L'escrime réintègre Russes et Bélarusses dans ses compétitions à un an et demi des JO

L'escrime devient ainsi le premier sport à réintégrer sous bannière neutre les athlètes en provenance des deux pays  (Photo, AFP).
L'escrime devient ainsi le premier sport à réintégrer sous bannière neutre les athlètes en provenance des deux pays (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 11 mars 2023

L'escrime réintègre Russes et Bélarusses dans ses compétitions à un an et demi des JO

  • Les tireurs russes et bélarusses pourront donc prendre part aux épreuves du circuit mondial
  • «Le premier pas est fait»

LAUSANNE: Le monde de l'escrime a approuvé vendredi le retour en compétition des athlètes russes et bélarusses lors d'un congrès extraordinaire de la Fédération internationale d'escrime (FIE) à un an et demi des Jeux olympiques de Paris, une décision qui a provoqué la colère de l'Ukraine.

Les tireurs russes et bélarusses pourront donc prendre part aux épreuves du circuit mondial, qualificatives pour les JO-2024 (26 juillet-11 août), qui commencent début avril 2023 sans préjuger de leur participation à l'évènement.

L'escrime devient ainsi le premier sport à réintégrer sous bannière neutre les athlètes en provenance des deux pays, un an après leur exclusion en raison de la guerre en Ukraine.

La décision de la FIE, qui concerne les épreuves individuelles et par équipes, laisse quand même la main au CIO puisqu'elle sera effective à partir d'avril 2023 "sous réserve d'éventuelles recommandations/décisions futures du CIO", a-t-on appris auprès d'une fédération nationale ayant participé au congrès extraordinaire.

Les membres de la FIE, réunis en congrès extraordinaire à Lausanne vendredi, ont voté à environ 65% en faveur du retour des athlètes, équipes et officiels des deux pays, selon cette source ne souhaitant pas être identifiée.

«Premier pas»

"Le premier pas est fait. Je suis reconnaissant envers les collègues des fédérations étrangères", s'est félicité Ilgar Mamedov, le président de la Fédération russe d'escrime, cité par l'agence de presse Ria Novosti.

"Il n'y a qu'une seule réserve, la réintégration ne se fera pas avant la mi-avril", a-t-il précisé.

De son côté, la Fédération ukrainienne a réagi dans un communiqué: "Nous sommes profondément choqués et indignés par cette décision et nous convoquons immédiatement une réunion du Présidium pour décider de notre réponse à la décision de la FIE et de son éventuel appel".

"Pendant le week-end, nous consulterons les membres de la Fédération, les athlètes, les entraîneurs, le Comité olympique national et le ministère des Sports", a ajouté l'organisation ukrainienne.

Avant ce vote, la Fédération ukrainienne avait formulé une demande pour exclure de l'ordre du jour le sujet de la réintégration des athlètes russes et bélarusses, mais sa requête n'avait pas recueilli les suffrages nécessaires parmi les 136 votants.

L'instance internationale a dû se positionner en raison de l'imminence du début de la phase qualificative pour les JO de Paris, qui s'étaleront jusqu'au printemps 2024, avec huit étapes de Coupe du monde, un championnat d'Europe et un championnat du monde leur permettant de cumuler des points jusqu'au 31 mars 2024, avant des épreuves complémentaires par zone géographique.

Ce système complexe, qui aboutit à un classement individuel et par équipes, rend particulièrement importante la performance collective: pour chaque arme (sabre, fleuret et épée) et genre, les quatre meilleures nations, ainsi que quatre autres qualifiées par continent, peuvent ainsi s'aligner aux Jeux olympiques.

Hostilité européenne 

Les tireurs russes, parmi les meilleurs au monde, avaient décroché trois médailles d'or (huit au total) lors des JO de Tokyo, alors qu'ils concouraient sous la bannière du comité olympique russe.

Le classement mondial est donc pour l'heure chamboulé par l'absence de certains de ses plus grands noms, qui auront l'occasion de se replacer avant le rendez-vous olympique parisien de l'été 2024, si le CIO autorise leur venue.

Leur retour en compétition pose un premier jalon en vue de la participation aux Jeux des deux délégations alors que l'hostilité à leur retour vient principalement d'Europe, notamment des alliés traditionnels de Kiev comme la Pologne et le Royaume-Uni.

Le Conseil olympique d'Asie a déjà proposé de les réintégrer, et les comités olympiques africains ont voté samedi dernier pour leur participation aux JO de Paris, alors que la position du CIO reste floue, un an après une claire "recommandation" d'exclusion des Russes et Bélarusses dans la foulée de l'invasion de l'Ukraine.

Sollicité vendredi par l'AFP, le CIO n'a pas répondu.

L'escrime ajoute à ce rapport de forces géopolitique un facteur supplémentaire: celui de l'influence russe au sein des instances, puisque la FIE a été dirigée pendant 14 ans par l'oligarque Alicher Ousmanov, qui a laissé il y a un an l'intérim au Grec Emmanuel Katsiadakis.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.