Ukraine: Kiev frappée par des drones kamikazes, un avion militaire russe s'écrase près de la frontière

L'UE pourrait décider de s'orienter vers l'imposition de nouvelles sanctions contre l'Iran pour son implication dans la guerre en Ukraine. (Dossier/AFP)
L'UE pourrait décider de s'orienter vers l'imposition de nouvelles sanctions contre l'Iran pour son implication dans la guerre en Ukraine. (Dossier/AFP)
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Publié le Lundi 17 octobre 2022

Ukraine: Kiev frappée par des drones kamikazes, un avion militaire russe s'écrase près de la frontière

  • Au total, sur l'ensemble de la journée, «l’ennemi a effectué neuf frappes de missiles, 39 frappes aériennes, (a tiré) jusqu’à 30 obus avec des lance-roquettes multiples», a résumé dans la soirée l'état-major de l'armée ukrainienne
  • Dans le même temps, dans le sud-ouest de la Russie, trois personnes ont été tuées et 19 blessées à la suite de la chute d'un avion militaire russe qui a provoqué un gigantesque incendie dans un immeuble à Ieïsk, une cité proche de l'Ukraine

KIEV : Des frappes russes, à l'aide notamment de drones kamikazes, ont fait lundi au moins huit morts en Ukraine, dont quatre à Kiev, tandis que trois personnes ont péri en Russie quand un avion militaire russe s'est écrasé sur un quartier d'habitation, non loin de la frontière ukrainienne.

Au total, sur l'ensemble de la journée, "l’ennemi a effectué neuf frappes de missiles, 39 frappes aériennes, (a tiré) jusqu’à 30 obus avec des lance-roquettes multiples", a résumé dans la soirée l'état-major de l'armée ukrainienne.

Outre la capitale, les environs de Kharkiv et de Soumy (nord-est), de Donetsk (est), de Dnipropetrovsk (centre-est) ou de Kherson et de Mykolaïv (sud) ont été touchés, une semaine après des bombardements massifs sur l'Ukraine, a-t-il poursuivi.

Des infrastructures cruciales dans trois régions, dont celle de Kiev, ont été atteintes, laissant "des centaines de localités" sans électricité, a précisé le Premier ministre ukrainien, Denys Chmygal, faisant état de "cinq frappes de drones" de fabrication présumée iranienne sur la seule capitale.

L'armée russe, qui va envoyer jusqu'à 9 000 soldats et quelque 170 chars au Bélarus, un allié de Moscou, s'est pour sa part félicitée d'avoir atteint toutes ses cibles, avec "des armes de haute précision".

Dans le même temps, dans le sud-ouest de la Russie, trois personnes ont été tuées et 19 blessées à la suite de la chute d'un avion militaire russe qui a provoqué un gigantesque incendie dans un immeuble à Ieïsk, une cité proche de l'Ukraine, ont annoncé les autorités.

La Russie «tue des civils»

La Russie "agit sournoisement, tue des civils, frappe des habitations, des infrastructures", s'est emporté le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Il y a déjà quatre morts après l'attaque contre un immeuble d'habitation à Kiev, dont une jeune famille qui attendait un enfant (...). La terreur doit perdre et elle perdra", a-t-il ajouté.

La jeune femme tuée était enceinte de six mois, a souligné le maire de la capitale, Vitali Klitschko.

Selon les services de secours ukrainiens, toujours à Kiev, un drone kamikaze a également touché un bâtiment administratif.

Une série d'explosions a été entendue au petit matin dans la ville.

Un journaliste de l'AFP a vu l'un des drones kamikazes frapper un immeuble, après que deux policiers ont tenté de l'abattre avec leurs armes de service.

"Nous sommes ici depuis peut-être une demi-heure et quatre drones sont tombés", a expliqué l'un d'eux, Iaroslav, encore nerveux après avoir tiré.

Sacha, un homme de 22 ans qui habite tout près de là, a raconté avoir été réveillé par la première explosion vers 06H30. "J'ai peur", a-t-il confié, restant à couvert sous un porche.

108 femmes libérées par les Russes

Dans la région de Soumy, un bâtiment administratif a été détruit par un tir de missile qui visait un transformateur électrique et le bilan était de quatre morts.

Dans la région de Dnipropetrovsk, un missile de croisière a touché un autre transformateur, faisant un blessé.

Et l'opérateur ukrainien du nucléaire Energoatom a fait savoir que la centrale nucléaire de Zaporijjia (sud), au centre de toutes les inquiétudes depuis plusieurs mois, avait de dû être alimentée par ses générateurs diesel de secours pour refroidir ses réacteurs, après avoir été déconnectée du réseau par des bombardements russes.

Cependant, malgré ce contexte, cent-huit femmes, en grande partie des militaires, ont pu être libérées à la faveur d'un nouvel échange de prisonniers avec la Russie.

Menace de sanctions américaines

Kiev a demandé à l'UE d'imposer davantage de sanctions à l'Iran, qui nie avoir fourni des drones tueurs à la Russie pour son offensive contre l'Ukraine.

"L'Iran est responsable du meurtre d'Ukrainiens. Ce pays qui opprime son propre peuple fournit désormais des armes monstrueuses pour des meurtres de masse au coeur de l'Europe", a dénoncé Mykhailo Podolyak, un conseiller de la présidence ukrainienne.

Téhéran a réitéré ses dénégations.

"L'Iran n'a exporté d'armes vers aucune des parties en guerre", a ainsi affirmé Nasser Kanani, le porte-parole de sa diplomatie.

Les Etats-Unis ont quant à eux menacé de sanctionner les entreprises ou les Etats collaborant au programme de drones de l'Iran après les attaques de lundi.

Dans le sud de l'Ukraine, l'armée avait précédemment dit avoir abattu dans la nuit de dimanche à lundi 26 drones iraniens Shahed-136.

Aide militaire de l'UE

Le chef du cabinet de la présidence ukrainienne, Andriï Iermak, a appelé les alliés occidentaux à fournir "plus d'armes pour défendre le ciel et détruire l'ennemi".

"L'UE augmente son aide militaire à l'Ukraine à 3,1 milliards d'euros et lance une mission de formation militaire pour nos soldats", s'est-il félicité.

La rehausse de l'aide militaire européenne et la formation qui devrait concerner 15 000 soldats ukrainiens étaient au menu lundi d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Luxembourg, avec la participation à distance de leur homologue ukrainien Dmytro Kouleba.

Le 10 octobre, des bombardements russes d'une ampleur inégalée depuis des mois avaient fait au moins 19 morts et 105 blessés.

Les alliés occidentaux de l'Ukraine lui avaient alors promis plus de systèmes de défense antiaérienne et certains ont déjà été livrés.

La Russie est sur la défensive sur l'essentiel du front en Ukraine, reculant depuis le mois de septembre aussi bien dans le nord, que l'est et le sud. Le seul tronçon où les forces russes avancent encore est la zone de la ville de Bakhmout (est) qu'elles tentent de prendre depuis l'été.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.