Photo: l'Orient compliqué dans le viseur du festival de La Gacilly

Pour sa 19e édition, le festival photo de la Gacilly (Morbihan) met l'Orient compliqué dans son viseur (photo, festival de la Gacilly)
Pour sa 19e édition, le festival photo de la Gacilly (Morbihan) met l'Orient compliqué dans son viseur (photo, festival de la Gacilly)
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Publié le Samedi 04 juin 2022

Photo: l'Orient compliqué dans le viseur du festival de La Gacilly

  • L'Afghanistan est l'un des trois pays, avec l'Iran et le Pakistan, mis à l'honneur par le festival de photo en plein air qui se revendique le plus grand de France
  • Entre photos de la chute de Kaboul et hommage à la beauté d'un peuple et d'un pays, le Festival expose des dizaines de clichés des deux reporters de l'AFP

LA GACILLY, France : Plaquée sur un mur à l'entrée du village, une immense photo montre une femme afghane maquillée, fumant une cigarette au volant d'une voiture: pour sa 19e édition, le festival photo de la Gacilly (Morbihan) met l'Orient compliqué dans son viseur.

«Demander à ces femmes de poser pour moi a été un défi», raconte l'auteur du cliché, la photographe afghane Fatimah Hossaini, 28 ans, réfugiée en France après la chute de Kaboul aux mains des Talibans l'été dernier.

Burqa relevée, yeux maquillés, cigarette à la main, la jeune femme pose au volant de sa voiture, une véritable provocation pour le nouveau régime.

«J'ai voulu montrer la résilience et l'espoir et la beauté que je pouvais trouver en Afghanistan», explique la photographe qui fait la part belle aux femmes, voilées ou pas, dans son exposition. «La situation des femmes afghanes est incroyable, j'espère que les femmes en Afghanistan et dans le monde vont garder la tête haute».

L'Afghanistan est l'un des trois pays, avec l'Iran et le Pakistan, mis à l'honneur par le festival de photo en plein air qui se revendique le plus grand de France, installé depuis près de deux décennies dans les ruelles et venelles du pittoresque village de La Gacilly, entre Rennes et Vannes.

Trois pays qui, outre la splendeur envoûtante de leurs paysages, partagent quelques traits: «des régimes assez oppressants et des droits des femmes pas très respectés», explique dans un euphémisme Cyril Drouhet, commissaire des expositions.

Afghanistan encore avec les «Éclats de paix» de Véronique de Viguerie, lauréate des plus prestigieuses récompenses de la profession, et grande spécialiste de ce pays. Entre des clichés de visages d'enfants ou de talons hauts sous la burqa, une image d'apparence anodine, mais rare dans ce pays: un moment de tendresse entre un nomade pachtoune et son épouse, tout sourire, qu'il embrasse en la tenant par l'épaule.

«Je suis très triste d'assister, impuissante, au recul d'un pays pour lequel on a eu tant d'espoirs», commente la reporter.

-Hymne à la vie-

Triste et inconsolable également, le photographe afghan de l'AFP Wakil Kohsar -l'agence internationale est partenaire du Festival-  lorsqu'il évoque la mort dans un attentat suicide en 2018 de son ancien collègue Shah Marai.

Entre photos de la chute de Kaboul et hommage à la beauté d'un peuple et d'un pays, le Festival expose des dizaines de clichés des deux reporters de l'AFP.

Comme chaque année, La Gacilly accorde une place particulière à un grand nom de la photo. Cette année, c'est au tour d'une «légende» iranienne: Abbas (Attar), ex-journaliste à l'agence Magnum. Le festival lui consacre la première rétrospective de son œuvre depuis sa mort en 2018, dans l'un des écrins de verdure qui jalonnent le parcours.

Sans surprise, cette 19e édition réserve plus de la moitié de ses galeries à ce qui fait son ADN : célébrer la Terre, ses relations et interactions avec l'Homme, la nécessité de la préserver.

Des paysages grandioses des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) par Mélanie Wenger, aux tenues ubuesques et vaguement inquiétantes de l'«Homo détritus» de Stephan Gladieu en RDCongo, en passant par la pollution au charbon en Inde presque palpable des photos de Money Sharma (AFP New Delhi), la beauté fragile d'une nature malmenée interpelle et bouleverse.

Mais La Gacilly se veut d'abord un «hymne à la Terre et un hymne à la vie». «On veut que les gens repartent avec un peu d'espoir!», explique le président du festival Auguste Coudray.

Comme l'an dernier, le festival, gratuit, espère accueillir plus de 300.000 visiteurs d'ici fin septembre.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".