Les juifs d'Ukraine célèbrent la «Fête des lumières» en plein black-out

Le grand rabbin d'Ukraine et de Kiev Moshe Reuven Azman participe à la prière de commémoration à Babyn Yar (Photo, AFP).
Le grand rabbin d'Ukraine et de Kiev Moshe Reuven Azman participe à la prière de commémoration à Babyn Yar (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 19 décembre 2022

Les juifs d'Ukraine célèbrent la «Fête des lumières» en plein black-out

  • Les célébrations de dimanche se sont tenues deux jours après une nouvelle vague de frappes russes qui a laissé plusieurs villes sans électricité
  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré samedi soir que le courant avait été rétabli pour près de six millions d'Ukrainiens

KIEV: Fatigués par la guerre, les juifs d'Ukraine se sont rassemblés dimanche lors de prières et de veillées à la bougie pour lancer Hanouka, la "Fête des lumières", jurant de défier les black-out causés par les bombardements russes persistants.

A Kiev, sur la célèbre place de l'Indépendance, également appelée Maïdan, les fidèles se sont blottis les uns contre les autres à la recherche de chaleur près de ce que les autorités disent être la plus grande menora (un candélabre à neuf branches) de Hanouka en Europe.

La "Fête des lumières", qui chaque année dure huit nuits, commémore la révolte juive des Maccabées contre une formidable force gréco-syrienne en -167, des événements durant lesquels des miracles se sont produits selon certains croyants.

Le grand rabin d'Ukraine et de Kiev, Moshe Reuven Azman, a déclaré à l'AFP que l'histoire derrière le festival hivernal contenait "des leçons précieuses" pour l'Ukraine dans sa résistance aux continuelles attaques russes.

"Nous allumons une petite bougie, mais si vous l'allumez dans la pièce la plus sombre, une petite bougie repoussera beaucoup de noirceur", a-t-il dit. "Je dis au peuple ukrainien que chaque jour, nous sommes la lumière et nous repoussons beaucoup de noirceur".

Les célébrations de dimanche se sont tenues deux jours après une nouvelle vague de frappes russes qui a laissé plusieurs villes sans électricité, forçant des millions de personnes à vivre sans chauffage ni eau courante par des températures glaciales.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré samedi soir que le courant avait été rétabli pour près de six millions d'Ukrainiens, mais que des "coupures à grande échelle" et des problèmes d'eau et de chauffage persistaient dans de nombreuses régions.

Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a fustigé dimanche les attaques aériennes.

Miracles de la menora
"Il y a deux jours, l'ennemi voulait nous priver de lumière, d'eau, de chauffage", a-t-il lancé, rappelant les remarques du président russe Vladimir Poutine sur le fait que l'Ukraine serait dirigée par des fascistes et des nazis.

"C'est un symbole pour les Russes. Car il serait invraisemblable qu'un régime fasciste installe la plus grande menora et fête Hanouka", a-t-il ajouté.

Avant l'invasion russe lancée le 24 février, l'Ukraine était le foyer d'environ 300.000 juifs, dont 50.000 dans la capitale, selon le rabin Azman.

L'an dernier, pour marquer le début de Hanouka, il avait accueilli des centaines de fidèles dans sa synagogue du centre de Kiev.

Mais cette année, les autorités déconseillent les grands rassemblements par crainte d'attaques de missiles. Le rabbin a donc organisé une cérémonie plus humble, allumant une menora pendant que huit hommes s'alignaient derrière lui et le rejoignaient dans la prière.

Il a raconté à l'AFP avoir passé le début de la journée à distribuer des colis alimentaires et des médicaments, conduisant à travers la ville dans un fourgon chargé de batteries externes et de câbles USB pour dépanner les personnes sans électricité.

Les Russes "nous envoient des missiles balistiques, donc nous allons leur renvoyer des missiles kabbalistiques", a-t-il plaisanté.

Sur la place de l'Indépendance, Volodymir Pankoff, un juif ukrainien venu à la cérémonie d'illumination de la menora, confie qu'elle lui a donné espoir en la victoire de l'Ukraine.

"La menora montre des miracles dans le passé et elle montrera aussi des miracles dans le futur. Je suis sûr qu'elle montrera des miracles en Ukraine", dit l'homme de 55 ans, qui s'est porté volontaire pour fabriquer des filets de camouflage militaires.

"Nous sommes volontaires, les gars sont au front, nous prions aussi - et nous espérons que la guerre s'arrêtera aussi tôt que possible", assure-t-il.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.