Les experts mettent en lumière les «injustices» du changement climatique dans la région Mena

Les intervenants sont d’accord que la force économique d’une nation joue un rôle majeur dans la détermination de l’efficacité avec laquelle elle peut lutter contre les menaces imminentes posées par le changement climatique. (AFP)
Les intervenants sont d’accord que la force économique d’une nation joue un rôle majeur dans la détermination de l’efficacité avec laquelle elle peut lutter contre les menaces imminentes posées par le changement climatique. (AFP)
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Publié le Jeudi 09 mars 2023

Les experts mettent en lumière les «injustices» du changement climatique dans la région Mena

  • À mesure que le niveau de la mer monte, les nations insulaires et les pays dotés de vastes côtes risquent d’être inondés et de perdre leur masse continentale
  • Les jeunes des régions les plus touchées ont un rôle clé à jouer dans la mise en œuvre efficace des accords internationaux qui façonnent l’action mondiale contre le changement climatique

WASHINGTON: Le changement climatique est en train de se produire et les effets ne feront que s’aggraver à mesure que les températures continuent d’augmenter, que les océans se réchauffent, que le niveau de la mer monte et que les ressources en eau douce – déjà rares dans certaines régions – s’amenuisent. Cela alimentera les conflits et les migrations, en particulier dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Tel était l’un des messages véhiculés par les participants d’une table ronde organisée mercredi par le Middle East Institute, à Washington. Le thème en était le suivant: «Injustice climatique? Comment les pays les plus pauvres portent le fardeau du changement climatique».

Mohammed Mahmoud, directeur du Programme sur le climat et l’eau de cet institut, déclare que si de nombreux pays pauvres contribuent peu aux émissions de carbone qui causent le changement climatique par rapport aux pays occidentaux riches et développés, ils souffrent beaucoup de ses effets.

Il explique qu’il existe trois principaux facteurs qui déterminent quels pays sont susceptibles d’être les plus touchés par le changement climatique aujourd’hui et à l’avenir.

Premièrement, à mesure que le niveau de la mer monte, les nations insulaires et les pays dotés de vastes côtes risquent d’être inondés et de perdre leur masse continentale. De plus, leurs sources d’eau douce souterraine pourraient être «compromises» par l’intrusion d’eau salée.

Deuxièmement, les pays à indice de chaleur élevé, en particulier ceux qui sont proches de l’équateur et reçoivent des niveaux élevés de rayonnement solaire, sont particulièrement vulnérables aux augmentations, même minimes, des températures mondiales.

Le troisième facteur, et le plus important, affirme M. Mahmoud, est l’approvisionnement limité en eau douce dans certains pays.

«Ce qui est intéressant dans ces grandes catégories, c’est qu’elles sont toutes présentes dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord», poursuit-il. Plus les pays de la région sont confrontés à ces problèmes, plus le risque de crises liées au climat est grand.

Les intervenants s’accordent pour dire que la force économique d’une nation joue un rôle majeur dans la détermination de l’efficacité avec laquelle elle peut lutter contre les menaces imminentes posées par le changement climatique.

Les pays d’Afrique de l’Est, par exemple, connaissent la pire sécheresse depuis des décennies et leur économie est fragile. Ils seront donc moins capables de faire face aux effets du changement climatique qu’un pays du Golfe comme Bahreïn. Même si ce pays souffre de stress hydrique, il est en bien meilleure position, sur le plan économique, pour faire face aux défis potentiels.

La capacité financière des pays à résoudre les problèmes liés au changement climatique, y compris leur faculté à se doter des technologies et des outils dont ils ont besoin pour faire face à leurs problèmes spécifiques, est essentielle, insiste M. Mahmoud. Il ajoute qu’une éducation et une formation appropriées doivent faire partie de la stratégie globale qui vise à atténuer les effets du changement climatique.

Ayat Soliman, directrice régionale du développement durable de la Banque mondiale pour l’Afrique orientale et australe, soutient que la solidité financière est importante, mais qu’il existe une «injustice» dans la manière dont les différentes nations sont affectées par le problème mondial du changement climatique.

En Afrique et au Moyen-Orient, confie-t-elle, «nous constatons que les tableaux climatiques augmentent en termes d’intensité». Certaines parties de l’Afrique, par exemple, connaissent leur pire sécheresse depuis des années et des millions de personnes sont confrontées à la faim, rappelle-t-elle.

Les effets du changement climatique en Afrique affectent donc certaines des personnes les plus vulnérables du monde, ce qui devrait entraîner une migration massive, soutient la directrice. Les recherches de la Banque mondiale estiment que, au cours des vingt prochaines années, les effets du changement climatique obligeront environ 90 millions de personnes à quitter leur foyer et à s’installer ailleurs. Cela ajoutera à la pression déjà critique de la sécurité alimentaire dans les pays les moins riches.

«Ce seront surtout les pauvres, les habitants vulnérables et des régions rurales qui feront leurs bagages et déménageront», explique-t-elle. «Les contraintes climatiques sont et seront également à l’origine de conflits dans le monde entier.»

Hajar Khamlichi, présidente et cofondatrice du Réseau des jeunes méditerranéens pour le climat, précise que les jeunes des régions les plus touchées ont un rôle clé à jouer dans la mise en œuvre des accords internationaux qui façonnent l’action mondiale contre le changement climatique. Il est donc important qu’ils participent au processus et que leurs opinions soient écoutées, ce qui n’est pas toujours le cas.

«L’opinion des jeunes n’est pas prise en considération dans le monde arabe», note-t-elle, ajoutant que cet échec affecte les stratégies locales et internationales pour faire face aux effets du changement climatique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.