énergétiques et financières russes, dont Gazprom et Sberbank. 

Amarré à Lautoka, dans l'ouest des Fidji, depuis la mi-avril, l'Amadea était immobilisé par les autorités fidjiennes depuis l'émission d'un mandat américain de saisie. Mardi, un tribunal local avait ordonné sa saisie, qui a eu lieu dans la foulée.

La demande de saisie de l'Amadea est fondée sur le fait qu'il "enfreindrait la législation américaine, notamment la loi sur les pouvoirs économiques en cas d'urgence internationale, de blanchiment d'argent et de conspiration", a déclaré jeudi le ministère américain dans un communiqué. 

M. Kerimov fait partie d'un groupe d'oligarques "qui profitent du gouvernement russe par le biais de la corruption et de ses activités malveillantes dans le monde entier, notamment l'occupation de la Crimée", a-t-il ajouté. 

L'Amadea mesure 107 mètres, dispose d'une piscine, d'un jacuzzi, d'un héliport et d'un "jardin d'hiver" sur le pont, selon le site spécialisé superyachtfan.com. 

"Il n'y a pas de cachette pour les avoirs des criminels qui soutiennent le régime russe", a de son côté affirmé dans un communiqué le ministre de la Justice américain Merrick Garland.

"Le ministère de la Justice s'efforcera sans relâche de tenir pour responsables ceux qui facilitent la mort et la destruction dont nous sommes témoins en Ukraine", a-t-il ajouté.

Ils ne peuvent pas se cacher

"Cette saisie montre aux oligarques russes corrompus qu'ils ne peuvent pas se cacher, même dans les endroits les plus reculés du monde", a commenté pour sa part la numéro deux du ministère américain de la Justice, Lisa Monaco. "Chaque yacht acheté avec de l'argent sale est dans notre viseur", a-t-elle assuré.

Plusieurs sites spécialisés indiquent que Kerimov en est le propriétaire, mais cela n'a pas pu être confirmé par l'AFP de manière indépendante.

Une société enregistrée comme étant propriétaire du bateau, Millemarin Investment, a demandé un sursis à exécution de cette saisie, dans l'attente d'une décision en appel. La haute Cour des Iles Fidji a refusé cette demande. 

Selon des médias de l'archipel, le yacht devrait prendre la direction des États-Unis dans les prochains jours.

Dans la copie du mandat américain publiée, la section énumérant les diverses éléments laissant penser que M. Kerimov est le véritable propriétaire du yacht a été partiellement caviardée. 

Elle mentionne que la propriété de l'Amadea a été transférée à Millemarin Investment en août 2021. 

Le mandat américain indique que les autorités fidjiennes ont fouillé le navire le mois dernier et trouvé de "nombreux" documents financiers liés à l'Amadea. Les détails des transactions ont été cachés. Les documents officiels indiquaient qu'après les Fidji, il devait se rendre aux Philippines. 

"Cependant, il y a des raisons de croire que la destination prévue était, en fait, Vladivostok ou d'autres eaux territoriales russes", selon le mandat.

L'Espagne avait déjà saisi en avril, à la demande des Etats-Unis, un superyacht d'une valeur de 90 millions de dollars, appartenant au milliardaire russe Viktor Vekselberg, un allié du président Vladimir Poutine.

Washington a annoncé en mars la création d'une cellule dédiée à la poursuite des "oligarques russes corrompus" et de tous ceux qui violeraient les sanctions adoptées par Washington contre Moscou.

Depuis, les Américains ont "sanctionné et bloqué des navires et avions pour une valeur de plus d'un milliard, ainsi que gelé des centaines de millions de dollars d'avoirs d'élites russes sur des comptes américains", d'après la Maison Blanche.

Le président Joe Biden espère pouvoir liquider ces actifs et utiliser l'argent pour compenser les dégâts subis par l'Ukraine. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.