Le premier vol d'Ariane 6 désormais prévu au dernier trimestre 2023

A Kourou, l'intégralité du lanceur a été assemblée sur son pas de tir du Centre spatial guyanais. Cet exemplaire ne volera pas, mais vise à tester l’ensemble des interfaces et les bonnes communications entre le lanceur et son pas de tir. (Photo, AFP)
A Kourou, l'intégralité du lanceur a été assemblée sur son pas de tir du Centre spatial guyanais. Cet exemplaire ne volera pas, mais vise à tester l’ensemble des interfaces et les bonnes communications entre le lanceur et son pas de tir. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 19 octobre 2022

Le premier vol d'Ariane 6 désormais prévu au dernier trimestre 2023

  • Initialement prévu pour 2020, le premier vol d'Ariane 6 avait déjà dû être reporté de deux ans en raison de la pandémie de Covid-19 et de certaines difficultés de mise au point
  • Ariane 6, qui aura coûté près de 4 milliards d'euros, doit permettre à l'Europe de s'adapter notamment à la féroce concurrence de l'américain SpaceX et de répondre à l'essor des petits satellites et constellations

PARIS : L'horizon se dégage pour Ariane 6: le vol inaugural du lanceur, qui porte les ambitions européennes d'accès indépendant à l'espace, est désormais programmé pour le quatrième trimestre 2023, sous réserve que la campagne d'essais se déroule comme prévu.

"C'est une date prévue et le programme devra encore réaliser successivement et en temps voulu un certain nombre d'étapes clés pour que ce calendrier reste valide", a affirmé le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA) Josef Aschbacher lors d'une conférence de presse.

Le programme de ce nouveau lanceur destiné à succéder à Ariane 5 et à remplir les missions auparavant effectuées par la fusée russe Soyouz avait été lancé en 2014. Initialement prévu pour 2020, le premier vol d'Ariane 6 avait déjà dû être reporté de deux ans en raison de la pandémie de Covid-19 et de certaines difficultés de mise au point.

Ces derniers jours, plusieurs jalons ont permis de dégager un peu l'horizon vers le premier vol.

A Kourou, l'intégralité du lanceur a été assemblée sur son pas de tir du Centre spatial guyanais. Cet exemplaire ne volera pas, mais vise à tester l’ensemble des interfaces et les bonnes communications entre le lanceur et son pas de tir.

Ces essais doivent également permettre de tester les logiciels de vol, ceux des bancs de contrôle, ainsi que les opérations de remplissage et vidange des réservoirs.

Ces "essais combinés" impliquent aussi la mise à feu du moteur Vulcain de l'étage principal à plusieurs reprises, dont une de plus de 8 minutes correspondant à sa durée d'utilisation en vol.

Tests des moteurs

Parallèlement, sur le site de l'agence spatiale allemande (DLR) à Lampoldshausen, la campagne de tests au sol de l'étage supérieur réallumable -principale innovation du futur lanceur- a commencé début octobre.

Cette campagne a lieu avec plus d'un an de retard en raison de difficultés rencontrées dans la mise au point des instruments de mesure qui équipent les bancs d'essais.

Les essais visent à tester le moteur Vinci et un autre élément clé de l'étage supérieur, l'APU, l'unité de puissance auxiliaire. Ce petit moteur permet d'alimenter en carburant le moteur Vinci pour le rallumer et ainsi de déployer plusieurs satellites d'une constellation au cours d'une même mission.

Le moteur Vinci a été mis à feu "pendant 45 secondes comme prévu", a affirmé André-Hubert Roussel, président d'Arianegroup, le maître d’œuvre industriel. Jusqu'à trois mises à feu sont prévues, selon lui.

D'après M. Aschbacher, pour que le calendrier soit tenu, il faut que "d'ici le premier trimestre 2023", les tests de l'étage principal ainsi que les essais combinés aient avancé, et qu'une "revue de qualification du système de lancement" ait été lancée.

Près de 4 milliards

Ariane 6, qui aura coûté près de 4 milliards d'euros, doit permettre à l'Europe de s'adapter notamment à la féroce concurrence de l'américain SpaceX et de répondre à l'essor des petits satellites et constellations: environ 18 500 satellites de moins de 500 kilos doivent être lancés au cours des dix prochaines années, soit l'équivalent d'une tonne par jour, selon le cabinet spécialisé Euroconsult.

La fusée est prévue pour être 40% moins coûteuse qu'Ariane 5 et surtout plus polyvalente.

Une version à deux propulseurs latéraux (boosters), Ariane 62, lui permettra d'avoir la capacité d'emport de la fusée russe Soyouz, dont les tirs depuis la Guyane ont été interrompus par l'invasion de l'Ukraine. Une autre à quatre boosters remplacera le lanceur lourd Ariane 5.

Ariane 6 pourra tout aussi bien lancer jusqu'à 12 tonnes vers l'orbite géostationnaire à 36 000 kilomètres, pour laquelle elle a été pensée en 2014, que les constellations en orbite basse à quelques centaines de kilomètres d'altitude qui ont entre-temps émergé.

Une fois le premier vol passé, 29 lancements sont déjà prévus, dont 18 pour déployer des satellites de la constellation Kuiper du géant Amazon.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.