Pour les Roms d'Ukraine, le poids des discriminations alourdit celui de la guerre

Membre de la minorité Rom, Lioudmyla, 59 ans, pose avec son petit-fils devant sa maison dans le village de Trebukhiv, région de Kiev, le 25 mai 2022 (Photo, AFP).
Membre de la minorité Rom, Lioudmyla, 59 ans, pose avec son petit-fils devant sa maison dans le village de Trebukhiv, région de Kiev, le 25 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 26 mai 2022

Pour les Roms d'Ukraine, le poids des discriminations alourdit celui de la guerre

  • De nombreux Roms ukrainiens -- une communauté estimée à 50 000 personnes dans le recensement et à 400 000 par les associations -- disent peiner à accéder à l'aide déployée depuis le début de l'offensive russe
  • Au delà du manque de solidarité envers eux, les Roms peinent à accéder à certaines aides faute de papiers d'identité

KIEV: Déplacée par la guerre, Lioudmyla s'était mise d'accord par téléphone avec les autorités d'une ville de l'ouest de l'Ukraine pour être relogée. "Mais quand je suis arrivée, et qu'ils ont vu ma peau sombre, ils ont refusé de me donner un abri."

Membre de la minorité Rom, cette femme de 59 ans, qui préfère taire son nom de famille, est, selon ses propres termes, "une success story" pour sa communauté parce qu'elle a fait des études, tout comme sa fille Ilona, juriste.

Les deux femmes ont donc négocié ferme, menacé de porter plainte et ont finalement obtenu, après une journée entière de tractations, les clés d'une chambre, où elles ont passé un mois avec la belle-mère d'Ilona et trois enfants.

"Si je n'avais pas été éduquée, on se serait retrouvé à dormir dans la rue ou à la gare", estime Lioudmyla qui vient de rentrer chez elle, à Treboukhiv dans la banlieue de Kiev, rassurée par le repli des soldats russes vers le sud et l'est du pays.

Comme elle, de nombreux Roms ukrainiens -- une communauté estimée à 50 000 personnes dans le recensement et à 400 000 par les associations -- disent peiner à accéder à l'aide déployée depuis le début de l'offensive russe, le 24 février. 

"Le principal problème est le logement: les gens ne veulent pas accueillir des familles roms", explique à l'AFP Julian Kondour de l'association Chiricli, en expliquant que des préjugés tenaces continuent d'alimenter une "peur" des Roms en Ukraine, comme dans de nombreux autres pays.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a d'ailleurs épinglé mercredi la Moldavie, où de nombreux Roms des montagnes voisines des Carpates se sont réfugiés. Les autorités moldaves les "hébergent délibérément à l'écart des autres réfugiés", a écrit l'association de défense des droits de l'Homme, en dénonçant une politique "ségrégationniste".

«Habitués»

En amont de ces villes et pays d'accueil, la hotline ouverte par Chiricli a recueilli des témoignages d'incidents survenus au moment des évacuations. "Un chauffeur de bus a refusé de laisser monter une famille qui fuyait Kharkiv", cite le jeune militant.

Mais pour lui, "les Roms sont tellement habitués aux discriminations, qu'ils les considèrent normales" et les dénonciations sont rares.

Lioudmyla, elle-même, avait d'abord assuré à l'AFP n'avoir subi "aucune discrimination", avant de raconter ses mésaventures autour d'une tasse de thé, dans sa maison où cohabitent plusieurs générations. 

Au delà du manque de solidarité envers eux, les Roms peinent à accéder à certaines aides faute de papiers d'identité.

Pour échapper à la répression à l'époque soviétique, ils évitaient de s'enregistrer. "A l'époque, on disait +si tu n'as pas de passeport, tu n'as pas de problème+", plaisante Julian Kondour.

Depuis l'indépendance de l'Ukraine en 1991, de nombreux Roms ont franchi le pas, mais 30.000 n'ont, selon lui, toujours pas de documents officiels. Or "ils sont indispensables pour obtenir les colis alimentaires et les aides financières du gouvernement ou des Nations Unis", dit-il.

«On souffre aussi»

Pour toutes ces raisons, "les Roms comptent surtout sur eux-mêmes", explique Valentina Zolotarenko qui, en tant que "médiatrice" aide les membres de sa communauté à accéder aux services publics.

Pendant les quinze premiers jours de la guerre, Lioudmyla a ainsi abrité une cinquantaine de Roms dans son sous-sol. 

Vêtue d'une longue robe à fleurs, comme le veut la tradition rom, elle explique garder de cette période un souvenir "effrayant": "les chars russes n'étaient qu'à dix kilomètres, on entendait tout le temps des explosions". 

Et il faisait tellement froid qu'un de ses petits-fils est tombé gravement malade.

"A la télé, on ne voit que les autres Ukrainiens, mais nous aussi on souffre de la guerre", commente Valentina Zolotarenko. 

Pour autant cette femme énergique, née en Russie il y a 59 ans, n'a aucun doute: "malgré les bombes, je préfère être Rom en Ukraine qu'en Russie. La situation est bien pire pour ma communauté là-bas".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.