Photographie : Sabine Weiss ou l'éloge de la simplicité

La photographe franco-suisse Sabine Weiss devant ses œuvres, le 16 juillet, à l’occasion de la rétrospective qui lui est consacrée à Vannes. Loic VENANCE/AFP
La photographe franco-suisse Sabine Weiss devant ses œuvres, le 16 juillet, à l’occasion de la rétrospective qui lui est consacrée à Vannes. Loic VENANCE/AFP
Short Url
Publié le Samedi 18 juillet 2020

Photographie : Sabine Weiss ou l'éloge de la simplicité

  • Au port de Vannes, le Kiosque consacre une rétrospective à la photographe Sabine Weiss jusqu’au 6 septembre
  • Rattachée à l’école de la photographie humaniste, l’égale de Doisneau, Boubat ou Dieuzaide déplore la disparition de la simplicité et affiche sa préférence pour ses clichés « pris à la sauvette »

VANNES : "Et votre école, vous souvenez-vous comment était votre école ?" : la photographe humaniste Sabine Weiss, est particulièrement attachée, parmi ses innombrables clichés aux "choses simples", prises "à la sauvette". Durant des décennies de carrière, "j'ai fait de tout dans la photo : je suis allée dans des morgues, dans des usines, j'ai photographié des gens riches, j'ai fait des photos de mode... Mais ce qui reste, ce sont uniquement des photos que j'ai prises pour moi, à la sauvette", des photos pour le plaisir en dehors des commandes de travail, explique la photographe dont plus d'une centaine d’œuvres sont exposées au Kiosque, au port de Vannes, jusqu'au 6 septembre.

 

Celle que l'on a depuis longtemps rattachée à l'école de la photographie humaniste, à l'égal des Robert Doisneau, Édouard Boubat ou Jean Dieuzaide, confie comme elle a "eu beaucoup de plaisir à photographier l'humain, des choses très simples", ces choses qui, avec le temps, "ont un intérêt parce que c'est une époque très différente. Les choses ont tellement changé !" "A l'époque, les gens étaient contents qu'on les photographie" alors qu'aujourd'hui, "c'est fini pour certaines choses". Et la photographe née en Suisse en 1924 de raconter, pour illustrer son propos, une mésaventure à Paris, "il y a cinq ou six ans" : "après avoir bavardé avec elle, j'avais photographié une petite fille appuyée contre la vitrine d'un bistrot. Quelques mètres plus loin, des hommes me sont tombés dessus et voulaient me casser la figure à cause de cette photo. Comme c'était du numérique, j'ai dû prouver que j'avais bien tout effacé..."

"Photographiez !"

Photographier dans la rue, "tout dépend de la façon dont on le fait, en souriant, en rigolant. Ce n'est pas du vol, ce sont des témoignages (...) Ce sont toutes ces petites choses qui me touchent le plus", observe-t-elle. Actuellement, "les gens ne photographient pas tellement autour d'eux, mais plutôt eux-mêmes", constate-t-elle, en allusion aux selfies. Avec d'autres ou en présence d'une personnalité, "ils veulent garder un souvenir d'un moment de complicité". Sabine Weiss regrette que gagner sa vie soit devenu si difficile pour les jeunes photographes. "De mon temps, on vous commandait un reportage sur une personne ou sur un pays, vous n'aviez pas de question d'argent. J'ai pris des hélicoptères, des avions, j'en ai fait des choses sans demander à mon client et, parfois, tout ça sans factures !"

Aujourd'hui, celle qui a exposé dans le monde entier ne photographie "plus du tout". "Je ne touche pas du tout à l'appareil et je ne sais pas faire avec le téléphone", constate cette femme vive. "Et puis, je sors moins, le regard est différent (...) Maintenant, je travaille sur mes archives ou sur des projets de livres". Récemment, elle a eu la surprise qu'une famille, prise en photo il y a des années, se soit reconnue : "Ils m'ont écrit, c'est quelque chose qu'on ne voit plus... (...) Sur la photo, ils ont sorti une espèce de banquette et ils pique-niquent. C'est la vie toute simple. Ça n'existe plus".

Pour Sabine Weiss, ce sont toutes ces traces de vie qu'il faudrait conserver au fil du temps. "Il faut dire aux gens : photographiez, photographiez les gens, les choses autour de vous. Dites-le !", insiste-t-elle, avant de regretter : "même moi qui suis photographe, je n'ai jamais pensé à photographier les chambres dans lesquelles j'ai vécu (...) Ce sont des choses très simples, des choses qu'on ne photographie pas parce qu'elles ont l'air ordinaire, sans intérêt... Votre école, vous vous souvenez comment était votre école ?".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".