Un Américain au coeur du podcast Serial libéré après 23 ans en prison

Adnan Syed, aujourd'hui âgé de 42 ans, a toujours affirmé qu'il était innocent et qu'il n'avait pas tué Hae Min Lee (Photo, AP).
Adnan Syed, aujourd'hui âgé de 42 ans, a toujours affirmé qu'il était innocent et qu'il n'avait pas tué Hae Min Lee (Photo, AP).
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Publié le Mardi 20 septembre 2022

Un Américain au coeur du podcast Serial libéré après 23 ans en prison

  • Adnan Syed avait été condamné à la réclusion à perpétuité en 2000 pour le meurtre de son ancienne petite amie Hae Min Lee
  • Dans un revirement inattendu, la procureure de la ville, Marilyn Mosby, avait déposé la semaine dernière une requête en annulation de ce verdict

BALTIMORE: Une juge américaine a annulé lundi la condamnation d'un homme détenu depuis 23 ans pour un meurtre qu'il a toujours nié, un dossier au cœur du podcast au succès planétaire "Serial".

Adnan Syed, 42 ans, avait été condamné à la réclusion à perpétuité en 2000 pour le meurtre de son ancienne petite amie Hae Min Lee à Baltimore, sur la côte est des Etats-Unis.

Dans un revirement inattendu, la procureure de la ville, Marilyn Mosby, avait déposé la semaine dernière une requête en annulation de ce verdict, en expliquant avoir des doutes sur la culpabilité d'Adnan Syed, et avait demandé sa remise en liberté.

Mme Mosby avait expliqué avoir découvert l'existence de "deux suspects alternatifs", une information cruciale mal exploitée à l'époque et qui, surtout, n'avait pas été communiquée à la défense avant le procès.

Lundi, une magistrate a donc validé la demande de la procureure, lors d'une audience dans une salle bondée d'un tribunal de Baltimore. "Dans l'intérêt de la justice et de l'équité, la motion est acceptée et l'accusé va être libéré" et équipé d'un bracelet électronique, a déclaré la juge Melissa Phinn.

Des agents ont alors retiré les entraves d'Adnan Syed, tandis qu'une partie de la salle applaudissait avant d'être rappelée à l'ordre. La barbe fournie, et la tête couverte d'un calot, il n'a pas manifesté de réaction.

"Il a du mal à croire que c'est bien vrai" et "veut désormais passer du temps avec sa famille", a confié son avocate Erica Suter devant le palais de justice, tandis que son client s'engouffrait dans une voiture sans faire de déclaration.

«Trompé»

La procureure Marilyn Mosby a, elle, insisté, sur le fait que la justice n'avait "pas encore déclaré Adnan Syed innocent" et qu'elle attendrait les résultats d'analyse ADN complémentaires avant de décider d'abandonner les poursuites contre lui ou d'organiser un nouveau procès.

Elle a 30 jours pour le faire. Quelle que soit sa décision, elle a promis de continuer l'enquête "pour assurer que la famille de Hae Min Lee connaisse avec certitude le coupable".

Pendant l'audience, le frère de la jeune femme, Young Lee, a pris la parole par téléphone pour expliquer son désarroi. Disant "vivre un cauchemar qui ne s'arrête jamais", il a confié se sentir "trompé" par les procureurs qui ont soutenu pendant des années tenir le bon coupable, avant de finalement changer d'avis.

L'affaire avait débuté en février 1999, quand la police avait retrouvé le corps de Hae Min Lee, 18 ans, à demi-enseveli dans un bois de Baltimore. Arrêté à l'âge de 17 ans, Adnan Syed avait été condamné à la prison à vie un an plus tard.

Selon l'accusation, il n'avait pas supporté qu'elle le quitte pour un autre et l'avait étranglée. Lui a toujours clamé son innocence, se disant victime de préjugés anti-musulmans.

En 2014, une équipe de journalistes avait mené une contre-enquête, racontée en douze épisodes dans la première saison de "Serial". Précurseur de l'ère des podcasts, ce feuilleton radio a, selon ses producteurs, été téléchargé plus de 300 millions de fois. Il a également inspiré un documentaire sur la chaîne HBO.

Alibi

L'enquête des journalistes de "Serial" avait montré que l'avocate d'Adnan Syed avait négligé une expertise de téléphonie mobile favorable à l'accusé, ainsi que le témoignage d'une jeune fille qui lui offrait un alibi potentiel.

Leur travail avait entraîné une réouverture du dossier et, en mars 2018, une cour d'appel du Maryland avait ordonné un nouveau procès, estimant que l'avocate avait apporté une "aide inefficace" à son client.

En mars 2019, la Cour suprême du Maryland avait reconnu que l'avocate avait eu tort de ne pas présenter certains éléments, mais elle avait estimé qu'"étant donné la totalité des preuves", le verdict n'aurait pas été différent si elle les avait inclus. Elle avait donc refusé l'organisation d'un nouveau procès.

La défense d'Adnan Syed s'était alors tournée vers la Cour suprême des Etats-Unis. En 2019, celle-ci avait refusé d'intervenir, ce qui avait semblé mettre un terme à ses espoirs de libération.

Mais la procureure de Baltimore, qui dispose d'un service dédié à la correction des erreurs judiciaires, a rouvert une nouvelle fois le dossier, provoquant finalement ce dernier renversement judiciaire.

Un nouvel épisode de "Serial" sera diffusé mardi matin, a annoncé lundi le podcast sur son compte Twitter.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.