«  Je serai libre seulement quand », la liberté rêvée par des artistes arabes

Chansons, danses, poèmes avec un brin d'humour. Dans un théâtre en plein air en bord de mer en Tunisie, des jeunes arabes ont exprimé par l'art leur vision d'une liberté qui fait souvent défaut dans leurs pays. (AFP).
Chansons, danses, poèmes avec un brin d'humour. Dans un théâtre en plein air en bord de mer en Tunisie, des jeunes arabes ont exprimé par l'art leur vision d'une liberté qui fait souvent défaut dans leurs pays. (AFP).
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Publié le Jeudi 30 juin 2022

«  Je serai libre seulement quand », la liberté rêvée par des artistes arabes

  • La cérémonie, la 4ème du genre, s'est paradoxalement déroulée en Tunisie, berceau du Printemps arabe
  • Le concours a également servi de vitrine pour des talents qui montent comme le Palestinien Ahmed Al-Qrinawi, venu de la bande de Gaza, enclave sous blocus israélien

HAMMAMET: Chansons, danses, poèmes avec un brin d'humour. Dans un théâtre en plein air en bord de mer en Tunisie, des jeunes arabes ont exprimé par l'art leur vision d'une liberté qui fait souvent défaut dans leurs pays.

Le spectacle, organisé ce weekend dans la station balnéaire de Hammamet au sud de Tunis et retransmis en direct par douze chaînes de télévision arabes, mettait à l'honneur les lauréats d'un concours en ligne consistant à compléter par une expression artistique la phrase débutant par: "Je serai libre seulement quand..."

Connu sous le nom de #DDX, le show est organisé par le groupe de production Munathara (Débat), créé dans la foulée des révoltes de 2011 du Printemps arabe qui ont suscité de grands espoirs de démocratie dans une région à la population très majoritairement jeune.

La cérémonie, la 4ème du genre, s'est paradoxalement déroulée en Tunisie, berceau du Printemps arabe, au moment où sa jeune démocratie vacille depuis le coup de force du président Kais Saied qui s'est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021.

Cet évènement vise "à susciter des échanges indispensables sur les droits, les libertés et le changement sociétal dans le monde arabe", dit à l'AFP le fondateur algéro-allemand de Munathara, Belabbas Benkredda, 43 ans.

Les "grands espoirs" suscités par le Printemps arabe se sont estompés avec une reprise en main autoritaire ou des conflits civils et "l'optimisme a cédé la place au cynisme, y compris chez les jeunes", regrette-il.

Selon lui "la génération Z du monde arabe a atteint sa maturité politique dans un contexte de désespoir et de division sociale".

« Rébellion »

"La liberté des jeunes est restreinte et pas seulement dans le monde arabe", opine le réfugié syrien et comédien de stand-up Mohamed Al-Kurdi, 22 ans, l'un des 20 lauréats présents à la cérémonie.

Assis au bord de la scène illuminée par des projecteurs pendant une pause, M. Kurdi, dont le compte TikTok "MidoKrdi" compte plus de 2,3 millions d'abonnés, aborde dans ses sketchs "les limites qu'on s'impose, la peur de l'échec et la peur du succès: ces choses qui freinent notre liberté".

Dans ce spectacle, il s'est associé à la Libanaise Dana Ali Makki, 22 ans, dans une comédie sur la relation entre une femme et son mari autoritaire.

"Je suis libre quand je peux dire ce que je veux, à haute voix, sans avoir peur de personne. Libre de toutes les restrictions que la société impose, en particulier aux femmes", dit Mme Makki, originaire de Nabatiyeh, dans le sud du Liban, pour expliquer sa vision de la "liberté".

En dépit des difficultés, la comédienne estime que les jeunes dans le monde arabe jouissent de davantage de liberté que leurs parents.

"Il y de plus en plus de rébellion contre les coutumes, les traditions, la religion et la société", souligne-t-elle

« Résistez »

M. Benkredda estime que son show offre un modèle alternatif pour les échanges "dans une région où les débats publics, même sur les droits fondamentaux, peuvent être polarisants, en particulier sur les réseaux sociaux".

Le concours a également servi de vitrine pour des talents qui montent comme le Palestinien Ahmed Al-Qrinawi, venu de la bande de Gaza, enclave sous blocus israélien.

Ce jeune poète de 25 ans a appris, seul, à jouer du luth, dont il a fabriqué un modèle spécial à sept cordes avec l'aide d'un ami charpentier.

"Je ne serai libre que lorsque j'aurai un pays normal, où la mort ne me guette pas", dit le premier couplet de sa chanson.

"A Gaza, il n'y a pas de liberté", déplore M. Qrinawi. "La liberté n'est pas une question de nourriture et de boisson. Vous pouvez apportez de la nourriture à un oiseau que vous avez mis dans une cage mais il sera toujours en captivité".

Pour Mme Makki, l'actrice libanaise, le spectacle était une opportunité de livrer un autre message.

"Vous ne pouvez pas rester chez vous les bras croisés ou garder le silence. Apprenez à dire non à l'oppression et à la répression", dit-elle en montrant un tatouage sur son avant-bras: "Résistez!".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".