Bousculade de Séoul: une tragédie évitable, selon les experts

Le chef de la police, le ministre de l'Intérieur et le maire de Séoul ont présenté leurs excuses mardi, assumant ne pas avoir su prévenir la catastrophe (Photo, AFP).
Le chef de la police, le ministre de l'Intérieur et le maire de Séoul ont présenté leurs excuses mardi, assumant ne pas avoir su prévenir la catastrophe (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 02 novembre 2022

Bousculade de Séoul: une tragédie évitable, selon les experts

  • Les autorités sud-coréennes l'ont admis: la police ne disposait pas des outils nécessaires pour gérer la foule
  • Face à l'indignation de la société civile coréenne quant au manque de préparation des forces de l'ordre, la tournée des mea culpa a commencé

SEOUL: Pour les dizaines de milliers de personnes qui fêtaient Halloween à Itaewon, quartier cosmopolite de Séoul, la nuit s'annonçait festive, avant qu'une effroyable bousculade ne laisse au mois 156 morts sur le trottoir. Une tragédie qui aurait pu être évitée, selon plusieurs analystes et hauts responsables.

Les autorités sud-coréennes l'ont admis: la police ne disposait pas des outils nécessaires pour gérer la foule et a dû compter sur l'aide de passants pour extraire les corps du goulot d'étranglement qui s'est formé dans une étroite ruelle prise d'assaut par les fêtards.

"Dans la plupart des cas de bousculade, il s'avère que la cause fondamentale est un manque de planification", souligne Eric Kant, dirigeant d'une société de gestion des foules dont le siège se trouve aux Pays-Bas.

Sans organisateur chargé de chapeauter cette soirée de Halloween, la première à Itaewon depuis la levée des restrictions Covid, le gouvernement n'a pas demandé aux bars et restaurants du quartier de lui soumettre un plan de gestion de la sécurité.

Et ce malgré des estimations préalables, qui tablaient sur une foule de 100 000 personnes. Seuls 137 policiers ont été déployés pour ces festivités. Alors que 6 500 d'entre eux avaient été mobilisés pour contrôler une manifestation politique à laquelle environ 25 000 personnes participaient au même moment dans un autre quartier.

Face à l'indignation de la société civile coréenne quant au manque de préparation des forces de l'ordre, la tournée des mea culpa a commencé.

Le chef de la police, le ministre de l'Intérieur et le maire de Séoul ont présenté leurs excuses mardi, assumant ne pas avoir su prévenir la catastrophe.

Le Premier ministre a dit mercredi que la police se devait d'expliquer la lenteur avec laquelle elle avait répondu aux multiples appels d'urgence, bien avant le début de la bousculade.

«Recette du désastre»

Selon Milad Haghani, expert en sécurité des foules de l'Université de Nouvelle-Galles du Sud, cette soirée de Halloween comportait tous les éléments d'une catastrophe annoncée, notamment le dédale de ruelles étroites, sans "voie d'évacuation potentielle" en cas d'amoncellement des foules.

Mais le problème était surtout lié au manque d'organisation autour de cet événement: "l'entrée sans restrictions" de personnes dans un espace restreint, "l'absence de vente de billets" qui n'a pas permis d'appréhender le niveau exact de la demande et enfin, aucun contrôle de la densité de la foule.

"C'est une recette du désastre lorsque l'on s'attend à un rassemblement de masse", relève M. Haghani, dressant un parallèle entre cette soirée et la Love Parade de 2010 en  Allemagne où 21 personnes étaient mortes asphyxiées et ont des centaines d'autres avaient été blessées.

Selon John Drury, spécialiste de la psychologie des foules à l'université du Sussex, ces incidents sont souvent dus à une "mauvaise gestion de la part des organisateurs de l'événement ou du site" plutôt qu'à une "panique" de la foule.

Pour éviter que les gens s'écrasent les uns contre les autres, ce genre d'événement de rue nécessite "des mois de planification" par des experts, expose M. Kant depuis les Pays-Bas.

Parmi les mesures à prendre: estimer, en amont, la capacité d'accueil de divers lieux, puis compter et surveiller la taille de la foule et les éventuels goulots d'étranglement - soit sur le terrain, soit par le biais de la vidéosurveillance.

"Si pendant l'événement, la capacité d'accueil maximale est atteinte, l'accès à cette zone doit être immédiatement fermé", ajoute le patron de la société néerlandaise.

Mais il a fallu attendre deux heures du matin avant que l'accès à Itaewon soit de fait fermé, soit six heures après les premiers incidents.

"Je suis convaincu à 100% que cette tragédie était évitable", insiste-t-il. "Les mouvements de foule sont toujours prévisibles, donc évitables".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.