Révélation du Goncourt, Djaïli Amadou Amal veut porter «la voix des femmes du Sahel»

Née dans la région camerounaise du Maroua (extrême-nord) d'une mère égyptienne et d'un père camerounais, Djaïli Amadou Amal est une combattante. Mariée à l'âge de 17 ans à un quinquagénaire qu'elle ne connaissait pas, elle parvient, cinq ans plus tard et dans la difficulté, à divorcer.   Dix ans plus tard, elle se remarie mais est victime de violences conjugales. Alors qu'elle parvient à s'échapper de l'emprise de cet homme, il kidnappe ses deux filles pour la faire revenir. Son salut, elle le trouvera dans la littérature. (AFP).
Née dans la région camerounaise du Maroua (extrême-nord) d'une mère égyptienne et d'un père camerounais, Djaïli Amadou Amal est une combattante. Mariée à l'âge de 17 ans à un quinquagénaire qu'elle ne connaissait pas, elle parvient, cinq ans plus tard et dans la difficulté, à divorcer. Dix ans plus tard, elle se remarie mais est victime de violences conjugales. Alors qu'elle parvient à s'échapper de l'emprise de cet homme, il kidnappe ses deux filles pour la faire revenir. Son salut, elle le trouvera dans la littérature. (AFP).
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Publié le Lundi 23 novembre 2020

Révélation du Goncourt, Djaïli Amadou Amal veut porter «la voix des femmes du Sahel»

  • "Pas une seconde" elle n'avait imaginé pouvoir remporter le glorieux sésame. Mais depuis l'annonce des finalistes, la romancière de 45 ans se prend à rêver: "Ramener le Goncourt au Cameroun serait quelque chose d'incroyable, presque d'inespéré"
  • Son roman, "Les Impatientes" (ed. Emmanuelle Collas), également finaliste du Goncourt des lycéens, donne la parole à trois femmes peules à qui l'on ne cesse d'assener "Munyal", patience en peul, pour leur faire accepter leur destin

PARIS: Elle a créé la surprise en se hissant parmi les quatre finalistes du Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires français: la romancière camerounaise Djaïli Amadou Amal, dont l'ouvrage "Les Impatientes" explore le mariage forcé et la polygamie, veut porter "la voix des femmes du Sahel".


"Pas une seconde" elle n'avait imaginé pouvoir remporter le glorieux sésame. Mais depuis l'annonce des finalistes, la romancière de 45 ans se prend à rêver: "Ramener le Goncourt au Cameroun serait quelque chose d'incroyable, presque d'inespéré", explique-t-elle à l'AFP. 


Inespéré comme sa présence parmi les finalistes, que personne n'avait anticipée. Mais aussi un peu inespéré pour un écrivain d'Afrique subsaharienne de remporter le prix le plus convoité du milieu littéraire français, ce qui serait une première.


Son roman, "Les Impatientes" (ed. Emmanuelle Collas), également finaliste du Goncourt des lycéens, donne la parole à trois femmes peules à qui l'on ne cesse d'assener "Munyal", patience en peul, pour leur faire accepter leur destin et sa violence induite, le mariage forcé et la polygamie.

Mariée à 17 ans 

"Je suis une femme africaine, je vis au Cameroun et donc j'ai décidé de parler de cette société du point de vue des femmes car on ne donne pas suffisamment la parole aux femmes et surtout pas dans le Sahel", insiste-t-elle.


Née dans la région camerounaise du Maroua (extrême-nord) d'une mère égyptienne et d'un père camerounais, Djaïli Amadou Amal est une combattante. Mariée à l'âge de 17 ans à un quinquagénaire qu'elle ne connaissait pas, elle parvient, cinq ans plus tard et dans la difficulté, à divorcer.


Dix ans plus tard, elle se remarie mais est victime de violences conjugales. Alors qu'elle parvient à s'échapper de l'emprise de cet homme, il kidnappe ses deux filles pour la faire revenir. Dans le même temps, elle s'accroche pour terminer un BTS en gestion, seules études que son époux l'a autorisée à suivre, même si elle admet qu'elle aurait préféré faire des études littéraires. 


Son salut, elle le trouvera dans la littérature. D'abord la lecture, qui lui permet de "(s)'évader". Elle dévore les livres de l'autrice sénégalaise Mariama Bâ ou du Malien Seydou Badian Kouyaté, avant de prendre la plume, pour pouvoir "dire ce qu'(elle) ressent". 

Société patriarcale 

Son tout premier texte, elle décidera toutefois de ne pas le publier. En 2010, elle finit par sauter le pas avec "Walaande, l'art de partager un mari", qui raconte l'attente sans fin de quatre femmes mariées au même homme. Le livre est un succès de librairie au Cameroun où elle accède à la notoriété. En 2012, elle est invitée au Salon du livre de Paris. 


Dans "Les Impatientes", la romancière décrit, dans un style simple et rythmé par des phrases courtes, une société patriarcale qui brise les femmes. Et d'énumérer: "le mariage précoce et forcé comme l'une des premières violences, le viol conjugal qu'on ne veut pas reconnaitre comme tel, les violences physiques et enfin la polygamie comme violence morale."


La romancière s'attache aussi à montrer à quel point les femmes, d'abord victimes, reproduisent de manière inconsciente ces violences, que ce soit dans le cadre de l'excision ou du mariage forcé où le rôle de la mère "dans la persuasion et le harcèlement" de la jeune fille est important, selon elle.


"Ces femmes n'agissent pas ainsi par méchanceté mais parce qu'elle n'ont connu que ce système qu'elles ont pour rôle de reproduire", souligne la romancière, pour qui il faut une "prise de conscience des femmes".


Pour aider à cette prise de conscience, elle a créé dès 2012 l'association Femmes du Sahel, qui œuvre en faveur de l'éducation des filles de la région. Car si elle se dit "chanceuse d'être allée à l'école" et d'avoir pu faire un BTS, "la réalité est tout autre pour des milliers de petites filles du Sahel".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".