Chili : référendum dimanche sur un changement de Constitution

Manifestante portant un masque marqué « Oui, j'approuve la nouvelle constitution » lors d’un rassemblement en faveur de la modification de la constitution établie sous le régime Pinochet, avant le référendum de dimanche.  (Martin Bernetti / AFP)
Manifestante portant un masque marqué « Oui, j'approuve la nouvelle constitution » lors d’un rassemblement en faveur de la modification de la constitution établie sous le régime Pinochet, avant le référendum de dimanche. (Martin Bernetti / AFP)
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Publié le Vendredi 23 octobre 2020

Chili : référendum dimanche sur un changement de Constitution

  • En octobre 2019, l'augmentation du prix du ticket de métro déclenchait une crise sociale sans précédent au Chili, révélant un profond malaise dans un pays où l'eau, l'électricité, le gaz, ainsi que l'éducation, la santé et les retraites relèvent essentiel
  • Le 15 novembre, après un mois de violentes manifestations, la coalition gouvernementale et les principaux partis d'opposition parvenaient à un accord sur l'organisation d'un référendum sur la Constitution qui aura finalement lieu ce dimanche

SANTIAGO DU CHILI : Un an après l'éclatement d'une contestation d'une ampleur inédite contre les inégalités, les Chiliens sont appelés à se prononcer dimanche par référendum sur un changement de Constitution, considérée par beaucoup comme un frein à plus de justice sociale.

Cette demande figurait en bonne place dans les revendications des manifestations qui ont éclaté à partir du 18 octobre 2019 pour se transformer en une vague de contestation sociale sans précédent depuis le retour de la démocratie en 1990.

Pour les partisans du "Apruebo" (je suis d'accord), essentiellement dans l'opposition de gauche, une nouvelle Constitution lèverait un obstacle essentiel à de profondes réformes sociales, dans un des pays parmi les plus inégalitaires d'Amérique latine.

"Je suis d'accord (Apruebo) pour que la dignité devienne la normalité", peut-on lire sur des graffitis sur de nombreux murs de la capitale.

Les défenseurs du "Rechazo" (je rejette), qui rassemblent les partis les plus conservateurs, estiment de leur côté qu'il est possible d'introduire des changements dans le texte fondamental, garant selon eux ces dernières décennies de la stabilité du Chili, sans avoir besoin de le remplacer.

"Je ne veux pas que mon pays tombe dans les mêmes mains qu'en Argentine ou au Venezuela et tous ces pays qui sont un désastre", estime Hernan Allende, un agent immobilier de 63 ans.

A l'occasion du vote, les électeurs devront répondre à deux questions : l'une sur le remplacement ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, à savoir la mise en place d'une "Convention mixte" composée à parts égales de citoyens élus et de parlementaires en exercice, ou d'une "Convention constituante" intégralement composée de citoyens élus.

Selon un dernier sondage de l'Institut national Cadem, le "Apruebo" l'emporterait à 74%.

Pour ses partisans, il s'agirait également de se débarrasser des derniers stigmates de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), le texte fondamental en vigueur ayant été approuvé le 11 septembre 1980 lors d'un référendum controversé.

Initialement prévu le 26 avril, le scrutin avait été finalement repoussé à fin octobre en raison de l'épidémie qui a durement frappé le pays de 18 millions d'habitants, mais qui se stabilise désormais.

"Pas 30 pesos, mais 30 ans"

En octobre 2019, alors que le président conservateur Sebastian Piñera décrétait que le Chili était un "oasis" de stabilité en Amérique latine, l'augmentation de 30 pesos (3 centimes d'euros) du prix du ticket de métro allait subitement déclencher une crise sociale sans précédent dans le pays.

Cette revendication portée par des lycéens enjambant les portiques du métro a mis au jour un profond malaise dans la société chilienne où l'eau, l'électricité, le gaz, ainsi que l'éducation, la santé et les retraites relèvent essentiellement du secteur privé.

L'action de l'État étant limitée dans ces domaines par la Constitution, il s'agissait dès lors pour les manifestants d'en changer.

"Ce n'est pas 30 pesos, mais 30 ans" d'inégalités depuis la fin de la dictature, dénonçaient les manifestants, qui le 25 octobre dépassaient le million sur la Plaza d'Italia, épicentre des rassemblements. Du jamais vu dans le pays sud-américain.

Le 15 novembre, après un mois de violentes manifestations, la coalition gouvernementale et les principaux partis d'opposition parvenaient à un accord historique sur l'organisation de ce référendum.

Par cette décision, la classe politique a "décodé correctement" la crise qui se manifestait la rue, estime le philosophe politique Cristobal Bellolio, qui espère que ce référendum "aura la capacité de légitimer les institutions politiques pour les 30 ou 40 prochaines années".

La crise a aussi révélé un maintien de l'ordre brutal : la police chilienne a été accusée "de graves violations des droits de l'Homme" par l'ONU et Amnesty International (AI).

Au total, les incendies, pillages et la répression ont fait trente morts. Quelque 460 personnes ont par ailleurs été éborgnées par les tirs de chevrotine.

Le président Piñera, qui n'a pas déclaré publiquement s'il était "Apruebo" ou "Rechazo", a appelé les Chiliens à voter massivement et espère ainsi une "réconciliation nationale". (AFP)

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.