Le sociologue des ouvriers et des riches Michel Pinçon est mort

Sur cette photo d'archive prise le 17 septembre 2011, les sociologues français Monique Pinçon-Charlot  et Michel Pinçon lors d'une séance de dédicace à La Courneuve. (Photo, Archives, AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 17 septembre 2011, les sociologues français Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon lors d'une séance de dédicace à La Courneuve. (Photo, Archives, AFP)
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Publié le Mercredi 28 septembre 2022

Le sociologue des ouvriers et des riches Michel Pinçon est mort

Dans cette photo d'archive prise le 17 septembre 2011, les sociologues français Monique Pinçon-Charlot  et Michel Pinçon lors d'une séance de dédicace à La Courneuve. (Photo, Archives, AFP)
  • Michel Pinçon, 80 ans, ancien directeur de recherches au CNRS, s'est éteint lundi à l'hôpital Broca à Paris, après avoir été touché par la maladie d'Alzheimer, a précisé Monique Pinçon-Charlot, 76 ans
  • Le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel, sur Twitter, a rendu «hommage à ce compagnon de route, grand sociologue, qui n'a eu de cesse, avec Monique, de décrypter les rapports de domination sous toutes ses formes»

PARIS: Le sociologue Michel Pinçon, qui avait commencé comme sociologue des ouvriers avant de se tourner vers la transmission de la richesse dans la noblesse et la haute bourgeoisie, est décédé, a-t-on appris mercredi auprès de son épouse. 

Michel Pinçon, 80 ans, ancien directeur de recherches au CNRS, s'est éteint lundi à l'hôpital Broca à Paris, après avoir été touché par la maladie d'Alzheimer, a précisé Monique Pinçon-Charlot, 76 ans. 

L'essentiel de son œuvre a été écrit en collaboration avec elle. "Je dis toujours que nous avons écrit 27 livres à quatre mains", a-t-elle déclaré. 

Leurs ouvrages de référence s'appellent "Dans les beaux quartiers" (Seuil, 1989) ou encore "Les Ghettos du gotha" (Seuil, 2007). 

Il avait d'abord publié deux livres sur les milieux populaires, dont un en 1982 ("Cohabiter") à l'issue d'une longue enquête en immersion dans une cité HLM de la banlieue de Nantes. 

Puis, constatant le désintérêt de leurs collègues sociologues pour les plus favorisés, le couple avait choisi de se plonger dans la vie des familles fortunées. Grâce à l'entremise d'un collègue issu de cette classe sociale, Paul Rendu, ils avaient pu s'entretenir avec et partager un peu la vie des très riches, dont ils étaient extrêmement critiques. 

"Vivant pour l'essentiel dans leurs quartiers et dans des espaces protégés, les classes privilégiées n'ont guère de contacts avec les autres groupes sociaux", écrivent les auteurs de "Dans les beaux quartiers". 

Depuis leur retraite en 2007 et l'abandon de leur obligation de réserve, les Pinçon-Charlot ont pris des positions parfois vivement critiquées, pour une taxation des riches surtout. 

« Névroses de classe » 

Né le 18 mai 1942 à Lonny, un village des Ardennes, Michel Pinçon a grandi dans une famille ouvrière. 

"Il a été passionné, habité par la sociologie depuis son enfance, avec son origine ouvrière de la vallée de la Meuse, et son attachement à l'État providence qui donnait à des enfants comme lui la possibilité de faire ses études", a expliqué son épouse. 

Ils se sont rencontrés en 1965 lors de leurs études à Lille. "Ça a été un coup de foudre réciproque, entre deux boiteux qui avaient des névroses de classe inversées", a commenté Monique Pinçon-Charlot, qui est d'origine bourgeoise, fille d'un magistrat. 

Fascinés par la sociologie de Pierre Bourdieu, qui fut leur professeur à l'université de Lille, ils ont fait une longue carrière de chercheurs à partir des années 1970. 

"Michel a toujours été habité par cette volonté de comprendre les injustices, qu'elles soient sociales, économiques, et surtout symboliques, celles dont il a le plus souffert lui-même", a expliqué son épouse. 

Les deux sociologues ont publié des ouvrages très critiques contre deux présidents de la République. Ce fut Nicolas Sarkozy en 2010, dans "Le Président des riches: enquête sur l'oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy". Puis Emmanuel Macron en 2019, dans "Le Président des ultra-riches: chronique du mépris de classe dans la politique d'Emmanuel Macron". 

Le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel, sur Twitter, a rendu "hommage à ce compagnon de route, grand sociologue, qui n'a eu de cesse, avec Monique, de décrypter les rapports de domination sous toutes ses formes". 

"Michel Pinçon n'a jamais fait semblant d'être neutre", a écrit le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan. 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".