La collection Sindbad Jeunesse, un espace d’échange entre les jeunes des deux rives de la Méditerranée

La nouvelle collection de livres pour enfants lancée cet automne par la maison d’édition Actes Sud, sous l’intitulé «Sindbad Jeunesse». (Photo fournie)
La nouvelle collection de livres pour enfants lancée cet automne par la maison d’édition Actes Sud, sous l’intitulé «Sindbad Jeunesse». (Photo fournie)
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Publié le Jeudi 13 octobre 2022

La collection Sindbad Jeunesse, un espace d’échange entre les jeunes des deux rives de la Méditerranée

La nouvelle collection de livres pour enfants lancée cet automne par la maison d’édition Actes Sud, sous l’intitulé «Sindbad Jeunesse». (Photo fournie)
  • Il s’agit de proposer à de jeunes lecteurs un même texte, en deux langues, le français et l’arabe publiés dans un même livre, qui convergent et se retrouvent autour des mêmes valeurs
  • Cette collection a pour objectif d’«accompagner l’apprentissage de la langue arabe en France et dans les pays francophones, mais aussi du français dans le monde arabe»

PARIS: Mettre face à face deux mondes, deux imaginaires, deux langues et les faire dialoguer, se découvrir et coexister. Proposer à de jeunes lecteurs un même texte, en deux langues, le français et l’arabe publiés dans un même livre, qui convergent et se retrouvent autour des mêmes valeurs. Favoriser l’apprentissage, tout en soulignant la réciprocité et la richesse mutuelle.

Tel est le défi que représente la nouvelle collection de livres pour enfants lancée cet automne par la maison d’édition Actes Sud, sous l’intitulé «Sindbad Jeunesse». Ce défi s’appuie sur un socle solide bâti au fil des ans, par le directeur des éditions Sindbad, le Franco-Syrien Farouk Mardam-Bey, historien et éditeur, mais surtout «bâtisseur»… Bâtisseur, parce qu’il n’a eu de cesse tout au long de sa carrière de construire et consolider un pont entre les romanciers, poètes et intellectuels du monde arabe et le public français.

C’est sous son impulsion que les lecteurs français ont pu découvrir et apprécier les œuvres de dizaines de femmes et hommes de lettres arabes, dont le poète palestinien Mahmoud Darwich, le romancier égyptien Gamal Ghitany et la romancière libanaise Hoda Barakat.

Dans la droite ligne de ce travail largement reconnu et admiré, Farouk Mardam-Bey choisit de cibler la jeunesse et de construire à travers des livres bilingues un espace d’échange entre les jeunes des deux rives de la Méditerranée.

Une première collection composée de quatre titres déjà en librairie se caractérise par une présentation des plus esthétiques s’articulant avec des textes finement sélectionnés pour dégager des thématiques précises. L’un des titres, Louis Ier, roi des moutons, traite avec humour et philosophie du pouvoir et de la dictature. Un autre, La Tache noire, traite de l’oppression, de la solidarité et de la résistance, alors que Les Monstres de là-bas traite de l’amitié, de la différence et de la tolérance.

Interrogé sur l’intérêt de cette nouvelle collection, M. Mardam-Bey indique à Arab News en français qu’elle répond à une demande d’éducateurs et de parents et «elle voudrait accompagner l’apprentissage de la langue arabe en France et dans les pays francophones, mais aussi du français dans le monde arabe».

«Nous espérons que cette démarche contribuera à faire connaître en France le meilleur de la langue arabe, tant celle du Proche-Orient que du Maghreb», ajoute-t-il.

Ce qui frappe surtout dans cette collection, c’est son audace et son originalité. L’éditrice Charlotte Woillez (Sinbad) le confirme en soulignant qu’il s’agit «d’une offre pertinente» dans la mesure où il existe très peu de livres bilingues français/arabe pour les jeunes lecteurs en France.

Ces livres s’adressent à de nombreux publics: aux gens qui parlent l’arabe dans leur vie familiale et leur vie quotidienne, à des apprenants, des personnes d’origine arabe ou pas…

«On est en contact avec des lycées et des écoles internationales dans différents pays arabes pour leur proposer nos livres», ajoute Mme Woillez, sans être cependant «uniquement dans une perspective d’apprentissage», l’objectif étant «la découverte de l’une ou l’autre des deux langues et également la possibilité d’une lecture à plusieurs voix».

Les livres de la collection se prêtent également à un autre niveau de compréhension dans le cadre d’ateliers de lecture pour jeunes ou de lecture conjointe parents/enfants.

Ils permettent donc de croiser des regards sur une thématique à travers deux langues distinctes et par le biais d’un livre ludique et polyvalent.

Il est toutefois difficile pour l’instant pour Charlotte Woillez de nous parler de l’accueil fait à ces livres par le public, car ils sont en librairie depuis peu de temps, «mais on a beaucoup échangé avec les professeurs d’arabe dans les écoles et les collèges qui ont manifesté une grande curiosité et un grand enthousiasme vis-à-vis de ces derniers».

Pour conclure, elle déclare: «Nous préparons le programme 2023 avec quatre nouveaux titres composés de deux albums et de deux petits textes»


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".