«Nostalgique», Enrico Macias garde l’espoir d’un retour en Algérie

Le chanteur et musicien Gaston Ghrenassia, également connu sous le nom d'Enrico Macias (Photo, AFP).
Le chanteur et musicien Gaston Ghrenassia, également connu sous le nom d'Enrico Macias (Photo, AFP).
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«Nostalgique», Enrico Macias garde l’espoir d’un retour en Algérie

  • Parti avec les pieds noirs en 1961, Enrico Macias n’a depuis plus été autorisé à retourner en Algérie
  • «C’est comme quand vous perdez quelqu’un et vous ne faites pas son deuil, je n’ai pas fait le deuil de l’Algérie»

ALGER: Dans une interview accordée au site français Pure People, le chanteur français d'origine algérienne, Enrico Macias, en plus de s’être confié sur ses déboires financiers, ainsi que sur sa famille, a de nouveau évoqué le mal de l'Algérie dont il n’a pas foulé le sol depuis plus de soixante ans. 

L’interprète des Filles de mon pays ou encore d’Adieu mon pays, a réitéré sa nostalgie de l’Algérie. «Ça a été une déchirure, le soleil me manque, les couleurs, les odeurs […] C’est pas terminée cette souffrance» a-t-il déclaré. 

Le chanteur dit se sentir «exilé» et explique que son «cœur est toujours en Algérie». «C’est comme quand vous perdez quelqu’un et vous ne faites pas son deuil, je n’ai pas fait le deuil de l’Algérie» déplore le musicien. 

Plusieurs tentatives échouées  

Enrico Macias estime que malgré de nombreuses invitations à rentrer dans son pays natal, «les autorités algériennes, influencés par certains extrémistes», ne lui ont pas permis de revenir dans le pays où il est né, a grandi et a appris l’art de la musique arabo-andalouse.

Après l'annulation d'un énième projet de tournée en Algérie en 2000, il a écrit un livre, Mon Algérie, qu’il décrit comme une lettre d’amour à sa patrie. 

En 2007, il était prévu que ce dernier accompagne le président Sarkozy, lors d’un voyage officiel en Algérie. Voyage auquel s’opposent les autorités algériennes, en particulier le Premier ministre de l’époque Abdelaziz Belkhadem et le ministre des Anciens Combattants, Cherif Abbas, qui reprochent au chanteur son soutien à Israël. 

Amazigh, juif et algérien 

De son vrai nom, Gaston Ghrenassia, est né à Constantine, la ville des ponts suspendus. Ses parents, quant à eux, sont originaires d’Aïn Abid et font partie des familles amazigh et juive d'Algérie. 

En 1961, celui qui a quitté son pays de naissance pour devenir la voix des pieds noirs, n’a depuis plus été autorisé à retourner en Algérie.

Pour le contexte historique, conformément au décret Crémieux de 1870, la France a attribué d'office la citoyenneté française aux «Israélites indigènes» d'Algérie, créant ainsi les prémices du fossé qui existe aujourd’hui entre les Algériens juifs et musulmans. Ces derniers étaient traités avec beaucoup moins d’égards par les autorités françaises durant la période coloniale. 

En plus de lui reprocher son affiliation à l’état d’Israël, dont l’Algérie condamne l’entreprise coloniale en Palestine, des membres du gouvernement algérien suspecte Ghrenassia d’avoir participé aux attentats sanguinaires de l’Organisation Armée Secrète (OAS) durant la guerre de libération nationale.

Cette organisation criminelle avait combattu les résistants algériens entre 1961 et 1963 pour le maintien de l'Algérie française. Ce qu'Enrico Macias a toujours véhément nié. 

Opinion publique 

En Algérie, les avis quant au retour du chanteur de musique arabo-andalouse divergent. 

D'une part, certains rejettent catégoriquement sa venue : «cet homme est un sioniste par excellence. Il défend l'État sioniste, pas même l'État juif d'Israël.Il ne peut pas se prétendre Algérien et défendre des criminels au nom d'une même appartenance religieuse» s’offusque un internaute. 

Tandis que d’autres, émus par les propos du vieil homme, sont plus enclins au pardon. «Il reste un fils de l'Algérie, et personne ne peut l'empêcher de visiter sa ville natale et la ville dans laquelle il a grandi. Enrico Macias a quitté l'Algérie contre son gré quand il était jeune. Mais il a chanté l’amour pour son pays le reste de sa vie», écrit une internaute, attendri. 

Aujourd’hui âgé de 84 ans, le chanteur a exprimé avec émotion, et à de nombreuses reprises, son désir de fouler de nouveau le sol algérien, «avant de quitter ce monde, au moins une fois. De retrouver ma ville natale, mon pays et tous les amis que j’ai là-ba».


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".