Le peintre Raphaël est-il mort d’une "maladie de type coronavirus" ?

« Autoportrait » de Raphaël à l’exposition marquant le 500e anniversaire du maître de la Renaissance italienne, au Quirinal, Rome. (Alberto PIZZOLI/AFP)
« Autoportrait » de Raphaël à l’exposition marquant le 500e anniversaire du maître de la Renaissance italienne, au Quirinal, Rome. (Alberto PIZZOLI/AFP)
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Publié le Samedi 18 juillet 2020

Le peintre Raphaël est-il mort d’une "maladie de type coronavirus" ?

  • Un mythe populaire veut que le peintre, dont on célèbre cette année le 500e anniversaire de la mort, ait succombé en 1520, à seulement 37 ans, à la syphilis après avoir courtisé une dame de trop.
  • Selon une étude co-dirigée par l'historien de la médecine Michele Augusto Riva, de l’université de Milan Bicocca, Raphaël serait mort « d'une maladie pulmonaire très similaire au coronavirus que nous connaissons aujourd'hui »

ROME : Un Raphaël fiévreux souffrant d'une "maladie de type coronavirus" est mort après avoir omis de dire à ses médecins qu'il rendait secrètement visite à ses conquêtes par des nuits glaciales. Cette négligence a conduit les médecins à prescrire à tort des saignées, affirme une nouvelle étude consacrée au maître de la Renaissance. Un mythe populaire veut que le peintre, dont on célèbre cette année le 500e anniversaire de la mort, ait succombé en 1520, à seulement 37 ans, à la syphilis après avoir courtisé une dame de trop. Les experts s'accordent à dire qu'il a succombé à une infection.

La fièvre qui a terrassé le prolifique peintre et architecte a été soignée par "les meilleurs médecins de Rome, envoyés par le pape" qui craignaient de perdre cet artiste inestimable, a déclaré l'historien de la médecine Michele Augusto Riva. Selon le peintre italien Giorgio Vasari (1511-1574) et son chef-d'œuvre "Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes" consacré à la vie des peintres, Raphaël a omis de parler aux médecins de son temps de ses "fréquentes sorties nocturnes dans le froid" pour rendre visite à ses amantes.

"Il faisait beaucoup plus froid en mars à cette époque, et il est très probable qu'il ait attrapé une pneumonie", a déclaré M. Riva. Les médecins ont diagnostiqué une fièvre causée par un "excès d'humeurs" ou de sang et ont donc réalisé des saignées - via des incisions ou des sangsues - qui ont mortellement affaibli l'artiste, enfant prodige faisant partie du trio des maîtres de la Renaissance, avec Michel-Ange et Léonard de Vinci. Raphaël eut droit à sa mort à de grandioses funérailles au Vatican. Sa dépouille repose au Panthéon de Rome où une rose rouge orne sa tombe tout au long l'année 2020 marquant le demi-millénaire de sa disparition.

Dangers de la saignée

"A cette époque, les médecins étaient conscients des dangers de la saignée dans le traitement des maladies infectieuses, mais ils agissaient sur la base de fausses informations", a expliqué M. Riva, qui a co-signé l'étude avec trois collègues chercheurs de l'université de Milan Bicocca. "Une erreur médicale, et sa propre erreur en ne racontant pas fidèlement son histoire, ont contribué à la mort de Raphaël", a-t-il affirmé. Les chercheurs avaient préparé la courte étude, qui a été publiée cette semaine dans la revue Internal and Emergency Medicine, avant que la Covid-19 ne s'empare du nord de l'Italie fin février.

"D'après ce que nous savons, Raphaël est mort d'une maladie pulmonaire très similaire au coronavirus que nous connaissons aujourd'hui", a-t-il déclaré. Des récits contemporains de sa mort révèlent que la maladie du peintre "a duré 15 jours, Raphaël étant suffisamment calme pour mettre de l'ordre dans ses affaires, confesser ses péchés et recevoir les derniers sacrements", selon l'étude qui indique qu'il s'agissait d'une maladie aiguë, caractérisée par une fièvre élevée et continue. "Une infection sexuellement transmissible récente - comme la gonorrhée et la syphilis - ne pouvait pas expliquer la période d'incubation". "Une manifestation aiguë d'hépatite virale ne pouvait être envisagée sans jaunisse et autres signes d'insuffisance hépatique. Aucune épidémie de typhus ou de peste n'a été signalée dans la ville de Rome à cette époque", précise l'étude. Malgré sa mort prématurée, Raphaël a produit une grande quantité d'œuvres majeures, dont une grande partie se trouve au Vatican, dont les musées comprennent plusieurs salles remplies de ses fresques. Achevées par les élèves de Raphaël après sa mort, ces salles dites "Chambres de Raphaël" restent parmi les plus populaires des musées du Vatican.

 

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".