Le changement climatique, «principale menace» pour le patrimoine de l'humanité

Visiteurs sur le site archéologique de Delphes, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, à Delphes, le 17 novembre 2022, au milieu d'une conférence marquant le 50e anniversaire de la Convention du patrimoine mondial de l'UNESCO. (Photo : Angelos Tzortzinis / AFP)
Visiteurs sur le site archéologique de Delphes, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, à Delphes, le 17 novembre 2022, au milieu d'une conférence marquant le 50e anniversaire de la Convention du patrimoine mondial de l'UNESCO. (Photo : Angelos Tzortzinis / AFP)
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Publié le Dimanche 20 novembre 2022

Le changement climatique, «principale menace» pour le patrimoine de l'humanité

  • A l'occasion du 50e anniversaire de la Convention de 1972 sur la protection du patrimoine mondial de l'humanité, Audrey Azoulay a également appelé chacun des 194 États membres à «développer des solutions à la hauteur des enjeux» actuels
  • Au Pakistan, Mohenjo Daro, l'une de premières villes de l'Histoire, frappée par de terribles inondations cet été, incarne les menaces du changement climatique sur le patrimoine mondial

DELPHES, Grèce : Les conséquences du changement climatique et du recul de la biodiversité constituent «la principale menace» du patrimoine mondial de l'Unesco, a alerté jeudi Audrey Azoulay, directrice générale de l'agence de l'ONU, sur le site antique grec de Delphes.

A l'occasion du 50e anniversaire de la Convention de 1972 sur la protection du patrimoine mondial de l'humanité, Audrey Azoulay a également appelé chacun des 194 États membres à «développer des solutions à la hauteur des enjeux» actuels.

«Protéger ce patrimoine de nous-mêmes, c'est (...) faire face aux conséquences du dérèglement climatique et de la perte de la biodiversité. C'est la principale menace (...) que nous mesurons de façon tangible», a-t-elle insisté sur ce site archéologique, sanctuaire panhellénique où parlait l'oracle d'Apollon.

Une immense oliveraie située à 15 km seulement de Delphes s'était retrouvée menacée par les flammes durant l'été alors que les immenses feux de forêt vont crescendo sur le pourtour méditerranéen en été, provoqués par des vagues de canicule.

Autre exemple: au Pakistan, Mohenjo Daro, l'une de premières villes de l'Histoire, frappée par de terribles inondations cet été, incarne les menaces du changement climatique sur le patrimoine mondial.

Apparue environ 3.000 ans avant-JC, la métropole a vraisemblablement dû son salut au génie de ses concepteurs.

- «Victime du climat» -

Ce très vaste site de briques aux rues géométriques était doté d'antiques canalisations et d'un tout-à-l'égout étonnamment fonctionnels, qui ont permis d'évacuer en partie le déluge s'étant abattu sur le Pakistan.

Alors que des moussons exceptionnelles entre juin et septembre, ponctuées de précipitations sept à huit fois supérieures à la normale en août, transformaient le sud du pays en un gigantesque lac, des «ruissellements extrêmement importants» étaient recensés à Mohenjo Daro, explique Thierry Joffroy, spécialiste de l'architecture en terre.

Le site pakistanais est «une victime» du climat ayant eu «beaucoup de chance», souligne Lazare Eloundou Assamo, directeur du Patrimoine mondial de l'Unesco.

Sur les 1.154 sites du patrimoine mondial de l'humanité, dont 897 sont des biens culturels, 218 sont des zones naturelles et 39 un mélange des deux, nombreux sont menacés par le changement climatique, affirment tous les experts interrogés par l'AFP.

Rohit Jigyasu, du Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM), pointe des «inondations, ouragans, cyclones et typhons» mais aussi les incendies «beaucoup plus fréquents» qui ont un «énorme impact» sur ces trésors.

- méga-feux, montée des eaux, guerres –

A Delphes, Audrey Azoulay a souligné qu'«un site sur 5, et plus d'un tiers des sites naturels

voit cette menace déjà comme une réalité aujourd'hui», évoquant les études de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l'un des partenaires de l'Unesco.

«La situation est encore plus dramatique en Méditerranée», a-t-elle affirmé en se référant à une étude publiée dans la revue scientifique Nature affirmant que «la quasi-totalité des sites côtiers de la Méditerranée seraient menacés d'ici la fin du siècle par la montée des eaux et l'érosion, de Rhodes (en Grèce) à Kerkouane (en Tunisie), à Ravenne (en Italie), ou encore à Tyr (au Liban)».

L'île cycladique inhabitée de Delos en mer Egée, l'un de plus importants sites antiques grecs, «est affectée par la crise climatique et la montée des eaux», a quant à lui déploré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à Delphes.

Au Pérou, des glissements de terrain se sont produits cette année au pied du Machu Picchu.

Ailleurs, des guerres pour l'eau sont déjà envisagées, dont le patrimoine ne devrait vraisemblablement pas ressortir vainqueur.

L'Unesco s'inquiète également des dangers du «surtourisme» et veut inciter les pays membres à prendre des mesures «pour mieux gérer le flux des visiteurs ou limiter leur impact environnemental» quand «la pression touristique est trop forte», selon Mme Azoulay.

La Grèce est un exemple typique avec une fréquentation touristique en forte hausse cette année. Le site mondialement connu de l'Acropole d'Athènes a ainsi vu le nombre de ses visiteurs s'envoler de 297% de janvier à fin juillet sur un an. L'ensemble des sites archéologiques grecs a vu sa fréquentation grimper de 231% sur cette période.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".