Le roman qui fait ressurgir Action directe, avec tact

Monica Sabolo (capture d’écran, Librairie Mollat, octobre 2019)
Monica Sabolo (capture d’écran, Librairie Mollat, octobre 2019)
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Publié le Dimanche 11 septembre 2022

Le roman qui fait ressurgir Action directe, avec tact

  • Action directe reste dans la mémoire collective pour l'assassinat du PDG de Renault Georges Besse, devant son domicile à Paris en novembre 1986
  • Journaliste du quotidien Le Monde, Monica Sabolo imaginait le processus de radicalisation de Joëlle Aubron, morte en 2006, et le travail des policiers pour la retrouver avec ses complices, dans une ferme du Loiret en 1987

PARIS : Un roman phare de la rentrée littéraire, «La Vie clandestine» de Monica Sabolo, fait ressurgir des membres du groupe Action directe, qui ont semé la mort et vivent libres, mais y parvient avec tact.

Il en fallait pour s'attaquer à ce sujet, tant il reste de personnes endeuillées par le déchaînement de violence de cette organisation armée d'extrême gauche, entre 1979 et 1986.

Action directe reste dans la mémoire collective pour l'assassinat du PDG de Renault Georges Besse, devant son domicile à Paris en novembre 1986. Mais le groupe, en revendiquant ou se voyant attribuer près de 80 attentats, a fait beaucoup d'autres victimes, dont certaines n'ont jamais trouvé de meurtrier désigné.

«La Vie clandestine» est sorti en août aux éditions Gallimard, trois mois après un autre roman sur Action directe, «La Fille de Deauville» de Vanessa Schneider (éditions Grasset).

Cette journaliste du Monde imaginait, avec une forme très libre, le processus de radicalisation de Joëlle Aubron, morte en 2006, et le travail des policiers pour la retrouver avec ses complices, dans une ferme du Loiret en 1987.

- «Humanité troublante» -

Journaliste elle aussi, Monica Sabolo a fait tout l'inverse: ne rien imaginer.

Et elle a réussi, grâce à Hellyette Bess, 91 ans, ancienne militante et appui logistique, à rencontrer Nathalie Ménigon, 65 ans, restée très discrète depuis sa sortie de prison en 2008, et Régis Schleicher, 65 ans également, libre depuis 2009.

Jean-Marc Rouillan, 70 ans, sorti de prison en 2012, apparaît en revanche surtout par ses écrits. Il se cache moins, et avait accordé un entretien à l'AFP en 2018.

Le portrait de Nathalie Ménigon et Régis Schleicher fait réfléchir à la réinsertion de détenus qui, lors de leur procès d'assises, choquèrent par leur rejet total de la société qui les jugeait, exprimé avec beaucoup de mépris.

«On projette des choses sur les gens, qui deviennent des personnages de fiction. Et quand vous approchez des êtres, vous voyez qu'ils sont bien plus complexes, avec plein d'ambivalence, de sincérité, des difficultés aussi à regarder certaines choses en face, mais finalement une humanité troublante», dit l'autrice à l'AFP, à l'occasion du festival Le Livre sur la place à Nancy.

D'abord taciturne quand arrive la romancière, Nathalie Ménigon «parle finalement beaucoup. Et elle n'exprime pas forcément ce que je suis venue rechercher», raconte-t-elle.

- «Pas de repentir» -

«La Vie clandestine», titre sur lequel Gallimard misait pour les prix littéraires d'automne, a séduit. Les jurys du Goncourt et du Renaudot dans leur première sélection. Il a également remporté vendredi le prix du Roman News, qui récompense la non-fiction romanesque.

Ce succès implique de se faire poser des questions sur Action directe, sujet dont Monica Sabolo mesure la gravité. «C'est parce que je le transforme en roman que c'est possible de l'aborder», concède-t-elle.

Elle assume être partie dans l'écriture avec une idée choc: «C'était un bon sujet. J'allais écrire un truc facile et spectaculaire», écrit-elle dans son prologue.

L'entreprise, comme le détaille le récit au fil des 300 pages, va déboucher sur un tout autre livre. Il est jalonné d'incertitudes et de questionnements sans fin, là où Action directe, pour justifier sa violence, assénait des dogmes.

Avec les divers procès, rappelle l'autrice, «il y a eu une justice. Il n'y a pas eu de repentir. C'est ça qui m'interroge surtout: comment fait-on pour vivre quand ceux qui nous ont fait du mal ne nous ont pas demandé pardon ?».


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".