Une chanteuse saoudienne connait un grand succès grâce à ses «morceaux à portée thérapeutique»

Nadine Lingawi, connue sous le nom de Fulana (qui signifie femme anonyme en arabe) a donné une performance unique à XP Music Features à Riyad et à Balad Beast à Djeddah en décembre de l’année dernière (Photo Arab News, par Mohamed Khayat).
Nadine Lingawi, connue sous le nom de Fulana (qui signifie femme anonyme en arabe) a donné une performance unique à XP Music Features à Riyad et à Balad Beast à Djeddah en décembre de l’année dernière (Photo Arab News, par Mohamed Khayat).
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Publié le Dimanche 12 mars 2023

Une chanteuse saoudienne connait un grand succès grâce à ses «morceaux à portée thérapeutique»

  • Nadeen Lingawi, née à Vancouver, a « secrètement » lancé sa carrière sur SoundCloud en 2007
  • Le changement culturel de l’Arabie Saoudite se manifeste par «la performance unique» d’une jeune femme de 28 ans dans des festivals de musique

DJEDDAH : Une architecte saoudienne excelle en tant que chanteuse au sein du Royaume après avoir posté sa musique en ligne de manière anonyme il y a plus de dix ans, attribuant au changement culturel rapide du Royaume le catalyseur de sa réussite. 

Nadine Lingawi, connue sous le nom de Fulana (qui signifie femme anonyme en arabe) a donné une performance unique à XP Music Features à Riyad et Balad Beast à Djeddah en décembre de l’année dernière. 

La performance de Lingawi représente l’une de ses préférées, puisque sa famille est originaire d’Al-Balad de Djeddah. « Je chantais à proximité de l’hôtel que possède ma famille. C’est intéressant d’amener la musique dans un endroit qui représente réellement mes racines familiales. J’avais l’impression que la boucle était bouclée…C’était la meilleure sensation de tous les temps » a-t-elle déclaré. 

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Nadine Lingawi (Photo, Fournie).

Ses chansons parlent d’amour, de vulnérabilité, de chagrin, de perte et de la ville quotidienne. Elles sont riches en émotion car « il y a tellement de couches…on aurait dit mille conversations dans un morceau. »

Âgée de 28 ans, Lingawi a déclaré à Arab News : « Ce que je chante ne me concerne pas uniquement. Il s’agit de thèmes auxquels tout le monde peut s’identifier. Fulana est notre histoire à tous. »

 

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FAITS MARQUANTS

Le parcours de la chanteuse a commencé en 2007 lorsqu’elle a décidé de montrer son talent de manière anonyme en tant que Fulana sur SoundClound, une plateforme en ligne pour les musiciens émergents. En 2021, elle a signé avec Wall of Sound, une maison de disques reconnue sur la scène musicale en Arabie Saoudite.

Née à Vancouver au Canada, c’est depuis 2010 qu’elle écrit des chansons expressives principalement en anglais, inspirées de nombreux musiciens, notamment Metric, Bob Moses, BANKS, SOHN, Bonbo, Fakear et Lady Gaga. 

Afin de se connecter davantage avec sa communauté, elle a également créé de nombreuses chansons en arabe. 

Son but est de rendre son public heureux et bien dans sa peau. « Lorsque je suis sur scène, je veux le rendre vivant. Je veux que les gens se sentent émus. » 

Son parcours a commencé en 2007 lorsqu’elle a décidé de montrer son talent de façon anonyme en tant que Fulana sur SoundCloud, une plateforme en ligne pour les musiciens émergents.

« Ce que je chante ne me concerne pas uniquement. Il s’agit de thèmes auxquels tout le monde peut s’identifier. Fulana est notre histoire à tou s», Nadine Lingawi, architecte et chanteuse

« Au début, je le faisais très secrètement. J’utilisais SoundCloud. Je ne voulais pas que l’on m’associe à ça. Lorsque j’ai commencé à faire de la musique, c’était plus thérapeutique. Il s’agit de ma thérapie. »

Il a fallu attendre la lente transformation culturelle du Royaume pour que Lingawi devienne plus ouverte, aux côtés d’autres artistes qui se sont fait connaitre en Arabie Saoudite. 

En 2021, Lingawi a signé avec Wall of Sound, une maison de disques leader de la scène musicale en Arabie Saoudite. Le label repousse sans cesse les limites avec des artistes comme El Waili, Dirty Backseat, Idreesi, Samar Tarik, Skeleton Crowd et Klinsh. 

Wall of Sound avait lancé la carrière de plus de vingt artistes qui ont sorti plus de quatre-vingt chansons sur des plateformes jouées lors de plus de quarante concerts dans le Royaume et dans la région depuis 2021. 

« Je n’avais jamais trouvé mon refuge. Mais dans Wall of Sound, ils voulaient uniquement je sois moi-même. C’est chez moi maintenant. Mon parrain, la personne qui m’a sauvée, est Ahmed Shawly. »

Wall of Sound a été lancé par Shawly, un professionnel qui a passé une grande partie des deux dernières décennies à apprendre le fonctionnement de l’industrie grâce à son travail avec des gens tels que Rotana et Music Master. 

Le label est né de son désir de créer quelque chose conçu par des musiciens pour des musiciens.

Sous le label, Lingawi a sorti sept titres et trois albums, dont les paroles « pures et innocentes représentent ma culture et ma personnalité, humble et modeste. »

Lingawi a déclaré que sa principale profession d’architecte a également contribué à façonner sa musique ainsi que sa créativité. Tout cela est représenté dans sa chanson « Minarets » qui raconte une histoire de lutte, de foi et d’espoir. 

« Un de mes professeurs m’avait appris que l’architecture, c’est de la musique figée. En étudiant l’architecture, j’ai énormément appris sur la musique en termes de structure et de poids…dans certaines chansons, vous trouverez toujours le sens de l’espace. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com  

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.